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De l'alerte à l'action

Cela fait des années que l'alerte est donnée, et que les lanceurs d'alerte occupent le terrain médiatique sur l'environnement, l'effet de serre, la dégradation de la biodiversité, etc. Ils ont évidemment raison, mais la question n'est plus là. Elle est de donner envie de changer avant qu'il ne soit trop tard, avant que les évènements nous y contraignent. Nous n'y parviendrons pas en répétant inlassablement les alertes, en faisant peur ou en culpabilisant. Le passage à l'action ressortit à d'autres mécanismes, pour donner envie de faire autrement.

Créer des dynamiques de changement, à partir de perspectives attractives, de management des initiatives, de mise en relation d'acteurs porteurs de nouvelles techniques, etc. Des approches disruptives, parfois, pour prendre un mot à la mode, soutenu par l'accompagnement nécessaire pour que personne ne se sente exclu du mouvement. La prédominance massive de l'alerte empêche les tenants de l'action d'acquérir la crédibilité nécessaire pour convaincre les hésitants, toujours très nombreux. Comment faire comprendre que la lutte contre l'effet de serre est porteuse de progrès et de bien être si le discours dominant est centré sur le coût de la transition, voire sur la catastrophe immanente ? Le ressenti qui en résulte, dans le grand public comme chez de nombreux dirigeants, est que le changement coûte cher, alors que de nombreuses études montrent que c'est l'inaction et le "business as usual" qui constituent le principal obstacle à la sortie de crise. Le mot "solution" a fait son apparition dans le vocabulaire climatique à l'occasion de la COP 21, à Paris, mais il a encore bien du mal à s'imposer. Puisse l'année 2018 être celle du changement de discours, et par suite du changement d'attitude face au développement durable. Non plus une obligation morale et un fardeau, mais une opportunité, un facteur de progrès social, et la perspective d'un bien-être partagé. Pour enfin changer de d'époque, se dégager des visions fondées sur la restriction, pour imaginer une nouvelle forme de croissance, compatible avec la finitude de la planète.

 

Edito du 3 janvier 2017

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