“ Le dictionnaire du développement durable pour tous. libre pensée de l’écologie, d’une écologie facile,
avec les mots de tous les jours, mis à jour chaque semaine. ”

Edito du 26 février 2020

Une agriculture post-glyphosate

dominique bidou vertiNous sommes en plein salon de l'agriculture. Pour leur défense, de nombreux agriculteurs nous disent qu'ils abandonneront le glyphosate sitôt qu'une autre substance, moins nocive, aura été trouvée. En d'autres termes, pas question de changer, on fait comme avant, mais avec juste un produit différent quand il y en aura un. Plus tard. Une position à laquelle beaucoup de gens raisonnables et le gouvernement ne semblent pas insensible. Ce serait une grave erreur, et cela pour deux raisons (et peut-être bien d'autres que vous pourrez ajouter) qui provoquent de fâcheux malentendus. Le nouveau produit serait bien sûr plus cher, il faut financer la recherche et les brevets qui en résultent. L'écologie serait vite assimilée à ce surcoût, elle coûte cher, c'est pour les riches, alors que le glyphosate fait un malheur dans les pays du Sud. Nous savons qu'il est possible de faire une agriculture à la fois productive et régénératrice du milieu, qui ne coûte pas plus cher au particulier comme à la collectivité que celle pratiquée majoritairement aujourd'hui. Deuxième malentendu, il n'y a rien à faire tant que la science n'a pas résolu le problème. Une bonne manière de déresponsabiliser les utilisateurs de glyphosate. Le résultat est le renforcement des vieilles pratiques, nullement remises en cause, alors qu'il faut en explorer de nouvelles. L'attentisme, plutôt que le mouvement. L'agriculture post-glyphosate, et post beaucoup d'autres produits, n'est pas l'ancienne agriculture moins le glyphosate. C'est autre chose, avec de nouvelles méthodes, de nouveaux savoir-faire, que les agriculteurs de demain devront maitriser. .  

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Note de lecture

En route pour l’autonomie alimentaire

il faut sauver les oiseaux

Guide pratique à l’usage des familles, villes et territoires
François Rouillay et Sabine Becker, ©Terre Vivante, 2020

Une affaire de lasagne. Un exemple, à Montcalm, dans le Gard, sur un ancien terrain de tennis en béton. Comment y produire 100kg de légumes en 100 jours ? Du carton, des déchets organiques récupérés aux alentours, du bois mort en décomposition, et un peu de terreau. Le tout étalé en couches successives sur le béton, et ça marche. Un sol nourricier de grande vitalité. Même dans des conditions difficiles, il est possible de « reprendre la main sur son alimentation », et de la produire, individuellement ou collectivement.
Le mouvement d’origine anglaise, incredible edible, traduit en français par « incroyables comestibles », est une source d’inspiration pour ce processus d’appropriation. Né en 2008 à Todmorden dans le nord de l’Angleterre, a été introduit en France en 2012 par un des auteurs, pour lutter contre la pauvreté et rendu célèbre par un écriteau « Food to share », nourriture à partager, planté devant des petits jardins créés un peu partout, dans des espaces réputés sans intérêt.

reprise

Alimentation

bois

Les crises alimentaires et leurs répercussions politiques montrent, s’il en était besoin, l’importance de l’alimentation. Un sujet au carrefour de nombreuses approches, un vrai sujet de développement durable.

Voilà un sujet bien prosaïque, voire trivial, mais il nous offre une entrée royale et populaire à la fois dans l’univers du développement durable.
L’alimentation entre pour environ un tiers dans notre « empreinte écologique ». Ce sont notre vie quotidienne, notre santé, notre plaisir, nos fêtes, notre vie familiale et sociale qui sont concernés. Les pays riches comme les pays pauvres peuvent souffrir d’une mauvaise alimentation, entre obésité et carences. L’alimentation, c’est aussi toute une économie, des savoir-faire, une chaine de production et de transformation, des problèmes de conservation et de stockage, un énorme business et des enjeux de commerce international. Tout y est, culture, économie, société, santé, et bien sûr environnement : la matière première de notre alimentation vient de la terre et du soleil, sous un tas de formes différentes.

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