état d'esprit

49-3

Que vient faire cet article constitutionnel dans une réflexion sur le développement durable ? Et bien nous sommes au cœur d’une question de fond, celle de la gouvernance, et de la prise de décision. Le 49-3 mérite bien un éclairage « DD ».

La bonne « gouvernance » est une des clés du développement durable, si l’on en croit les bons auteurs. Une gouvernance qui permet aux décideurs de poser les bonnes questions, et de faire en sorte que la société apporte les bonnes réponses. Celles-ci ne peuvent venir que des acteurs ordinaires de la vie économique et sociale, pour être réellement comprises et mises en pratique. Le rôle des décideurs et des responsables politiques n’est pas d’imposer une règle, mais de la faire émerger en sollicitant les bons interlocuteurs. Tout un art.
Le risque est de ne pas parvenir à ce qu’une règle commune s’impose de soi-même, que les acteurs, aux intérêts divergents, se neutralisent et qu’il n’en sorte rien d’opérationnel. L’écueil de la paralysie, face à celui, opposé, de la gouvernance autoritaire, voire du pouvoir solitaire. Comment échapper à ces deux pièges, la paralysie et l’autoritarisme ?
En ces temps pré électoraux, les propositions se multiplient. Pour certains, tout doit être dit avant les échéances, pour que le débat soit clair et qu’il n’y ait plus ensuite qu’à mettre en œuvre un programme. C’est aussi la fameuse théorie des cent jours, selon laquelle toutes les choses importantes doivent être réalisées en 100 jours, au cours de l’état de grâce des élus. Drôle de conception du rôle des députés. L’essentiel leur échapperait, et ils seraient confinés dans une fonction de chambre d’enregistrement.  Les « députés godillots », puisque l’élection d’un président vaut approbation de toutes ses propositions. Effectivement, dans cette perspective, la diminution du nombre de parlementaires s’impose. Ça ne fera que des « godillots » en moins.
La réduction de nombre de députés est une proposition en vogue, indépendamment de la théorie des 100 jours. Alors qu’il semble nécessaire de rapprocher la population des décideurs politiques, cette proposition semble paradoxale. Certes, donner aux parlementaires les moyens d’exercer leur fonction dans de bonnes conditions est une bonne idée, mais faut-il pour autant réduire le nombre de ces relais entre la vie quotidienne et le pouvoir central ? Nous sommes dans le même esprit que la fusion de communes et des régions. « Plus grand » serait mieux, ce qui signifie l’éloignement du pouvoir, dans des chef lieux plus puissants, au détriment des écarts et de la périphérie, qui se sentent abandonnés. Ce n’est pas le nombre de députés qui en jeu, mais leur manière de travailler, leur lien avec les électeurs, leur capacité d’écoute et de transmission de leur message aux pouvoirs exécutifs. Le fonctionnement des partis politiques est sous-jacent dans leur positionnement, avec la manière de d’accorder des investitures, leur proximité vis-à-vis des différents types de population, leur fonctionnement interne et leur manière de faire remonter les souhaits des uns et des autres. Les partis politiques sont en crise, dit-on, et c’est bien là qu’il faut porter la réflexion.
L’organisation de notre vie politique tourne autour de l’affrontement. Le débat consiste à opposer deux projets, au lieu de rechercher un projet commun, partagé du plus grand nombre. Cette dérive, présentée sous couvert de clarification, conduit à ce qui a été appelé la politique spectacle, avec une « classe politique » éloignée de la vie réelle. Toute idée de consensus est repoussée comme source de compromission. Le simple fait de nommer « opposition » les élus qui n’appartiennent pas à la majorité donne le ton. Une opposition est faite pour s’opposer, et non pour construire, comme si collaborer pour le bien commun était une trahison. Nous vivons sur l’illusion que 51% des électeurs peuvent imposer leur loi à toute la population. Bien sûr, il y a mille moyens de s’opposer, et l’absence de consensus provoque le blocage, ce qui conduit à l’affirmation que la France est allergique à toute réforme. Quand le conflit est érigé en système de gouvernement, ce n’est pas étonnant. Et ce n’est pas la multiplication des referendums qui arrangera les choses : les mesures imposées ne font que créer un malaise, un ressentiment qui se manifeste ensuite, sur les réformes à venir. A l’opposé de cette méthode de gouvernement, le forum, l’agora, la palabre, quelle que soit la référence, nous montrent les vertus du dialogue. Il faut malgré tout envisager le cas où l’accord ne parvient pas à se faire, du moins dans des délais raisonnables. Il faut alors sortir de l’impasse.
Nous voilà donc arrivés au 49-3. Une manière de siffler la fin de la récréation. Plus le dialogue est ouvert, plus la créativité des acteurs est sollicitée, plus il faut de procédure de sortie de crise. Pour nos députés, élus au scrutin majoritaire, au lendemain de l’élection présidentielle, et avec une forte influence des investitures des partis, la règle de fait est l’allégeance au président. Tout est fait pour cela, encore que non écrit. Notre régime reste parlementaire, et non présidentiel. Dans ces conditions, le 49-3 est un instrument destiné à dompter une « majorité » récalcitrante. C’est une sorte de gardien de cette présidentialisation de fait. Paradoxalement, le 49-3 serait bien plus légitime si l’Assemblée représentait la diversité des opinions et des composantes de la société française. Le foisonnement qui en résulterait pourrait conduire à la richesse des initiatives et de la vie politique, qui serait bienvenue, mais aussi au risque de paralysie. C’est dans cette circonstance que le 49-3 serait utile, et sans doute nécessaire. Dans le système verrouillé que nous connaissons, c’est juste une manifestation complémentaire de concentration des pouvoirs. Le malaise provient du fait que le 49-3 s’ajoute à un ensemble de dispositions tendant à donner tout pouvoir à l’exécutif.
Concluons cette note avec une comparaison éclairante : Le frein des voitures est d’autant plus nécessaire qu’elles sont puissantes, pour éviter les sorties de route. Le principe de précaution l’est aussi dans une période d’innovations intenses, pour tenter de maitriser les risques « graves et irréversibles ». Et le 49-3 le serait pour réguler un système parlementaire multicolore, pour bénéficier de la créativité sans souffrir de la paralysie.

