“ Le dictionnaire du développement durable pour tous. libre pensée de l’écologie, d’une écologie facile,
avec les mots de tous les jours, mis à jour chaque semaine. ”

Edito du 20 novembre 2019

Une culture de retard

dominique bidou vertiL'affaire de la raffinerie de La Mède est instructive sur l'état d'esprit de nos dirigeants, dans les services de l'Etat et à la tête des entreprises. Voilà un projet sans doute intéressant à court terme, c'est le moins qu'on puisse attendre, mais manifestement voué à l'échec dans la durée. Un investissement dans la mauvaise direction. Ils se sont trompé de futur. Comment imaginer qu'un projet directement lié à la déforestation de forêts primaires pouvait avoir de l'avenir ? Seulement en comptant sur des interventions publiques, notamment fiscales, la stratégie du "coup parti", et en espérant se cacher derrière le mot "biocarburant". Aucune personne spécialisée dans ces affaires n'ignorait que le bilan carbone, déjà défavorable pour les biocarburants produits à base de culture locales, l'était encore plus pour l'huile de palme. Une mauvaise note à laquelle il faut ajouter des atteintes à la biodiversité. ça pouvait passer hier, ou plutôt avant-hier, avant les multiples alertes sur le climat  ("la maison brûle", par exemple, en 2002) et la biodiversité, mais aujourd'hui, comment investir sur de telles bases ? Absence d'un minimum de culture environnemtale des décideurs, inertie des modes de penser, paresse intellectuelle qui pousse à faire "comme avant" en croyant qu'il suffit de changer quelques paramètres... Nous voilà mis devant un fait accompli et des exigences, pour ne pas corriger le tir, liées aux emplois. Nous sommes entraînés dans une impasse et condamnés à y persévérer. C'est un peu comme les agriculteurs, qui se battent pour prolonger un modèle fondé sur les pesticides et des besoins en eau toujours croissants, alors que tous les indicateurs montrent que ce modèle est obsolète. Même s'ils s'engagent à réduire de moitié l'usage de pesticides au Grenelle de l'environnement, leur recours à ces produits ne cesse d'augmenter.

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Note de lecture

L’entreprise responsable et vivante

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Donner du sens au travail avec la RSE
Louise Browaeys
©Terre vivante, 2019. Collection « Champs d’action »

Un livre pour les responsables « d’organisations », essentiellement entreprises et collectivités publiques, qui intéressera également tous ceux concernés par la vie au travail. En effet, « la responsabilité d’entreprise est une excellente manière pour faciliter le réengagement au travail, pour redonner du sens et de la visibilité, pour partager des valeurs en lien avec l’écologie, le partage et le respect ». La responsabilité sociétale de l’entreprise, RSE, que l’auteure voudrait appeler plus simplement la responsabilité de l’entreprise, est une manière de retrouver la vocation première de l’entreprise : « un lieu de rencontres, d’échanges, d’enrichissement réciproque, de créativité ».
L’ouvrage commence par présenter, pour ceux qui n’en seraient pas convaincus, les bienfaits de la RSE, pour l’entreprise et ses parties prenantes, et bien au-delà pour la planète et les générations futures. Il encourage à dépasser la RSE « réglementaire et défensive » au profit d’une approche « créative et positive ».

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Reprise

Responsabilité

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La présentation récente par l'AFNOR de la norme ISO 26000 offre l'occasion de clarifier le lien entre développement durable et RSE, responsabilité sociétale des entreprises.

C’est un défi d’un genre particulier. Il ne s’énonce pas en résultat, en chiffres, en conquêtes.
Il concerne sa propre manière d’analyser et de comprendre, de se fixer des objectifs, de travailler, d’évaluer son action. Il s’agit de se donner soi-même une discipline de pensée et d’action, et de la respecter. Si cette discipline intègre, au-delà de son propre intérêt immédiat, des valeurs partagées, si elle amène à prendre en charge des enjeux d’ordre général, on fait alors mention d’une responsabilité élargie, que l’on appelle sociétale. La responsabilité sociétale est donc tout simplement une exigence vis-à-vis de soi-même, d’abandonner ses œillères sectorielles pour consolider ses bénéfices à une échelle plus vaste, celle de sa sphère d’influence.
Lesdits bénéfices sont d’ordre multiple, et on retrouve le caractère transversal du développement durable : ils sont économiques, mais en veillant à ce que la recherche de profit tende aussi à optimiser les bénéfices pour la collectivité. C’est un jeu à somme positive, et on sait bien que les meilleures affaires sont celles où tout le monde s’y retrouve. Toujours gagnant-gagnant.

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