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La révolution des algues

Etienne Lecroart (dessin) & Vincent Doumeizel (Récit)
Futuropolis 2025

Un livre qui tombe à pic, à la veille de la 3e conférence des Nations Unies sur l’océan, à Nice. Une approche par un sujet qui concentre de nombreuses dimensions du problème : les algues. Celles-ci peuplent les océans, et présentent de nombreux avantages, décrits dans cette BD, mode de communication qui s’impose de plus en plus pour populariser des sujets complexes mais essentiels comme l’énergie, la forêt, les océans et bien d’autres.

Nous voici donc plongés dans un bain d’algues : « Et si les algues étaient l’avenir de l’humanité ? » Nous apprenons qu’elles ont joué un rôle important à ses débuts, elles figuraient déjà au menu de nos ancêtres il y a des milliers d’années. Aujourd’hui, elles ne contribuent que pour 2% de nos calories alimentaires, alors que l’océan couvre presque les ¾ de la planète. L’alimentation d’une population de 10 milliards d’humains suppose notamment une forte augmentation des productions de céréales, et une plus forte encore pour le besoin d’eau douce correspondant, autant de défis loin d’être gagnés. Le secours des algues serait une partie de la solution, elles qui n’ont besoin ni d’engrais ni d’arrosage. Elles se nourrissent des éléments dissous dans l’eau où elles se développent, tout en profitant de l’énergie qui tombe du ciel avec la photosynthèse.
Et il n’y a pas que l’alimentation humaine, où elles apportent fibres vitamines, fer, iode, magnésium, phosphore, zinc. Rien que ça ! Elles nourrissent aussi les animaux, certaines algues présentent des taux de protéines équivalents au soja, avec l’avantage de réduire fortement les rejets de méthane des ruminants. Les algues sont aussi utiles dans de nombreux domaines, comme la pharmacie, les cosmétiques, des produits industriels en substitut du plastique, etc. Les algues sont une source de matières premières en tous genres, mais attention à ne pas tuer la poule aux œufs d’or.

Comme nous l’avons fait sur terre, il est possible de passer en mer de la « chasse-cueillette » à l’agriculture, en l’occurrence à des fermes d’algues, très productives, qui auront en outre la fonction de lutter contre l’acidification des océans et de piéger le carbone. Contrairement aux fermes aquacoles, pas besoin de nutriments apportés, encore moins d’antibiotiques, les algues vivent bien sans intervention autre que leur implantation et leur récolte.

Il reste beaucoup à faire pour étendre la cuture des algues, et en premier pour accroître nos connaissances scientifiques sur ces êtres encore mal connus. Sur 12 000 espèces identifiées, seules 200 font l’objet de commercialisation, et sur les 48 millions de km² utilisables pour ces fermes d’algues selon l’université de Santa Barbara, 2000km² sont réellement utilisés. Plus de recherche, plus d’accompagnement des acteurs locaux, plus d’aides financières au démarrage, et une mise à jour des démarches administratives seront nécessaires pour optimiser l’usage des algues, sans entrer dans un cycle intensif comme en agriculture. « L’avantage des algues c’est que leur potentiel est énorme et que nous partons d’une page quasi blanche où rien ne nous empêche de dessiner un nouveau modèle durable : aucun lobby, aucune résistance ». Un discours optimiste, et un livre qui donne de l’espoir.

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