Absolu

Dans un monde qui bouge vite, l'absolu offre un refuge et donne des repères. Mais attention à l'illusion qu'il pourrait donner. Le caractère absolu n'est jamais définitif, il faut de défendre et savoir l'adapter.

Il y a des Valeurs Fortes, qui s’imposent aisément à l’esprit comme la Santé, le Patrimoine, la nature. Elles ont souvent suscité des Lois pour les protéger envers et contre tout.

Accident





Il y a des voitures très sures. Quand il y a un accident, ses passagers sont sains et saufs, pourvus qu’ils aient été attachés et ainsi protégés par une carcasse très résistante aux chocs.



Mais il n’y a pas que les passagers, il y a des victimes qui étaient à l’extérieur de la voiture. Et telle voiture très sure pour ses occupants se révèle très brutale pour les autres, comme les piétons. Est-ce la vraie sécurité, ne doit-elle pas être partagée ?

Alternative

Le développement durable nous conduit à abandonner des modes de vie, de production et de consommation hérités du passé. Il faut pour cela trouver des alternatives et en donner envie.

Amorce

Un mot que les pêcheurs connaissent bien, quand il s’agit d’appâter les poissons, pour qu’ils se rapprochent d’eux. L’amorce est le premier acte de la pêche. Prenons-le avec ce double sens, d’appât et de début d’un processus.

Bien que le mot soit à la mode, le développement durable n’est sans doute pas aussi attractif qu’il le mérite.

Amoureux

Il faut des moteurs au développement durable. Il y a besoin de technique et de méthode, mais il faut aussi et surtout jouer sur les sentiments. Comment rendre amoureux du développement durable ?

« On ne tombe pas amoureux d’un taux de Croissance ». Cette phrase de Jacques Delors peut se décliner dans bien des domaines. 

Appel

 

Ce blog est conçu à partir des mots de l’actualité ou de la vie quotidienne. Le 18 juin, un mot s’impose, appel. Comment faire rebondir « Appel » dans l’univers du développement durable ?

Commençons par l’appel du 18 juin. Un appel à ne pas se résigner, à ne pas accepter l’inacceptable.

Apprenti

Le développement durable exige des changements prpofonds, qui ne se font pas en un jour. malgré l'impatience qui nous travaille, il faut prendre le temps de l'apprentissage.

Nous sommes tous des apprentisdu développement durable.

Association

 

Le phénomène associatif est souvent loué, mais les associations sont souvent les premières victimes des disettes budgétaires. Est-ce un bon calcul, pour le bon usage de l’argent public ?

