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Culture, valeurs

Façonnage

Il s’agit ici du façonnage des idées, voire des idéaux, des valeurs auxquelles nous voulons adhérer. Les idées, première étape dans la conquête du pouvoir selon Gramsci. Une représentation de l’avenir que nous souhaitons, auquel nous aspirons. L’étoile de Sirius qui donne du sens à nos existences. Nous sentons bien le décalage qui sépare nos aspirations des orientations que prend le monde, dans une marche dictée par des lois qui nous échappent et qui ignorent pour l’essentiel les lois de la nature. Et quand nous voulons rappeler les limites que les actions humaines devraient respecter, il nous est opposé l’accusation d’écologie punitive.

Punitives, parce qu’elles n’entrent pas dans la logique de ceux qui voudraient continuer comme avant, malgré les avertissements de plus en plus nombreux que la planète nous envoie. Notre imaginaire est façonné dès notre enfance par le milieu où nous découvrons le monde. Nos parents et, plus tard, nos professeurs nous donnent les repères et les règles du jeu qui vont structurer notre pensée. Ces normes sociales, non écrites même si certaines se traduisent par des lois et des sanctions positives ou négatives, forment le ciment d’une société, et leur partage par le plus grand nombre est la marque de sa cohésion. La norme sociale, c’est aussi le regard des autres, et leur jugement qui tombe vite si je m’écarte de la ligne commune. Ce peut-être une excellente chose, quand la norme vous conduit à intérioriser des contraintes externes, respecter les autres et la planète, ne pas laisser tomber les faibles, et à adopter toutes sortes de comportements réputés vertueux. C’est aussi un obstacle pour tous ceux qui veulent innover et aller voir ce qui se passe en dehors du cadre commun prédéfini. En ces périodes de l’histoire où les repères changent vite, où il faut anticiper, s’adapter et inventer de nouveaux modes de vie, des normes sociales rigides ne constitue plus le lien entre les citoyens, mais pourraient au contraire les diviser et rompre la fameuse cohésion. Les normes doivent être ouvertes et évolutives, et favoriser les échanges, et non un repli vers une identité idéalisée et, en fin de compte, fictive.

Les mouvements de population en tous genres provoquent par ailleurs des brassages de cultures, qui peuvent produire des étincelles dans tous les sens du terme : des découvertes que le rapprochement de cultures et de savoir-faire peut engendrer, mais aussi des incompréhensions réciproques, source de conflits.

Paradoxalement, les nouveaux moyens d’information et de communication ne favorisent guère les échanges et le rapprochement des points de vue. Nos esprits sont façonnés par les canaux de communication, certains aux mains des puissants de ce monde, qui défendent leurs intérêts et leurs idées, et d’autres éclatés en de multiples communautés, chacune avec ses spécificités. L’accès à l’information et à la cuture qui permet de l’interpréter est de plus en plus filtré par des médias catégoriels qui contribuent à façonner notre regard sur le monde et la manière de réagir. Au-delà des idées elles-mêmes, c’est le mode de penser qui en jeu. Nous assistons à une sorte de guerre d’un nouveau type, où s’opposent deux conceptions de la communication et de la liberté. La loi du plus riche, d’un côté, et celle de la régulation telle que l’Europe la prévu dans sa règlementation de l'autre
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La diversité des modes de penser peut être une bonne chose, qui favorise l’innovation du fait de rapprochements inédits, mais à condition qu’elle ne soit pas polluée par des techniques de communication que nous voyons prospérer et qui permettent d’injecter de fausses informations pour orienter les débats. Faute de pouvoir s’y opposer, malgré la modération européenne, c’est une alternative qu’il faut proposer. Les attaques frontales dans rapport de force défavorable, ne servent souvent qu’à donner du grain à moudre aux adversaires qui peuvent dérouler leur argumentation avec des moyens considérables. C’est en proposant autre chose qu’il est possible de détourner l’attention et d’orienter le débat sur d’autres voies. Le développement durable, la recherche de modèles de société qui favorisent l’épanouissement des humains dans une planète vivante et bien vivante, constitue une alternative. Face au désarroi que les multiples crises provoquent, une ligne directrice pour avancer, façonner nos esprits pour aborder la phase qui s’annonce de l’aventure humaine, et donner une base à une nouvelle civilisation. Le terme de décivilisation a été employé pour décrire les dérèglements que nous observons chaque jour. Nous ne lutterons pas contre sans une offre de recivilisation, une forme de développement durable. Un développement de type ouvert, à initier et à faire prospérer collectivement, une dynamique sociale à engager. C’est le sujet de mon livre RECIVILISATION, à paraître fin mai 2025. Qu'on se le dise !

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