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Edito du 16 janvier 2019

La bonne question

dominique bidou vertiUn bon débat, ce sont de bonnes questions. Ce n'est pas facile de trouver les bonne questions, celles qui n'enferment pas le débat au lieu de l'ouvrir. L'écueil le plus évident est de le lancer à partir de réponses, de solutions toutes faites proposées aux assemblées et aux groupes de citoyens. Des solutions miracle comme le référendum d'initiative populaire pour prendre un exemple à la mode. Le débat se cristallise vite, la réflexion est alors confisquée, le futur est enfermé dans ces propositions, alors que les questions, les problèmes à résoudre, comme la pratique de la démocratie aujourd'hui dans notre exemple, n'ont pas été clairement formulés ou ne l'ont été que partiellement, et qu'il n'y a pas de consensus sur l'objet véritable du débat. Poser les questions, et se mettre d'accord sur leur signification est la première étape de tout débat réellement ouvert. Plus de justice fiscale est une bonne entrée, et non telle ou telle mesure envisagée (ISF, CSG, taxe  carbone, etc)  qui réduirait le débat et empêcherait de chercher au-delà des solutions habituelles. Pour chercher des exemples dans la "lettre aux Français",  "Qu'attendons-nous des parlementaires" est la question préalable à toutes les autres sur leur nombre, leur mode d'élection, ou le rôle de telle ou telle assemblée. Je ne l'ai pas trouvée, même si elle n'est pas interdite... Les questions trop précises empêchent souvent de remonter à l'origine des problèmes, et entraînent sur des pistes sans issue. En focalisant l'attention, elles compromettent la recherche de solutions inédites, réellement novatrices. Adieu la créativité, alors que nous en avons bigrement besoin pour sortir de nos contradictions. 

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Mot de la semaine

Grand débat

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Pas de développement durable sans large adhésion populaire. Un grand débat est l’occasion de la faire émerger, mais la réussite dépend de la manière dont il est mené. Voici quelques clés pour un débat durable.

La première initiative pour le grand débat à l’échelle du pays a été la consultation de CESE, conseil économique social et environnemental. Elle a montré tout de suite les difficultés de l’exercice. Plusieurs lobbys bien organisés se sont emparés de la tribune ainsi offerte, et ont fait passer des messages dans des domaines bien éloignés de ceux qui ont provoqué la crise. IVG, PMA ont ainsi été remis à l’ordre du jour, mêlé au pouvoir d’achat et à la fiscalité. Chacun a pu en faire l’expérience, un débat sur un sujet complexe ne s’improvise pas. Le moindre projet dans une commune fait resurgir d’anciennes rancunes, des rivalités que l’on croyait enfouies et qui perturbent les échanges. On est contre parce que l’on a des comptes à régler avec le promoteur du projet ou ses soutiens. Il y aussi le risque de voir les minorités écrasées, dans un esprit « malheur aux vaincus », alors que le but du débat est de trouver un consensus pour que personne ne se sente laissé sur le bord du chemin. Il faut enfin veiller à ce que aucun sujet important ne soit oublié ou négligé.

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Reprise

Contre-courant

contre courant

L’opinion est souvent guidée par les apparences. Mais la surface des choses n’en est qu’un aspect, il faut aller en profondeur, et parfois à contre-courant de ce les apparences indiqueraient.

Le bon sens est parfois trompeur. Souvenez-vous du renard. Pendant des années, il a été exterminé au nom de la lutte contre la rage. Jusqu’au jour où on s’est aperçu que leur destruction dans les secteurs non contaminés était contre-productive. En les éliminant, on favorisait la conquête de ces territoires par des renards en provenance des zones contaminées. Changement de cap à ce moment-là. Au lieu de les chasser, on les a vaccinés. Et ce sont ces renards immunisés qui ont empêché les renards enragés de coloniser de nouveaux espaces.
Le bon sens n’avait pas été de bon conseil. Il est souvent primaire, dans un raisonnement linéaire action/réaction, alors que la vie est complexe, avec des interactions et des interférences. Cette observation est courante en écologie, la science des systèmes. La destruction d’un prédateur, par exemple, au motif de sauvegarder un troupeau de cerfs dans une forêt, s’est révélée catastrophique. La population de cerfs s’est envolée, ce qui a provoqué un surpâturage de la forêt. Les jeunes pousses n’ont pas survécu à cette pression. Très vite, après un pic de population, le nombre de cerfs pouvant subsister sur ce milieu appauvri est retombé à un niveau inférieur à celui qui préexistait, du temps des prédateurs. Sacré bon sens !