Ce n’est pas parce qu’elle est sans but « lucratif » qu’elle ne produit pas de la valeur.

Atout

 

Réformons, il en restera toujours quelque chose ! L’urgence de la réforme, la réforme pour elle-même, ou pour se rassurer, telle est « l’ardente obligation » du moment. Mais attention à ne pas brader des atouts dans ce grand chambardement.

La recherche d’économies est parfois mauvaise conseillère. Telle économie immédiate pourra se payer cher plus tard et le dicton « ça coûte cher d’être pauvre » est là pour l’illustrer.

Attitude

attitude2 joe wroten 847 unsplashL’avenir dépend largement de l’attitude que chacun adopte à son égard, de sa foi en l’avenir. Il y a des attitudes de repli et des attitudes de conquête. Existe-t-il une attitude durable ?

Construire son avenir n’est pas chose aisée, et peut même faire peur. Et pourtant c’est bien le défi auquel nous sommes confrontés aujourd’hui. L’ancien monde, celui qui ne connaissait pas de limites, est bien mort, et il nous faut imaginer un monde « fini », où la seule ressource sans limites est le génie humain, le talent, la capacité d’apprendre.

Bénéficiaire

 

Dans une société complexe, avec de nombreuses interconnections, le bénéficiaire réel d’un service n’est pas toujours facile à identifier, au-delà des apparences immédiates.
La confusion est fréquente. L’usager d’un service est souvent considéré comme son bénéficiaire.

Bisounours

Décrivez un monde idéal, et vous serez renvoyé aux bisounours par tous les gens sérieux, réalistes, ceux qui savent. Difficile dans ces conditions de proposer des perspectives originales, qui offrent des pistes de sortie de crise.

Les bisounours sont-ils devenus une ligne de défense ? Une ligne Maginot derrière laquelle s’abritent tous les esprits forts, les responsables, ceux qui nous ont, en définitive, entraîné vers les errements d’où nous essayons de sortir. Dès que vous suggérez que l’on pourrait faire converger l’intérêt collectif et celui des acteurs individuels, vous êtes renvoyé au monde des bisounours. Tu es bien gentil, mais c’est dans tes rêves !

Cap

Le développement durable est un changement de cap. Un changement de cap pour l’humanité qui s’était orienté en fonction de l’immensité de la planète. Elle est aujourd’hui petite (1), la boussole d’hier ne fonctionne plus.

