“ Le dictionnaire du développement durable pour tous. libre pensée de l’écologie, d’une écologie facile,
avec les mots de tous les jours, mis à jour chaque semaine. ”

Edito du 27 mai 2020

Faire avec le plus possible, contre le moins possible

dominique bidou vertiCette phrase du paysagiste Gilles Clément définit toute une politique. Prendre en compte les aspirations de ceux auxquels nous nous adressons, plutôt que de leur imposer des solutions qui leur sont étrangères et qui ont toutes les chances d'être rejetées. Une voie à suivre pour le changement climatique notamment. Pour prendre un exemple, le COVID-19 nous alerte sur la maison individuelle. Une forte poussée est enregistrée, qui renforce une tendance ancienne : les français souhaitent habiter une maison individuelle. Branle-bas chez les écolos. Halte à l'artificialisation des sols, aux nouveaux besoins de transport que cet étalement urbain provoquera ! Ces observations sont justes, mais sont-elles inéluctables ? Faut-il combattre frontalement cette aspiration, souvent vécue par les intéressés comme un retour à la nature, même si c'est largement fantasmé ? Une autre politique serait, justement, que ce fantasme devienne réalité, c'est à dire que l'offre de maison individuelle s'adapte à l'exigence de nature. La condamnation définitive de la maison individuelle conduit à délaisser l'offre, au lieu de tenter de la faire évoluer. Une attitude qui laisse le champ libre à tous les acteurs concernés, élus locaux, promoteurs, lotisseurs, etc. La maison individuelle a pourtant des atouts à faire valoir en matière d'environnement. Elle offre des surfaces importantes pour capter l'énergie solaire, thermique ou photovoltaïque, elle permet de digérer sur place les déchets organiques, elle offre des possibilités d'autosuffisance, elle récupère ou infiltre l'eau pluviale, elle peut accueillir une réelle richesse biologique. Un potentiel qui ne se réalise pas toujours, en bonne partie parceque peu d'intervenants s'y intéressent. Et surtout, beaucoup craignent que des exigences en la matière ne soient un frein à la construction, ou un renchérissement. Les porteurs des valeurs environnementales sont absents, et le résultat s'en ressent. Une autre politique serait d'investir ce secteur de la maison individuelle, avec les associations d'élus, les organisations professionnelles (aménagement, construction, vente), les CAUE et autres organismes de conseil, et les relais associatifs locaux qui pourraient apporter sur place des élements de contexte à intégrer aux projets.

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L'invité

Quelle ville demain ? Ville ou campagne ?

il faut sauver les oiseaux

On continue toujours à parler de densité et d’étalement urbain. De plus le virus COVID19 est une bonne occasion pour non seulement critiquer la ville dense, mais de promouvoir la maison individuelle à la campagne en dehors de la ville.
Or cette pandémie fait aussi ressortir le besoin d’être ensemble, de se parler, de se voir. En fait la ville est partout, dans une société de la mobilité, les limites territoriales sont floues. Ce qui est important c’est de pouvoir choisir l’espace où l’on veut vivre en fonction de ses désirs et de ses contraintes. On peut aimer la ville dense, les centres-villes, le péri- central, la périphérie, vivre dans un appartement, dans une maison, avoir un jardin, vouloir se déplacer en voiture , en TCSP ou en vélo ou les trois à la fois selon les possibilités. Il faut arrêter de montrer du doigt la ville comme si la campagne était mieux.
La ville a été la conquête de la liberté et de l’anonymat. La ville est multiple. Elle à la fois un et multiple. C’est cela qu’il faut préserver. Ensuite il n’y a pas de dichotomie entre l’urbain et la campagne. Tout appartient à la ville que nous appelons à Rennes la ville archipel qui intègre l’ensemble de l’espace urbain et rural et permet de préserver sur la métropole 78% du territoire pour l’agriculture et la nature. Le passage d’une société sédentaire à une société de la mobilité rend les limites territoriales floues. Alors la notion de densité prend une tout autre dimension dans le respect de cette campagne. Si l’on rajoute aussi les évolutions des modes de vie et le vieillissement. La densité urbaine permet d’avoir proche de chez soi les services publics et privés qui permettent de vivre le plus longtemps possible libre et indépendant. C’est dans la diversité des produit habitats (au nombre de 14 dans le PLH de la métropole rennaise) que se trouve la solution avec une vraie politique foncière pour permettre à chacune et chacun de choisir son espace sans opposer les territoires entre eux.
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reprise

Villes

bois

Chaque ville doit avoir son éco quartier, c'est la suite logique du Grenelle de l'Environnement. Attention toutefois à ne pas se tromper d'enjeu. C'est toute la ville qui doit en profiter.

Venus du Nord, les éco Quartiers envahissent nos villes. C’est certainement une bonne chose, mais on ne sait pas trop ce que ça veut dire, tant les définitions sont multiples. Il y a eu les Ecopolis du rapport Attali, et les éco quartiers du Grenelle. L’Etat, la Caisse des dépôts, les Régions, les grandes organisations d’élus et d’aménageurs, différents clubs et groupes de réflexion, le monde universitaire, chacun y va de sa définition, voire de sa contestation.
Il est vrai que le terme est maladroit, mais comment résumer tant d’exigences en une seule expression ?
Le quartier. Un nouveau quartier n’a pas de sens en soi. Ce n’est qu’un morceau d’une ville, d’une agglomération, au sens bassin de vie plutôt qu’administratif. C’est à cette échelle que le quartier doit manifester ses vertus écologiques. Il y a bien des manières de le faire, mais il faut le vouloir, et non se regarder le nombril en cherchant un optimum au sein d’un périmètre étroit. C’est le « Programme » d’un nouveau quartier qui répond à cette exigence. Comment le nouveau venu va-t-il compléter la ville existante, à quels besoins particuliers doit-il répondre pour améliorer les conditions de vie de ceux qui sont déjà sur place ? Un éco quartier n’est pas un être à part, il s’inscrit dans un tissu, avec ses caractéristiques, ses projets, sa population. Il offre aussi l’occasion de faire bouger le reste de la ville : nouvelles techniques, nouveaux services, vitrines d’un possible auquel l’ancienne ville n’aurait pas pensé, ou dont elle n’aurait pas osé rêver. Intervention sur un quartier, mais influence sur toute une ville, le mot quartier ne doit pas restreindre le champ de la pensée.

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