Accéder au contenu principal

Manuel d’un monde en transition(s)

Sous la direction de Lucas Verhelst
Editions de l’Aube, 2025


Savez-vous ce qu’est l’impédimentologie ? Un mot inventé par les auteurs de ce livre pour désigner « un nouveau champ de recherche portant sur l'étude des obstacles aux changements sociétaux, en particulier ceux qui s'appliquent à la transition, et de divers moyens de les appréhender. »

Le sous-titre de l’ouvrage nous éclaire : 101 obstacles au changement, 101 pistes d’action ». Il s’agit donc de sortir des impasses où nous nous enfermons sur le chemin de la transition. Le (s) du titre suggère qu’il y a plusieurs chemins, mais restons sur la démarche. L’alerte sur l’état de la planète est ancienne et n’a pas produit les effets attendus, nous savons qu’il y a des réponses aux nombreux défis que nous devons relever, mais nous rencontrons d’innombrables obstacles, pièges ou blocages de toutes natures. La question, n’est donc pas « que faire ? », mais pourquoi ne le faisons-nous pas. L’impédimentologie, science à peine née, aura la lourde tâche de nous aider à trouver la réponse à cette deuxième question, qui est ainsi mise en vedette.

Plutôt que de partir sur des généralités, les auteurs ont observé ce qui se passe autour d’eux, et ont retenu 101 situations de blocage, qu’ils ont réparties en 4 grandes familles.

Il y a les obstacles neurophysiologiques, liés à notre cerveau et à son mode de fonctionnement. Exemple : la surcharge informationnelle, appelée ici l’infobésité. Un afflux d’informations que notre cerveau a du mal à maitriser. Ou encore le « brown-out », l’épuisement causé par l’absurdité de son travail et le manque de sens.

Ce sont ensuite les « pierres d’achoppement épistémologiques », sur la manière dont nous utilisons nos connaissances. Exemples : le déficit de représentation, ou la pensée en silo.

Ce sont enfin les catégories liées au contexte : pierres d'achoppement politologiques, conséquence de la difficulté à appréhender les jeux de pouvoir dans les processus de transition, comme le clientélisme ou l’électoralisme, et les pierres d'achoppement sociologique, les plus nombreuses, celles qui proviennent du fonctionnement de la société et des relations humaines, comme l’anthropocentrisme ou la tyrannie de la vitesse.

A chaque « pierre d’achoppement » est associée une note sur les « pistes d’action » pour franchir l’obstacle. Nous sommes prévenus dans la préface : « Nous ne garantissons pas le succès de l’opération ». Une affaire de contextes, et surtout d’adhésion des acteurs concernés. Les réponses proposées, comme des chemins de traverse, pour sortir des sentiers battus, ne sont le plus souvent que des pistes, du type « réinvestir les campagnes », ou « résilience collective et enthousiasme pour le monde à inventer ». L’institut international d’impédimentologie, qui vient d’être créé à la suite de l’édition de ce livre, a un beau programme de travail devant lui.

  • Vues : 747

Ajouter un Commentaire

Enregistrer