Changer de cap est une décision importante. Elle peut inquiéter, si elle ouvre la voie à l’inconnu, mais elle n’est pas pour autant synonyme d’épreuve ni de sacrifice. Le développement durable est un changement de cap, souvent associé à la douleur et à un coût. Ne parle-ton pas fréquemment de coût de l’environnement, du financement de la transition énergétique ? Le changement de cap aurait un coût, difficile à prendre en charge quand la crise est latente, quand la compétition internationale devient de plus en plus sévère.
C’est justement pour ne pas s’exposer à des coûts insurmontables qu’il faut s’engager vers le développement durable. Dans son rapport sur le coût du dérèglement climatique, Nicholas Stern montre qu’à l’échelle de la planète le changement de cap est « rentable ». Mais les décisions sont souvent prises en référence à la « microéconomie », celle de la vie courante et des intérêts immédiats, plutôt qu’à la macroéconomie. Le changement de cap est-il aussi intéressant à l’échelle de la proximité ?
Prenons deux exemples de la vie courante, l’alimentation et la voiture.
Passer au bio coûte plus cher. Les rendements sont moins bons, et il faut plus de travail humain. Ce n’est sans doute pas une fatalité, mais admettons le pour l’instant, puisque c’est l’opinion dominante. Mais le changement de cap ne concerne pas que l’origine des produits, il nous conduit à s’interroger sur notre alimentation, qui doit à la fois satisfaire un besoin et nous procurer du plaisir. Il faut revisiter notre assiette. Nous mangeons souvent trop, et en particulier trop de viande et de produits animaux. Même de qualité médiocre, ces produits coûtent plus cher que les végétaux, légumes et céréales, et le changement de régime, moins carné et plus végétal, contient en soi une source d’économies substantielles. Avec le changement de cap, chaque unité de produit coute plus cher, mais le nouvel équilibre est bien plus économique, les économies sur la viande venant compenser et au-delà les dépenses supplémentaires en légumes. Et on peut se permettre le luxe de ne manger que de la bonne viande, en quantité réduite mais autrement plus gouteuse que celle des élevages industriels.
Les voitures non polluantes coutent plus cher que les modèles classiques, et les exigences environnementales font monter les prix. Admettons, encore une fois, même si ça peut se discuter. A-t-on chacun besoin d’une voiture ? Une voiture particulière ne roule que 5% de son temps, et passe les 95% restant au stationnement. Un vrai gâchis. On doit pouvoir mieux faire. Une voiture quand on en a besoin, et uniquement quand on en a besoin, ce serait beaucoup mieux. Location ou partage, voilà des voies de progrès qui sont à portée de main, et trouvent de plus en plus d’adeptes. Au total, le budget « voiture » pourrait être fortement réduit à condition d’accepter de ne pas en être propriétaire. Le gain serait bien supérieur aux dépenses supplémentaires qu’entrainent des exigences environnementales, d’économies d’énergie et de sécurité.
Voilà donc deux postes lourds dans le budget des ménages qui seraient allégés en cas de changement de cap. Le raisonnement pourrait aisément être étendu à d’autres postes, tels que le logement. Refuser de changer de cap, ou le faire trop lentement, en traînant les pieds, c’est accepter que les exigences environnementales s’imposent malgré tout à un plus haut niveau, et coutent alors beaucoup plus cher. Nous les ressentons déjà pour la plupart, provoquées par des pollutions de toutes natures, dans l’air que nous respirons et les couches atmosphériques qui nous protègent, dans l’eau douce et les océans, dans les sols. D’ores et déjà, le coût de la pollution de l’air extérieur est évalué à 100 milliards d’euros, celui du bruit à une soixantaine de milliards d’euros.
Ajoutons que le changement de cap nous conduit à de nouvelles approches, avec leur part de bénéfices pour la collectivité. La construction de demain sera multifonction. En plus d’être un lieu de vie ou d’activité, le bâtiment du futur sera une centrale d’énergie et un instrument de régulation du régime des eaux, et peut-être bien d’autres choses encore. Le décloisonnement des approches, que le changement de cap provoquera inévitablement, ouvre de nombreuses et heureuses perspectives. Pour en profiter, il faut juste accepter de changer, et c’est ça qui est le plus difficile…

1 - « Nous n’habitons plus la même planète que nos aieux. La leur était immense, la nôtre est petite ». Bertrand de Jouvenel, Arcadie, essai sur le mieux vivre, 1968

Choix

Nous avons toujours le choix, la solution unique n'existe pas. Il reste à savoir comment faire son choix, et le faire en connaisance de cause, pour son plaisir et l'évenir de la planète à la fois.

On entend parfois dire que le développement durable s’impose parce que nous n’avons pas le choix. La planète est à bout de souffle, nous sommes dos au Mur.

Collectif

L’action collective est victime d’un sentiment de perte de confiance dans les institutions. Elle demeure néanmoins bien plus performante que les actions des particuliers. Comment sortir de cette contradiction « par le haut » ?

Au football, le joueur qui joue « perso » est toujours l’objet de critiques : il faut jouer en équipe. Ce n’est pas le réflexe le mieux partagé, et souvent l’idée que tout seul, on décide mieux, on contrôle mieux, est dominant. Le jeu collectif est compliqué, il faut mettre tout le monde d’accord, il y en a qui profitent de la situation, etc. Faisons les choses tout seul, ça ira mieux. Et pourtant, l’action collective est souvent plus judicieuse. En voici quelques illustrations.

Coopération

 

Oxymore pour certains, le développement durable est un défi à relever pour les autres. Pour y parvenir, l'aventure personnelle est insuffisante. Il faut jouer en équipe. La coopération est une des voies du développement durable. 

Les défis se relèvent de plusieurs façons selon leur nature. Pour certains, c’est l’émulation, voire la compétition, qui donne l’énergie nécessaire, et pour d’autres, c’est au contraire la solidarité et la coopération entre acteurs qui le fait.

Créativité

Les défis qu'il nous faut relever pour que notre développement doit durable sont multiples. Ils exigent un sens de l'innovation et une créativité sans précédent. Nos territoires doivent y contribuer.

