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Immigration : pour un autre discours

La question de l'immigration occupe le devant de la scène. Toujours avec la même approche, la nécessité de maitriser le phénomène, de l'endiguer. Derrière cette position, deux sentiments s'opposent : d'un côté l'idée que l'accueil des immigrés est une bonne action, un acte de solidarité, et de l'autre, la crainte du coût de cet accueil, alors que de nombreux français sont démunis. Générosité versus intérêts bien compris. Aucune voix pour remettre le phénomène en perspective, avec deux considérations incontournables : les migrations actuelles sont annonciatrices de mouvements bien plus importants liés aux dérèglements climatiques ; l'arrivée d'immigrants jeunes peut être une aubaine pour nos économies et nos populations vieillisantes. Nous sommes face à une poussée inéluctable, et refuser l'inéluctable n'a jamais donné de bons résultats. En revanche, l'accepter et s'organiser pour en tirer avantage, peut être une bonne affaire. La générosité et l'intérêt peuvent converger, et non s'opposer comme aujourd'hui. C'est un autre discours qu'il faut tenir, et des deux côtés à la fois. Le discours moral renvoie à l'idée que l'immigration nous oblige à faire des sacrifices. Le discours "réaliste" empêche de se préparer à accueillir des flux de plus en plus importants, et d'en faire une source de progrès économique et social. Le développement durable nous conduit à sortir des contradictions "par le haut". La question de l'immigration est un bon exercice à cet égard, un exercice d'autant plus utile que le phénomène ne peut que s'amplifier. N'allons pas vers l'avenir à reculons.

Edito du 17 janvier 2018

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