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Une agriculture post-glyphosate

Nous sommes en plein salon de l'agriculture. Pour leur défense, de nombreux agriculteurs nous disent qu'ils abandonneront le glyphosate sitôt qu'une autre substance, moins nocive, aura été trouvée. En d'autres termes, pas question de changer, on fait comme avant, mais avec juste un produit différent quand il y en aura un. Plus tard. Une position à laquelle beaucoup de gens raisonnables et le gouvernement ne semblent pas insensible. Ce serait une grave erreur, et cela pour deux raisons (et peut-être bien d'autres que vous pourrez ajouter) qui provoquent de fâcheux malentendus. Le nouveau produit serait bien sûr plus cher, il faut financer la recherche et les brevets qui en résultent. L'écologie serait vite assimilée à ce surcoût, elle coûte cher, c'est pour les riches, alors que le glyphosate fait un malheur dans les pays du Sud. Nous savons qu'il est possible de faire une agriculture à la fois productive et régénératrice du milieu, qui ne coûte pas plus cher au particulier comme à la collectivité que celle pratiquée majoritairement aujourd'hui. Deuxième malentendu, il n'y a rien à faire tant que la science n'a pas résolu le problème. Une bonne manière de déresponsabiliser les utilisateurs de glyphosate. Le résultat est le renforcement des vieilles pratiques, nullement remises en cause, alors qu'il faut en explorer de nouvelles. L'attentisme, plutôt que le mouvement. L'agriculture post-glyphosate, et post beaucoup d'autres produits, n'est pas l'ancienne agriculture moins le glyphosate. C'est autre chose, avec de nouvelles méthodes, de nouveaux savoir-faire, que les agriculteurs de demain devront maitriser. Ce genre d'erreur n'est pas réservé à l'agriculture. Une nouvelle construction, bonne à la fois pour ses occupants et pour la planète, n'est pas une ancienne avec un arbre devant, ou un panneau photovoltaïque, ou une ossature bois. C'est une conception différente, une écoute préalable des futurs usagers et du milieu environnant, du soleil et du vent, de la vie sociale et des constructions voisines, du savoir faire des entreprises, etc. Une autre manière de travailler et de prendre en charge le besoin à satisfaire. Elle pourra couter plus cher, mais ce n'est pas une fatalité et l'expérience nous dit même le contraire : une maison mieux implantée, mieux dimensionnée, évolutive et adaptable, édifiée avec des matériaux locaux, est souvent plus économique qu'une construction standard, reproduite sans souci de l'environnement humain et naturel. Les retraites. Ce n'est pas qu'une question de paramètres. C'est surtout une réflexion sur le vieillissement de la population et la place des vieux dans notre société. Itou pour la mobilité. Les circulations douces ou décarbonées, c'est bien, mais c'est la place de la mobilité dans les modes de vie qui sera déterminante. N'attendons donc pas passivement que la technique nous sauve. Elle a sa part à jouer, et elle peut aussi déclencher des mouvements importants dans nos cultures et manières d'être. Mais anticipons, explorons de nouveaux modes de vie, de nouvelles pratiques professionnelles, de nouveaux aménagements de l'espace et du temps, qui nous donnent des satisfactions personnelles tout en réduisant notre pression sur les ressources que la planète nous fournit, notre empreinte écologique.  

Edito du 26 février 2020

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