« En changeant l'organisation de mes bureaux, j'ai changé l'état d'esprit dans mon cabinet ». En décloisonnant les espaces, en permettant ainsi une circulation nouvelle d'information, un nouveau contexte de Travail s’est constitué, et la créativité du groupe s'en est trouvée accrue.

Déconnexion

dconnexionNous sommes de plus en plus connectés, entre êtres humains et avec des objets. Un vrai progrès en apparence, pour notre information et le fonctionnement de nombreux instruments de la vie courante. Mais la connexion permanente pose des problèmes. Le droit à la déconnexion doit être reconnu et respecté.

C’est le paradoxe : le développement durable nous invite à nous connecter au reste du monde, pour prendre la mesure de l’aventure commune de l’humanité et s’y inscrire durablement, au sens plein du terme. D’un autre côté, notre corps a besoin, pour son équilibre et pour notre bien-être, d’une déconnexion et d’un fonctionnement en circuit fermé.
Notre corps a besoin de sommeil, et d’un sommeil de qualité. Chacun a son horloge biologique, variable d’un individu à l’autre, et il faut faire avec.

Démocratie

Les élections sont l’instrument premier de la démocratie.. Elles organisent notre vie publique, et décident les grandes orientations de notre avenir. Comment intègrent-elles le développement durable ?

La question est récurrente. Les élections privilégient les thèmes du moment, les problèmes immédiats, le court terme. Elles exacerbent les clivages et la division de la population concernée, et provoquent des surenchères, les éternelles promesses intenables. Trois caractéristiques, court terme, clivages et surenchères qui ne conduisent guère à ce que l’on appelle la « bonne gouvernance », qui permet de voir loin, de rassembler la population sur un projet partagé et de créer la confiance avec les dirigeants. La démocratie, fondée sur des élections, est-il « durable » ?

Différent

diffrentLa gestion uniforme, indifférenciée, des hommes et des territoires est source de gâchis. Reconnaître les différences et les valoriser, voilà une bonne manière d'aller vers le développement durable.

Le nom signifie une querelle, une contestation, et il s’écrit alors avec un D. Avec un T, pour reprendre la célèbre différence entre les deux policiers des aventures de Tintin, on a l’adjectif Différent, que le dictionnaire définit comme dissemblable, ou encore plusieurs, divers.

Discrimination

Les motifs de discrimination sont nombreux, la loi en a fait la liste. Ils affectent les principes d’égalité et d’harmonie de la société, mais les discriminations ont aussi un impact économique. Nous avons le choix entre la double peine ou le double dividende.

