“ Le dictionnaire du développement durable pour tous. libre pensée de l’écologie, d’une écologie facile,
avec les mots de tous les jours, mis à jour chaque semaine. ”

Edito du 15 janvier 2020

Un nouveau regard

dominique bidou verti

La question des retraites illustre les difficultés à adopter un nouveau mode de penser, comme il le faudrait pour aller vers le développement durable. Keynes le disait bien, et affirmant que le plus dur n'est pas d'adhérer aux idées nouvelles, mais de se libérer des anciennes. Nous avons abordé la question des retraites comme avant. Mêmes interlocuteurs, avec leurs enjeux particuliers, même état d'esprit, même cadre de réflexion. Difficile de penser autrement dans ces conditions. Les "négociations" reviennent inélucatblement sur les paramètres et les modes de calcul des droits. Les jeux de rôle occupent le terrain, et la mobilisation se fait sur des les positions traditionnelles, issues des luttes antérieures et du rappel des principes qui présidaient à la création du système actuel. Une époque où il fallait assurer des vieux jours de courte durée - on était vieux le jour de sa retraite pour la plupart des intéressés  -,  pour une faible part de la population et un chômage quasi inexistant. Le raisonnement dominant reste dans ce cadre alors que le contexte a radicalement changé, les vieux le sont de plus en plus, ils sont de plus en plus nombreux,  les jeunes travaillent de plus en plus tard, et presqu'un actif sur 10 est au chômage. Appliquer le mode de penser ancien à cette nouvelle situation ne peut guère déboucher sur des solutions originales, et provoque inévitablement des frustations.

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Mot de la semaine

Fil

inaction

Curieux de voir comment, en tirant sur un fil d’une affaire complexe, c’est tout un ensemble de questions qui apparaissent, mais pas n’importe lesquelles. Il y a une forme de sélection qui s’opère.

Prenons les retraites, objet actuel d’un débat animé. En tirant sur le fil, sortent au grand jour une série de sujets que les protagonistes essayaient d’instrumentaliser ou, au contraire, d’esquiver, plus ou moins consciemment, selon les postures de départ. Le vieillissement, bien sûr, mais aussi les inégalités de traitement (point de départ du débat en l’occurrence), les modes de calcul, l’âge de prise de retraite, la faiblesse de certaines rémunérations (les enseignants notamment), la pénibilité, et bien d’autres choses encore. Curieusement négligés le sens du travail, son utilité sociale, la qualité de vie au travail (au-delà de la pénibilité), et toutes les richesses non monétaires que le travail peut apporter si on le respecte. Fallait-il entrer dans ce débat en tirant sur le fil « retraite » ? Certains fils sont chargés d’émotions, de ressenti, de polémiques traditionnelles, de rancœurs, d’enjeux de pouvoirs et de vielles rivalités. N’est-il pas préférable de tirer un fil plus consensuel et au passé moins chargé ?.

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reprise

vieux

boisL'arbre du financement des retraites cache la forêt du vieillissement de la population. Là est l'enjeu, le bon usage du temps de vie gagné, bien plus que 2 ans.

Notre population va vieillir, celle du monde entier aussi. C’est la conséquence de la stabilisation de la population mondiale, 9 Milliards de terriens en 2050 à peu près, avec un haut niveau de santé. Alléluia, réjouissons-nous, nous vivons plus longtemps, et en bonne forme.
Cette bonne nouvelle ne doit pas nous faire oublier les transformations qu’elle contient. Le monde va changer, à partir de sa structure démographique, sa pyramide des âges si vous préférez. On nous en parle beaucoup aujourd’hui à cause de la retraite, mais ça va beaucoup plus loin. C’est une transition démographique qui s’opère, avec de nombreuses conséquences. Le nombre de vieux va augmenter sérieusement. En France et les pays d’Europe pour commencer, mais aussi au Japon et progressivement dans tous les pays, à des échéances variables.
Que va-t-on faire de ce temps gagné ? Au même moment, la productivité du travail humain s’est accrue prodigieusement, et ce n’est pas terminé. Le travail de conception traditionnelle n’apporte pas la réponse. En France, c’est la question comptable qui polarise les débats, celle des prélèvements et de la redistribution, mais ce n’est pas la plus importante. La vraie question est d’ordre sociétal. Si l’on considère que les vieux sont une charge, on est mal parti. 


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