“ Le dictionnaire du développement durable pour tous. libre pensée de l’écologie, d’une écologie facile,
avec les mots de tous les jours, mis à jour chaque semaine. ”

Edito du 12 juin 2019

La voiture, toujours la voiture


dominique bidou vertiLes gilets jaunes ont concentré leur vindicte sur l'Etat. Ils ont épargné les entreprises, comme l'ont souligné de nombreux observateurs. Il ont aussi exonéré un autre acteur clé du mouvement, la voiture. Nous en avons besoin, et il faut que le carburant ne soit pas prohibitif, un point c'est tout. Pendant ce temps-là, pendant que les gilets jaunes bloquaient les rond-points et manifestaient dans les grandes villes, la publicité pour les voitures ne faiblissait pas. Regardez les écrans publicitaires, l'automobile est reine. Et quand on dit que celui qui paye est maître, ça en dit long sur l'influence de l'industrie automobile, à l'heure où l'on voudrait privilégier les circulations douces et les valeurs de la proximité. Evidemment, il y a l'emploi, et plus précisément l'emploi industriel, qu'il est bon de choyer tout particulièrement. Au cours des 30 glorieuses, le parti a été retenu de fonder le développement économique de notre pays sur l'autombile. Pire encore, c'est l'aménagement de la France qui a été conçu pour favoriser l'automobile. Rappelez-vous, il fallait adapter les villes à l'automobile, mais pas que les villes, avec la multiplication des supermarchés et l'étalement urbain. Curieux choix, pour une pays qui ne produit pas de pétrole. Nous nous placions sous la dépendance des pays producteurs. Sans doute les dirigeants de l'époque pensaient en garder le contrôle, le colonialisme était encore dans les esprits, mais le pari était risqué, il faut le reconnaître. Aujourd'hui, le déficit extérieur de la France est du même ordre de grandeur que la facture pétrolière. Nous avons organisé un flux continu de dollars vers les pays pétroliers, et sommes rentrés plein pot dans le régime aléatoire de la géopolitique. Triple peine, ça nous coûte cher, on ne maitrise pas grand chose et ça bouge tout le temps.

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Mot de la semaine

Sociétal

societalLe développement durable a secrété son vocabulaire, et parmi les mots ainsi apparus figure Sociétal. Un incontournable du développement durable, distinct de social, et dont les entreprises se sont emparées pour définir leur responsabilité sociétale.

Pourquoi, malgré les avis des académies, certains s’évertuent-ils à employer le mot Sociétal ? Serait-ce pour noyer le social, au sens politique du terme, et masquer une faiblesse de ce côté ? Ou bien est-ce que, comme d’habitude, les académies, tels les carabiniers, arrivent toujours trop tard… La société n’arrête pas de bouger, ses modes de vie, ses manières de voir le monde, et le mot Sociétal serait plutôt un reflet de ces transformations qui nous affectent depuis que la conscience de la finitude du monde s’est imposée. Wiktionnaire semble plus à jour, et donne un sens particulier à Sociétal : « Qui se rapporte à la structure, à l’organisation ou au fonctionnement de la société ». Nous ne sommes pas loin de la gouvernance, de la manière dont une société s’organise, dont elle prend en compte les contraintes et les aspirations de la population.
Peu importe cette querelle Social/sociétal, l’essentiel est de comprendre ce qu’il y a derrière, quels sont les acteurs qui donnent vie au concept. Une note du Comité 21 lui donne une signification dynamique : « Les générations présentes et futures sont et vont être confrontées à une remise en cause majeure de leur mode de vie et de consommation. Ce basculement, déjà initié et de plus en plus rapide, ne se fera pas sans des mutations sociétales profondes et des défis majeurs à relever par tous les acteurs, étatiques et non étatiques ». 

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Reprise

Assemblée générale

assemblee generaleIl s’agit ici les entreprises et de leur gouvernance. Les actionnaires, parfois vilipendés, semblent aujourd’hui plus réactifs au risque climatique. Le feront-ils intégrer aux stratégies des entreprises ?
Les inégalités et leur renforcement récent ont déjà fait l’objet de rapports, de l’OCDE notamment : Elles compromettent la croissance, et les entreprises, comme les pouvoirs publics, devraient veiller à les maîtriser. On parlait alors de « croissance inclusive ». Un pas vers le développement durable, avec la dimension sociale. Il reste bien sûr le volet Environnement. Des progrès se font jour aussi de ce côté-là, pour des raisons intéressées sans doute, mais les faits sont là.
La finance et le développement durable peuvent faire bon ménage. Une affirmation susceptible de surprendre, mais qui commence à prendre corps. C’est le risque climatique qui est à l’origine de cette évolution pour le volet Environnement. Déjà, à l’approche de la COP 21, la notion de risque climatique avait fait son chemin. Par exemple, en septembre 2015, un rapport de la banque d’Angleterre sur le secteur des assurances (2), dont on connait l’importance au Royaume Uni, attirait l’attention sur la sous-estimation du risque climatique. Celui-ci poursuit son chemin dans les assemblées générales des grands groupes. Les actionnaires veulent être informés de la manière dont ils le prennent en compte. 

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