“ Le dictionnaire du développement durable pour tous. libre pensée de l’écologie, d’une écologie facile,
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Edito du 25 mars 2020

La créativité au secours du cloisonnement

dominique bidou vertiEspérons-le, l'impact démographique du COVID restera faible, à peine visible par rapport aux 600 000 décès que l'on dénombre en France chaque année. Les mesures prises et notamment le confinement éviteront le pire. Les impacts principaux sont ailleurs, sur l'économie, avec une récession en vue, sur notre système de soins et de protection sociale, nos institutions et notre organisation économique et sociale. Une déstabilisation qui pertube ce bel ensemble, déjà fragilisé par les crises ouvertes ou latentes que nous connaissons, climat, biodiversité, inégalités, radicalisation, perte de sens et défiance vis à vis des dirigeants, et bien d'autres. Nous sommes nombreux à penser que cette crise sanitaire peut favoriser des changements attendus et participer ainsi à la solution sur d'autres fronts. Ce n'est pas gagné d'avance, et la manière dont nous vivons le confinement sera déterminante sur la suite. S'il est perçu uniquement comme une contrainte, voire une pénitence, il y a fort à parier que, une fois les soubresauts du coronavirus estompés, tout reparte comme avant, malgré les beaux discours. Les précautions prises ou annoncées tiendront quelques années, et s'étioleront au fil du temps jusqu'à la prochaine alerte. Pour que le confinement produise des effets notables et durables, il faut lui donner de la force et du contenu qui en fasse autre chose qu'un contretemps. Une occasion de découvrir d'autres modes de vie, de relations sociales, de nouveaux centres d'intérêt. Une nouvelle manière de concevoir l'avenir, non pas pour éviter les drames, mais pour trouver d'autres types de satisfaction et de plaisir. 

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Mot de la semaine

Artificialisation

inaction

La consommation de sols pour l’urbanisation est particulièrement importante en France. La biodiversité en est la première victime, et il convient de modérer, voire de retourner cette tendance.
Il s’agit des sols. Les statistiques sont nombreuses, qui nous inquiètent sur l’avenir de cette ressource à laquelle nous devons tant de bonnes choses. Une ressource limitée, qui nous donne l’assise nécessaire aux constructions, aux routes et chemins de fer, aux usines et aux commerces, à la production agricole, à la forêt, et à la biodiversité. Ajoutons à cette liste la capacité à séquestrer du carbone, à produire de l’énergie (biomasse, capteurs solaires), à digérer nos déchets organiques et à accueillir intelligemment l’eau de pluie, la stocker ou l’infiltrer selon les cas.
Dans l’histoire, il y a eu des guerres pour accaparer cette ressource. Aujourd’hui, nous observons une concurrence entre les différents usages des sols. L’urbanisation entraîne l’imperméabilisation, et d’une manière générale l’artificialisation, celle qu’il faudrait arrêter d’urgence. Il y en a d’autres formes, comme l’agriculture qui transforme la nature sauvage, mais elle ne semble pas irréversible comme on le constate avec les constructions. Le délai de 3 ans imposé pour le passage au bio donne une idée du temps nécessaire pour retrouver une forme d’équilibre après artificialisation agricole. 3 ans pour reconstituer une richesse organique, ce ne peut être qu’un début, mais c’est une première étape significative qui marque une rupture sur la manière dont les sols sont considérés. Notons malgré tout que certains dommages sont difficilement réversibles, ou très lentement, érosion, salinisation, rémanence de produits toxiques bien après leur interdiction, etc.

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Reprise

Sol

vitesse
Le développement durable nous conduit à faire le meilleur usage de nos ressources. Le sol est une ressource importante pour l'avenir de l'humanité, et de bien des manières.

La planète Terre est, nous le savons, plutôt maritime. La mer constitue un patrimoine extraordinaire pour l'humanité. Celle-ci y puise de nombreuses ressources, et nous n'en connaissons sans doute qu'une infime partie. Mais il n'y a pas que la mer. Il y a aussi la terre, ou plutôt le sol sur lequel nous avons construit nos villes, le sol qui nous produit des denrées de toutes sortes, le sol qui abrite une vie sauvage.
Les sols nous offrent notre habitat, le gîte et le couvert. Ils sont précieux et nous devons gérer cette richesse avec délicatesse. Cette exigence se retrouve à toutes les échelles, qu'il s'agisse de la planète entière ou de l'aménagement fin du territoire.
Nous avons aujourd'hui du mal à nourrir 7 Milliards d'êtres humains. Il faudra en faire vivre, si possible convenablement, deux de plus d'ici une quarantaine d'années. Nous pouvons compter sur le rendement de l'agriculture, pour augmenter la production, avec par exemple une révolution "doublement verte". Mais nous demandons tant de choses à la terre. Il faut qu'elle nous nourrisse, qu'elle régule le régime des eaux, produise des matériaux pour nos maisons et pour l'industrie, nous fournisse de l'énergie. Nous lui demandons aussi d'assurer une richesse biologique, de nous offrir des paysages agréables et d'accueillir nos villes, nos routes, nos aéroports. Dans ces conditions, la question de la surface disponible pour la production deviendra de plus en plus importante.


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