
Proches de réussir ?
Célia Poncelin et Léo Primard
Tana Editions, 2026
Un livre à a fois optimiste et désespérant. Dun côté ne incontestable avancée de la cause environnementale dans les esprits, et de l’autre l’échec des écolos, au point que le mot même « écolo » serait devenu un repoussoir. Un constat qui rappelle le titre du livre de Philipe Lamour, « l’écologie, oui, les écologistes, non », paru en 1978 (Plon).
Une victoire culturelle, et une défaite politique, de quoi inquiéter Gramsci qui voyait la première comme le terreau de la seconde. Il y a d’autres phénomènes qui interviennent. Des erreurs stratégiques apparemment qui expliquent pourquoi les écologistes n’ont pas pu transformer l’essai de la victoire culturelle.
Déjà, à la veille des élections municipales de mars 2026, était apparue l’idée qu’il fallait faire de l’écologie sans le dire. Décrire un programme ambitieux pour la nature, le climat, la qualité de vie, mais en évitant soigneusement l’emploi du mot écologie, de peur d’être catalogué a priori. « Ce qui continue à diviser, ce n’est pas l’enjeu mais l’identité politique qu’on lui associe ».
Et pourtant les avancées sont nombreuses et concrètes, notamment celles qui demandent des changements de comportement. Le livre en décrit certaines, sur les accidents de la route, le tabac, la couche d’ozone, le plomb dans l’essence, la fourrure, et d’autres qui ne sont pas abouties mais qui ont marqué la vision des choses, comme les pesticides et l’avion. Serions-nous « proches de réussir ? ». Le vent s’est levé, pour reprendre le titre de mon livre (1), mais la mauvaise presse du mot écolo freine d’adhésion au mouvement.
A défaut d’analyser les raisons de cet échec, les auteurs proposent une autre approche que celle qui a changé les mentalités sans parvenir à concrétiser ce résultat dans les décisions politiques.
Nous retiendrons surtout qu’il faut rassurer, et pour cela montrer que l’on n’est pas seul. Nous sommes des êtres sociaux, sensibles au regard des autres, et nous avons bien du mal à sortir du rang, de peur d’être rejeté et de se retrouver isolé. Les auteurs croient au « pouvoir de l’influence sociale », et nous montrent que les personnes prêtes à changer sont bien plus nombreuses que ce que l’on pense. Elles appartiennent à tous les types de population, jeunes et vieux, hommes et femmes, et toutes les tendances politiques, y compris l’extrême droite. « Envoyer valser les clivages politiques ! », une bonne manière d’élargir l’audience de l’écologie.
Il faut aussi abandonner les approches défensives « ras le bol de la négativité » et de la culpabilité, au profit de narratifs inspirants, autour de la santé ou de l’autonomie, tout en reconnaissant que « l’écologie n’a pas encore d’imaginaire collectif convaincant ».
Ces considérations amènent Célia Poncelin et Léo Primard à nous proposer une démarche pour initier un mouvement, avec des étapes, et quelques « ingrédients pour le passage à l’action ». Pour ôter point d’interrogation au titre du livre.
1 Le vent s’est levé, Editions PC, 2020
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