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C’est l’eau qu’on assassine

Fabrice Nicolino
Les Liens qui Libèrent, mai 2025

Fabrice Nicolino continue ses révélations sur les politiques de santé et d’environnement. Après le grand sabotage climatique, il s’en prend à un autre grand sujet d’environnement et de santé, l’eau. Le procès qu’il instruit est redoutable, d’autant que les accusés sont nombreux, une bonne partie d’entre eux étant, circonstance aggravante, chargés de nous protéger des nombreuses agressions qui nous parviennent par l’eau. Il observe que son rôle est d’être « porteur de tristesse et parfois de désespoir ».

Son enquête le mène sur les nombreuses pistes de l’eau, de la pluie aux zones humides, en passant par l’eau des plages, l’eau du robinet et l’eau minérale. Rien ne va plus, et pourtant les alertes étaient bien connues et documentées.

On se bouscule au banc des accusés. La chimie, et ses innombrables molécules dont certaines sont éternelles comme les PFAS, l’agriculture, avec les produits épandus, les réserves d’eau qui compromettent le cycle de l’eau, les assèchements de marais et la disparition des haies, les centrales nucléaires qui réchauffent l’eau au grand dam de la vie aquatique, les stations d’épuration qui épurent bien mal. Les datas centers, les giga factories, les puces électroniques, les golfs, la neige artificielle les rejoignent, gros consommateurs d’une eau qui devient rare. Les coupables sont les politiques qui ne veulent rien voir, mais aussi les grands corps techniques de l’Etat que l’on retrouve partout où devraient se prendre les décisions, et aussi dans les entreprises privées qui les appliquent, notamment Véolia, Suez environnement, ou la SAUR, avec des noms différents selon les époques. Au pilori également les agences régionales de santé, l’INRAE, les agences de l’eau, toujours aux mains des mêmes grands corps de l’Etat. Sans oublier nous-mêmes, consommateurs insouciants qui participons à cette tragédie.

Une situation désespérée, en définitive, tant la pression sur la qualité et la quantité de l’eau semble insupportables. Et pourtant, malgré les témoignages de scientifiques ou d’ONG nous alertaient, mais ils n’ont pas été écoutés, la connaissance existait mais personne n’y croyait. Le tableau est bien sombre, au point que le lecteur aura parfois du mal à y croire.

Un procès rondement mené, solidement documenté, mais sommes toutes désespérant, sans qu’apparaissent les pistes pour remonter la pente, et revenir à un état satisfaisant. L’eau doit devenir sacrée nous dit Fabrice Nicolino en conclusion. Nous le voudrions bien, mais nous ne voyons pas comment.

 

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