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Capitalisme, une histoire de la Terre

Lucie Sarfaty et Mathieu Vidard
France inter & Les liens qui libèrent, 2026

L'histoire du capitalisme recouvre largement celle de l'économie et la manière on elle domine progressivement les esprits, la politique, et le mode de vie.

Ce livre est la reprise d'une série radiophonique produite par l'émission La terre au carrée sur France Inter. Elle présente les interventions de six universitaires, historiens, philosophes, sociologue, économistes, reformulées en autant de chapitres, à charge pour l'essentiel contre le capitalisme. Un procès où nous aurions aimé trouver un avocat. Les arguments habituellement évoqués pour la défense sont en effet systématiquement retournés. Une pratique courante, sans doute, mais sans contradiction, ce qui en diminue la crédibilité.

Le fil directeur du livre est le lien entre capitalisme et croissance. Une croissance qui utilise tous les moyens pour se perpétuer, jusqu'à susciter la demande quand les besoins essentiels sont satisfaits. Une croissance qui nous conduit au-delà des limites que la planète peut accepter, à différents artifices pour le faire oublier, et finalement dans une impasse. Mais rassurez-vous, il y a une sortie !

Résumons. Au départ, c'est le capital « terre » qui est l'enjeu, avec des défrichements dès le néolithique. » L’histoire du capitalisme ne peut être dissociée de celle des végétaux » avec la circulation des plantes commerciales. Viennent ensuite les énergies fossiles, en substitut, au début, du charbon de bois. Une ressource qui permet de rêver de « dépasser les limites naturelles grâce à la technique,» au prix « d’une intensification du travail, d’une exploitation accrue des milieux et de pollutions massives ». Une « fuite en avant énergétique », qui conduit à un capitalisme industriel décrit par Marx, qui « repose sur une mise au travail généralisée, celle des corps, des sols, des ressources et du vivant ». Mais produire plus ne suffit pas. Il faut aussi des consommateurs que le capitalisme suscite avec le taylorisme et le travail à la chaîne d’Henry Ford, qui invente la consommation de masse. Bien plus tard quand apparaissent les limites de la croissance, le capitalisme évolue en intégrant la biosphère dans le capital. C'est la marchandisation de la nature et des services écosystémiques, puis l’invention de la croissance verte. Sacré capital ! Et enfin la solution avec la décroissance, « récit fondé sur la souveraineté écologique, la justice sociale et la redéfinition démocratique des besoins ». Rien que du bonheur !

Une fresque engagée, vous l’aurez compris, mais aussi un rappel et une analyse qui portent à réfléchir sur la dictature du PIB et la place que l’économie a prise dans nos vies.

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