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La santé, un capital à préserver

Le nombre de victimes du corona virus est infime par rapport à d'autres causes bien connues, comme le grippe ou les accidents de la route, mais son potentiel nous inquiète, à juste titre. Les conséquences sanitaires peuvent être très lourdes, et par suite les conséquences sur notre vie quotidienne, les relations sociales et sur l'économie. Sur ce point, le cout du corona virus s'avère important, il se compte en pourcent de croissance de PIB et il est réévalué régulièrement. Voilà une parfaite mise en lumière, paradoxalement en négatif, de la valeur de la bonne santé. Le coût de la santé, réduit pour l'essentiel aux soins et à l'indemnisation des journées de travail perdues, est souvent en débat. Objectif affiché, diminuer les dépenses de santé, et par suite les prélèvements nécessaires pour les assurer. La prévention prend souvent la forme de réglementations d'hygiène, de qualité des aliments, d'émissions de polluants par les activités ou les transports, de limitation de puissance des radiations, etc. Elle prend aussi la forme d'interdictions, de fumer dans les lieux publics par exemple. L'état de santé d'une population dépend de son environnement, y compris son alimentation, au moins autant que du système de soins. L'origine du virus qui nous inquiète aujourd'hui en est une bonne illustration.
Le coût des politiques de santé est souvent critiqué, mais il est rarement mis en regard de la valeur de la bonne santé. Valeur sociale et humaine, mais aussi valeur économique. On le répète depuis des années, le coût de la pollution de l'air, 100 milliards d'eurios chaque année, est largement sanitaire, idem pour le coût du bruit, 60 milliards, etc. Le défaut d'eau potable, dans certaines régions ou certains pays, provoque des épidémies qui coutent cher, déstabilise des sociétés,  et compromet des efforts de développement. La santé n'a pas qu'un coût, elle a une valeur que nos comptabilités publiques n'intègrent pas. On pourrait en dire autant de l'environnement. Ce n'est pas l'environnement qui coute cher, mais le défaut d'environnement. La pollution, déjà évoquée, la chute de la biodiversité et de la productivité primaire, la dégradation des paysages et du patrimoine, etc. Rappelons que le premier ministre de l'environnement, Robert Poujade, également maire de Dijon, disait que son secteur sauvegardé lui rapportait plus que sa zone industrielle. Un capital environnemental hérité de l'histoire à préserver de toute agression. La bonne santé d'une population est aussi un capital à protéger, si l'on veut pouvoir le valoriser, de même que la qualité de l'environnement. Il faut s'en donner les moyens, financiers mais aussi réglementaires, et en termes d'organisation des pouvoirs publics et de mobilisation de l'opinion. Si le corona virus provoque cette prise de conscience, il n'aura pas fait que des dégâts.

Edito du 4 mars 2020

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