En période difficile, où l’emploi se fait rare, où la concurrence est vive, la tendance au repli sur soi est forte, avec le risque de discrimination. Un mauvais calcul si l’on en croit un rapport de France Stratégie (1). Les discriminations conjuguent un coût sociétal et un coût économique. Tout faux !
Les critères de discrimination sont nombreux. Citons par exemple l’âge, l’origine, le sexe, l’état de santé, le handicap, etc. Le code du travail, pour son domaine, les a répertoriés dans ses articles L1132 et suivants. Mais les discriminations ne touchent pas que le travail, on les retrouve à l’école, les services publics, le logement, etc. La tentation du clone est bien connue, tous pareils, c’est tellement plus simple ! L’exclusion qui en résulte est éthiquement insupportable, elle est un obstacle à la cohésion sociale tant recherchée. Elle est injuste, mal ressentie, même si elle est souvent intériorisée par ses victimes. Et elle coûte cher.
Les experts de France Stratégie se sont pourtant limités aux sphères du travail et de l’école, et à quatre critères : le sexe, l’origine géographique des parents (ou le fait d’être natif d’un département d’outre-mer), le lieu de résidence et le handicap. Ils n’ont donc couvert qu’une partie des inégalités de traitement en cours dans notre pays. Le résultat de leurs analyses n’en est pas moins impressionnant : « Au final, la réduction des écarts de taux d’emploi et d’accès aux postes élevés entre population de référence et populations discriminées permettrait un gain de près de 7 % du PIB (soit environ 150 milliards d’euros sur la base du PIB français de 2015) ». Curieusement, ce chiffre de 7% renvoie au prix payé pour le défaut de parité Femme/Homme : « Une entreprise qui ne recruterait aujourd’hui que des hommes parmi le vivier des 10 % de salariés les mieux rémunérés aurait une productivité inférieure à 7 % par rapport à une entreprise qui embaucherait à parité femmes et hommes ». Une observation qui est confirmée par ailleurs quand on s’intéresse aux conseils d’administration des entreprises : plus il y a de femmes, plus il y a de résultats.
La vertu et l’intérêt sont donc compatibles, une bonne nouvelle, mais une nouvelle qui rencontre souvent une incrédulité. C’est comme le constat que l’immigration est favorable à la croissance économique, rejeté par beaucoup malgré la convergence des analyses sur le sujet. Le ressenti l’emporte sur la réalité, ce qui conduit alors à des comportements contraires aux objectifs poursuivis. Faites vous-même votre malheur, une sorte de malédiction trop souvent à l’œuvre.
Les raisons de cette affinité de la lutte contre les discriminations et de la croissance économique sont multiples. Elles tournent autour des apports de la diversité.  Il y a bien sûr l’enrichissement du vivier des talents. C’est le premier bénéfice de l’ouverture face à l’exclusion que produit la discrimination. Le deuxième est le surcroît de créativité provoqué par la diversité dans les équipes. Faut-il encore qu’elle puisse s’exprimer, et que la lutte contre les discriminations se traduise par une ouverture dans le management au quotidien.  L’image de l’entreprise, en interne et en externe, est le troisième bénéficiaire de la diversité, entrainant le moral des troupes, facteur de productivité bien identifié. Ajoutons la proximité avec les clients, eux-mêmes divers, et vous aurez un aperçu des raisons pour lesquelles la diversité est un atout pour les entreprises.
Le microéconomique, celle des acteurs, rejoint donc le macroéconomique, celle de la collectivité. Le double dividende prend forme. Le développement durable repose sur ce pari du gagnant-gagnant, alors qu’il est si souvent présenté sous l’angle de la rigueur, voire de la décroissance. L’exemple des discriminations est significatif, l’équité et l’intérêt ne sont pas incompatibles, ils sont même alliés et peuvent produire des synergies inédites. C’est comme le bonheur au travail, se faire plaisir en travaillant est un facteur de productivité. Les entreprises se dotent progressivement de responsables du bonheur (chief happyness managers) et de responsables de la diversité. Ce n’est pas par philanthropie, mais ça y concoure.
Probablement un fond de morale, le plaisir et l’efficacité semble ennemis, comme la vertu et la performance. Des oppositions qui trouvent sans doute des justifications dans l’histoire, mais dont il convient de s’affranchir.


1 - Le coût économique des discriminations, France Stratégie, septembre 2016

Diversité

La mondialisation laisse parfois penser que la diversité et le « sur mesure » sont à classer au rayon « nostalgie ». Ce sont au contraire des valeurs de progrès et de dynamisme économique et sociétal.

Quel est le meilleur atout d’un pays qui produit 400 fromages différents ? La diversité.

Engagement

 

Le développement durable ne tombe pas du ciel. Il se construit tous les jours grâce à l’engagement des citoyens et de nombreux professionnels.

Les voies du progrès sont parfois déroutantes, comme l’a montré, par exemple, l’action des voleurs de cuivre sur l’éclairage des autoroutes urbaines.

Etape

tapeLes grandes ambitions, et il en faut assurément pour le développement durable, ne se réalisent pas en un jour. Il faut une stratégie et des étapes.

Le Tour de France vient immédiatement à l’esprit. Une épreuve cycliste, qui pourrait être le point de départ d’une chronique, mais je ne souhaite pas associer le vélo exclusivement à la compétition, alors que c’est avant tout un moyen de transport de base, simple, non bruyant, non polluant, bon pour la santé, et économique. Arrêtons là l’éloge de la petite reine.

Europe

L'Europe est souvent considérée comme dépassée par les évènements. Elle est vieille, divisée, trop lourde. Et pourtant, elle a tout ce qu'il faut pour entraîner le monde sur la voie du développepment durable.

Un mot qui s'impose, au lendemain de la nomination d'un président pour l'Union européenne et d'un ministre commun des affaires étrangères.

Fuite

Il ne s'agit pas ici de fuite d’eau. Nous allons parler de fuite en avant. Un grand clasique de "non durabilité". Dangereux, mais souvent bien tentant !

Nous le savons, le développement durable est une approche « Système », une manière d’appréhender les choses de la vie dans toute leur réalité, c'est-à-dire dans leur complexité, avec de nombreux éléments qui interagissent les uns sur Les autres, et beaucoup d’acteurs, avec leurs états d’esprit, leurs intérêts, leurs échéances, spécifiques. Le développement durable nous propose de cheminer dans cet Univers, et en premier lieu d’apprendre à le faire.

