L'heure de vérité
Les pollueurs ont la vie dure, et de bons lobbys, en France et en Europe. Le scandale des logiciels truqués pour évaluer la pollution des voitures a mis en évidence, au-delà de la fraude, la carence du système d'homologation, bien loin des conditions de circulation réelle. Le résultat a été d'accélérer une réforme, déjà dans les tuyaux, de la mesure de la consommation et des émissions des modèles de véhicules. La décision vient d'être prise, et les constructeurs d'automobiles ont bien joué. Le niveau de pollution admis est le double de celui qui existait avant le scandale. Certes, ce niveau relevait de la fiction, tant était grand l'écart entre le banc d'essai et la "vraie vie", mais quand même, chapeau les lobys ! et tant pis pour la pollution de l'air, dont le coût se chiffre en dizaine de milliards chaque année, rien qu'en France. Et en France, ce sont les sénateurs qui ont montré leur sensibilité aux arguments de l'industrie chimique et à la pêche industrielle. Dans leur examen du projet de loi sur la biodiversité, ils ont refusé d'interdire les néonicotinoïdes, malgré leurs effets reconnus sur les insectes pollinisateurs, et le chalutage en eau profonde, destructeur des fonds marins. Il y a encore le passage à l'Assemblée Nationale, rien n'est encore perdu, mais ça commence bien mal. Le coût économique de cette frilosité est redoutable, conséquence logique du coût écologique. Les discours sont toujours jolis, mais les décisions sont moins glorieuses.
Edito du 10 février 2016
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