
Les vipères ne tombent pas du ciel
L’écologie au défi des classes populaires
Eric Aeschimann
Les liens qui libèrent – 2025
Depuis toujours, l’écologie suscite des réactions de rejet. Il y a longtemps qu’ils étaient accusés de répandre des vipères dans la nature, et par avion s’il vous plait, ce qui explique le titre du livre. Des porteurs de mauvaises nouvelles, de restrictions, une perception qui aurait tendance à se renforcer ces derniers temps. Un constat que l’auteur attribue notamment au manque d’adhésion d’une grande partie de la population, les classes populaires. « Longtemps, l'écologie a surtout pris la forme des grandes conférences et des objectifs lointains. Or, désormais, elle se traduit par des mesures concrètes ». Nous voilà à présent tous concernés, même le plus modestes, et sommés de changer. Pas surprenant qu’il y ait des réticences.
L’auteur décrit les différentes modalités de cette évolution, tentation technocratique, injonction de « petits gestes individuels », les contradictions entre discours et pratiques, le rôle des puissants de ce monde et de leurs intérêts, avant de faire quelques propositions pour sortir de cette incompréhension entre les classes populaires et l’écologie. Un tableau peint par un convaincu de la cause écologique, mais désespéré de voir que « l’écologie est perçue comme une contrainte imposée par des gens qui n'ont pas de contraintes ». Il observe que « L’écologie politique part des mesures désignées par les experts et cherche à les rendre « désirables » ou « acceptables ». Elle doit inverser le cheminement ». Au lieu de préconiser des changements de comportement, l’écologie doit « imaginer des réorganisations de nos systèmes sociotechniques (1) ».
C’est la ligne de conduite numéro 1 préconisée par l’auteur, dans une esquisse de programme en 3 axes, nécessaire pour s’emparer de l’Etat, objectif qu’il propose plutôt que de se contenter de l’influencer. Les deux autres sont un principe d’égalité, associant à toute mesure d’ordre écologique une mesure d’ordre social, et un principe d’autonomie, redonner aux citoyens « le contrôle de leur vie ». Pour faire en sorte que « les grands mots, ce n’est pas pour des gens comme nous ».
Un livre critique des stratégies des écologistes, une critique constructive avec ces propositions offertes à qui voudra s’en emparer.
1 - Par ailleurs sujet du livre de Pierre Caye, DURER, consacré à "la transformation du système productif"
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