Immatériel

Le « découplage » entre la production et les prélèvements de ressources n’est possible que par la montée en puissance de l’immatériel.

Le développement durable ? Je ne le vois pas dans le bilan !
Une phrase que bien des responsables DD ont entendue, de la part de dirigeants à courte vue, ou qui faisaient semblant de ne rien voir.

Institutions

Le développement durable et le renouveau de la croissance, sur des bases profondément remaniées, passent par l’innovation. Mais celle-ci bouscule les esprits et les équilibres économiques et sociaux. Les institutions sont-elles malgré tout prêtes à soutenir l’innovation ?

Le processus d’innovation est comme la nature, exubérant et sélectif. Darwin est aussi présent dans ce champ.

Main

Les joueurs de bridge le savent : il faut savoir passer la main à l’adversaire. Tout un art, qui se décline aussi non pas avec des adversaires mais des partenaires. On parle alors de se donner la main. Indispensable pour explorer les futurs, pour aller vers le développement durable.

Marché

Alpha et oméga pour les uns, gros mot pour les autres, le marché est au cœur de débats sans fin, notamment en ce qui concerne l’emploi, dont une part est « hors marché ». Est-ce durable ?

Il y a de nombreux marchés, comme celui où vous allez faire vos courses, et tous ceux spécialisés sur un thème, comme les matières premières ou l’emploi. C’est ce dernier aspect que ce billet veut aborder.

Mode

Mode et Développement durable, deux termes souvent antagonistes. Une alliance est-elle impossible ?

Voilà un concept qui pousse à la Consommation. Il faut être à la mode, et pour cela jeter des vêtements encore en très bon état. Ce renouvellement accéléré des garde-robes n’est pas très durable, sauf si ce n’est qu’une manière de démarrer la vie d’un habit, qui va, après une époque flamboyante où il est à la mode, passer sur d’autres épaules et alimenter une filière de récupération.

Mondialisation

 

Il est de bon ton de taper sur la mondialisation. C’est elle la grande coupable des délocalisations, et de l’exploitation des peuples ! La mondialisation est-elle l’adversaire obligé du développement durable ?

La mondialisation a bon dos. Tout est de sa faute ! Les citoyens du monde ne doivent plus savoir comment s’affirmer. Certains d’entre eux se déclaraient d’ailleurs antimondialistes, et ils cherchent à sortir de la contradiction en adoptant un autre terme, altermondialiste, un autre monde est possible.

Notation

Les notes de toutes nature semblent nous envahir. Il en résulte un sentiment d'exaspération, et souvent de révolte, devant le caractère rigide, voire arbitraire de ces notes. Et pourtant, si elles se développent, c'est qu'elles répondent à un besoin.

C’est comme les labels et les diplômes, il est de bon ton de s’en moquer, de les critiquer. Avec raison, souvent, quand on en fait un usage abusif, mais  avouons que c’est souvent une bonne manière d’échapper, ou de tenter d’échapper, à toute forme d’évaluation. Et pourtant, il faut bien savoir si l’on progresse, si l’on n’oublie rien, si les choix que l’on a fait, et la manière de les concrétiser s’avèrent ou non efficaces.

Pacifisme

« La guerre exerce une action intrinsèquement destructrice sur le développement durable » affirme le principe 24 de la déclaration de Rio.
Nous sommes tous, ou presque, des pacifistes. Au sens plein du terme, c’est à dire que nous voulons préserver la paix, nous n’aimons pas la guerre, et nous ne considérons plus que c’est un mode normal de règlement des conflits, et encore moins d’expansion.

Paresse

cette note s'inscrit dans une série, courte de 7 péchés, consacrée aux péchés capitaux. Les péchés capitaux, et notamment la paressse, sont-ils solubles dans le développement durable ?

La paresse m’aurai conduit à ne pas rédiger cette note, mais le thème vaut bien un effort ! Comme pour les autres péchés capitaux, il y a un bon et un mauvais usage  de la paresse, à l’aune du développement durable.

