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La révolution climatique

Nicholas Stern
Frémeaux et associés, 2026


« Plutôt que d’une révolution, je crois à une refonte de l’économie » précise Nicholas Stern dans un interview au média en ligne Reporterre. Il s’agit quand même d’une transformation « sans précédent dans l’histoire économique ». « Le défi consiste à réguler, modifier et façonner une économie de marché capitaliste qui tienne davantage compte de l'environnement, de la résilience et de la cohésion sociale ». Deux mots résument le propos du livre, Opportunité et Impératif. Le changement est incontournable, mais il offre des opportunités formidables. « Nous avons entre les mains un nouveau récit de croissance pour le XXIe siècle. L'urgence exige que nous tracions cette nouvelle voie au cours du 2e quart de ce siècle ».

C’est dans ce récit que nous entraîne Nicholas Stern, auteur, il y a 20 ans, du rapport sur l’économie du changement climatique, et présenté par son éditeur, Patrick Frémeaux, comme « l'un des rares économistes capables de proposer une voie pragmatique, opérante, susceptible d'être entendue par les décideurs ». Le récit commence par un retour sur les dernières années, et sur le chemin qui nous a conduit où nous en sommes, mais il se tourne vite sur l’avenir. Nous avons perdu du temps, mais il n’est pas trop tard pour transformer nos modèles économiques « pour qu’il tienne davantage compte de l’environnement, de la résilience et de la cohésion sociale ». Nicholas Stern croit au marché et au capitalisme ainsi refaçonné, pour « rompre le lien entre l’activité économique et la destruction de l’environnement » et pour « nourrir le récit de croissance du XXIe siècle, bien plus attrayante que les approches de croissance passées, néfastes pour l'environnement ». Il ne croit pas en la décroissance, « il faut faire des choses très différentes, plutôt que simplement en faire un peu moins ».

Il compte largement sur l’investissement privé et « un Etat actif mais non dominant » pour orienter le marché et remédier à ses défaillances, et prendre en charge les infrastructures nécessaires. Il nous décrit son projet à base d’investissements, d’innovations, d’une utilisation efficace des ressources, de changements structurels et systémiques, de créativité et d’amélioration de la santé « pour élever le niveau de revenu réel pour tous ».
Cette transformation est possible, mais elle reste un défi à relever, face à des intérêts économiques qui n’hésitent pas à utiliser des arguments fallacieux pour conserver leurs avantages, par exemple, que les énergies fossiles assurent une sécurité énergétique, et dans un contexte politique où les gouvernants ont le plus grand mal à investir dans la durée. Car c’est là une des conditions du succès. Les investissements doivent être orientés par l’action publique, il faut rassurer les investisseurs pour qu’ils s’engagent, et les politiques doivent s’inscrire dans le temps, ce qui est difficile à obtenir compte-tenu des aléas de la vie démocratique. Il faut un cadre institutionnel favorable pour que les solutions puissent être mises en œuvre, tant dans leurs aspects techniques que sociétaux. Pour Nicholas Stern, « c'est dans les domaines de l'économie, de la politique et de la société que se trouveront les principaux obstacles. Les spécialistes en sciences sociales ont la responsabilité cruciale d'aider à tracer la voie à suivre ». Le GIECo, « GIEC des comportements » se trouve ainsi en première ligne !

« La révolution climatique » est un ouvrage de référence à plusieurs titres. Tout d’abord parce qu’il reprend toute l’histoire du changement climatique, les arguments et les réponses, pour en donner une lecture synthétique. Ensuite par sa détermination à combattre les idées fausses et notamment l’incompatibilité qu’il y aurait entre croissance et protection de l’environnement. Il donne ainsi de la consistance à l’idée d’une autre croissance, très différente de celle que nous avons connue et qui arrive à son terme. « C’est dans l’action climatique que se trouvent les opportunités de croissance », nous dit dans un avant-propos Ngozi Okonjo-Iweala, ex-directrice générale de l’OMC, une autre croissance bien sûr, qu’il nous faut imaginer et mettre en place.

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