“ Le dictionnaire du développement durable pour tous. libre pensée de l’écologie, d’une écologie facile,
avec les mots de tous les jours, mis à jour chaque semaine. ”

Edito du 16 septembre 2020

A qui profite le crime ?

dominique bidou vertiIl s'agit des énergies renouvelables, et plus particulièrement d'électricité. Le vent et le soleil, mais aussi les rivières et les courants marins, et la biomasse sous toutes ses formes, du bois au méthane. Hormis l'hydraulique, qui a pris son essor il y a bien longtemps et a atteint un bon niveau, elles sont toutes en progression, en progression rapide (même si on aimerait que ça aille plus vite). Aujourd'hui dans le monde, ce sont ces installations qui se développent le plus, la capacité de production construite chaque année avec les renouvelables étant plus importante que celle émanant des énergies classiques, nucléaire compris. Et elles coûtent de moins en moins cher. Elles sont parvenues à des prix de vente de l'électricité compétitives et continuent sur leur lancée la baisse régulière de leurs coûts de production. Et pourtant, elles sont l'objet de critiques récurrentes et de "fake news" grossières. Pourquoi tant de haine, pourrait-on dire. Un des arguments souvent avancés est que les renouvelables ne seraient pas efficaces sur le plan énergétique. Il faudrait plus d'énergie pour les installer et les faire tourner que ce qu'elles produisent. C'est vrai pour les biocarburants de première génération, issus de pratiques agricoles grosses consommatrices d'énergies fossiles, mais c'est faux pour toutes les autres filières. Une éolienne "rembourse" l'énergie nécessaire pour tout son cycle de vie (de sa construction à son recyclage) en un an, alors qu'elle tourne environ 25 ans. Pour le solaire photovoltaïque, c'est trois ans de "remboursement" pour une durée de vie 10 fois plus longue. Que dire aussi de l'intermittence. Les énergies renouvelables devraient être accompagnées d'autres sources d'énergie, carbonées, celles-là, pour faire face aux besoins en l'absence de vent ou de soleil. C'est oublier les énergies pilotables, comme l'hydraulique et la biomasse, et surtout c'est une vue étroite où chaque énergie est prise séparément. Des combinaisons de sources renouvelables permettent de produire en continu, comme le montre le concept de "centrale virtuelle" qui gèrent les apports de nombreuses sources de différentes natures. 

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mot de la semaine

Ane

composant robin glauser zP7X B86xOg unsplash

L’âne a rendu de grands services à l’humanité, et il a du caractère. Il ne boit pas quand il n’a pas soif. On peut aisément en tirer un enseignement pour la promotion du développement durable : il faut en donner soif, soif du développement durable, le rendre attractif au lieu de se contenter d’affirmer qu’on n’a pas le choix.
Le mouvement écologiste s’est progressivement orienté vers la défense contre les mauvais coups portés à la planète. Des atteintes globales, comme le réchauffement climatique ou la chute de la biodiversité, ou locales, comme la pollution de nappes phréatiques et les dégradations de la qualité de l’air dans les villes. Le concept de qualité de vie qui a donné son nom au ministère en charge de l’environnement pendant quelques années, a disparu des discours. Celui-ci s’est concentré sur le volet défensif, et n’offre pas de perspective positives pour notre futur. Juste éviter le pire. Les amateurs de football savent bien qu’une équipe ne peut gagner en jouant que sur sa défense. Il lui fait aussi une attaque, et c’est cette dernière, qui, en définitive, fait vibrer les stades. En complément de l’écologie « défensive », il faut une écologie « offensive », celle qui fait rêver, qui propose un monde où la qualité de vie des humains se renforce tout comme la qualité des milieux naturels, et non à leur détriment. Une écologie qui donne des raisons positives de se battre. Pas « parce qu’on n’a pas le choix ».
Donner envie du développement durable, en s’appuyant sur des valeurs populaires, en vogue dans la société. Des références comprises de tous, qui renvoient à des images positives et attractives du futur. Pour illustrer cette approche, voici deux leviers qui occupent une place croissante dans notre société, et qui pourraient « soulever le monde » comme dirait Archimède. Il s’agit de la proximité et le la quête de sens. Deux leviers pour basculer vers le monde de demain, pour donner « soif » du développement durable.


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Reprise

Urgence

vitesse
Devant la difficulté de réformer, ou face à des catastrophe que l'on n'a pas su éviter, de nombreuses décisions soint prise dans l'urgence. Il n'y a souvent plus de choix, mais comment faire de l'urgence un moteur de progrès, sans tomber dans ses pièges ?

La maison brûle ! Il faut faire vite pour éteindre le feu, il y a urgence. Mais attention, l’urgence peut être mauvaise conseillère.
L’obligation de faire vite peut conduire tout droit à des bêtises, en privilégiant l’action au détriment de la pensée. Secours et matériels mal adaptés, désorganisation durable des réseaux locaux, les exemples sont nombreux d’interventions maladroites, qui font plus de mal que de bien, alors qu’un peu de réflexion préalable aurait permis de faire tellement mieux. L’urgence ne doit pas faire négliger de voir loin, et d’organiser l’action pour consolider durablement une situation, et créer les conditions d’émergence de solutions durables. Le proverbe fameux où il est indiqué qu’il vaut mieux apprendre à quelqu’un comment pêcher plutôt que de lui donner un poisson traduit bien cette difficulté que l’on a, dans l’urgence, à entreprendre un travail de fond plutôt que de faire un geste dont les effets seront au mieux éphémères, au pire durables du fait des désordres qu’il provoquera. C’est que les moyens sont limités, et que le risque est grand que l’intervention d’urgence ne les consomme tous pour une action immédiate, et ne laisse plus rien pour mettre en place des solutions durables, qui repousseront plus loin les risques de rechute. L’urgence, c’est aussi la mise en place de solutions provisoires qui ne résolvent rien et exigent des moyens permanents : le relogement en hôtel des mal logés coûte infiniment plus cher que la construction de logements sociaux… Comment sortir de cette impasse ?


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