Patron

Le mot Patron a été mis en exergue ces derniers jours à cause des salaires de certains d’entre eux, et de leurs primes. Il est vrai que le côté mirobolant, hors échelle commune, de ces rémunérations laisse perplexe : que peut-on faire de tout cet argent ? On comprendrait qu’il soit mis au service de l’entreprise, de son développement, de son avenir, une rémunération collective, en quelque sorte, de l’entreprise dans toutes ses composantes.

Problème

problemeUn problème mal posé trouvera difficilement sa solution. Une erreur fréquente est de se tromper de cadre pour aborder la question. Un cadre trop étroit confine aux solutions déjà explorées, alors qu’à l’inverse il faudrait s’en affranchir, pour innover.

La recherche de solutions innovantes dépend souvent du cadre où l’on examine le problème. C’est l’étroitesse de ce cadre qui freine la créativité, l’empêche de s’exprimer, et en enferme les acteurs dans un carcan stérile. Le développement durable nous conduit souvent à reposer la question à traiter, en cherchant le bon cadre pour comprendre ce qui se passe et comment trouver les voies de progrès. En ces périodes de réformes tous azimuts, le choix du cadre de réflexion est déterminant.

Progrès

progresLe développement durable est une recherche de progrès, mais ne nous trompons pas sur la nature du progrès ne nous trompons pas de futur.

Pas de développement durable sans progrès. C’est une Evidence : faire vivre au milieu de ce siècle neuf milliards d’humains, dignement et sans faire exploser la planète, ne se fera pas sans améliorer fortement notre efficacité d’ensemble.

Quatrième

quatriemeLe débat sur les retraites oppose trop souvent les actifs et les inactifs. Cette division apparait aujourd'hui bien artificielle, voire abusive. Un nouvel âge, intermédiare, est né, et demande à être reconnu.

Revenu

La question du revenu universel a été liée à tort à la raréfaction du travail. Elle prend un sens bien différent si elle est associée à des objectifs de nature du travail, et de qualité de vie au travail. La valeur travail comme motivation principale, au lieu de la recherche d’un pouvoir d’achat.

L’élection présidentielle a été l’occasion de lancer le débat sur le revenu universel. Revenons sur ce concept, libérés de la tension de l’évènement, en toute sérénité.
Le revenu universel a été évoqué en réponse à un phénomène précis, la raréfaction du travail. Encore une fois, c’est la manière de poser le problème qui est à la source de tous les malentendus, et empêche de progresser dans la réflexion.

Saucisson

Ce n'est pas la charcuterie qui sera au coeur de cette chronique, mais notre propension à découper  "en rondelles de saucisson" les phénomènes et les problèmes. L'esprit cartésien poussé au bout peut aveugler, au lieu d'éclairer.

Dans le cochon, tout est bon
. Cette maxime illustre bien un des volets du développement durable, la recherche de la valorisation maximum d’une ressource, avec en perspective le zéro déchets.

Sénior

La manière de poser une question décide souvent de la réponse. Et il arrive que l'on ait la réponse en tête avant d'avoir bien analysé le problème, tant les réponses semblent évidentes. C'est comme ça que l'on s'engouffre dans des impasses. L'affaire des retraites en est une bonne illustration.

Trois ministres s’émeuvent, dans les colonnes du Monde(1), du faible taux d’emploi des séniors dans les entreprises en France, alors que l’espérance de vie s’allonge.

Talent

Le talent, voici une ressource qui ne s'use que si l'on ne s'en sert pas. Un concept bien intéressant, dans une société où l'on cherche une forme de croissance qui ne compromet pas le futur.

Nous approchons de la fin 2008, l’année où l’on a célébré le 40e anniversaire de mai 68. Une bonne occasion de remettre cet évènement marquant en perspectrive avec le développement durable.

Trou

 

L’expression populaire « on est au fond du trou, et on creuse encore » montre la difficulté de changer de mentalité, même si celle-ci montre des signes évidents de faiblesse. Comment sortir du trou durablement ?

Il semble que celui de la couche d’ozone soit stabilisé, et qu’un espoir soit permis de ce côté-là. Réjouissons-nous, mais d’autres trous nous préoccupent, dans l’esprit « nous sommes au fond du trou, et nous creusons encore ».

Usage

Pour vivre mieux en prélevant moins de ressources, il faut remettre l'usage au coeur de la consommation, du logement, de la mobilité, de tous les actes de la vie quotidienne.

Deux approches distinctes peuvent inspirer ce mot. Tout d’abord, la valeur d’usage.