économie

Ancien

L’ancien mérite le respect bien évidemment, mais l'ancien est souvent conservateur, voire passéiste. Un mot à double sens qu'il faut savoir démêler pour bénéficier des bienfaits de l'ancien sans s’y faire piéger.

Plusieurs approches pour ce mot. Nous en prendrons deux.

Bourse

Les crises boursières sont révélatrices de difficultés de fond, au-delà du phénomène spéculatif. Mais les réponses exigent autre chose que les vieilles solutions, il faut trouver un autre mode de développement.

Quelle curieuse coïncidence ! C’est au moment précis où la bourse s’effondrait un peu partout dans le monde et tout particulièrement en Europe que Jacques Attali remettait son rapport pour stimuler la croissance, et que la commission européenne propose une politique volontariste pour lutter contre l’effet de serre.

Business

On oppose souvent économie et développement durable. Au mieux, on parle de les réconcilier, comme s’ils étaient naturellement des ennemis. Ce n’est pas le cas. Le DD peut s’avérer bon pour le business.
Le sentiment le plus répandu sur le développement durable est qu’il coûte cher. On parle de financement de la transition énergétique, du fardeau à se répartir pour la lutte contre l’effet de serre, etc. Il faut sans doute y voir l’influence du côté moral du développement durable, du devoir vis-à-vis des générations futures. Il faut faire des sacrifices pour sauver la planète, il faut souffrir pour une forme de rédemption.
Ce sentiment est trompeur.

Business plan

Pobusinessplanur une entreprise, on appelle ça le business plan, le projet d'entreprise en bon français. Aujourd'hui, ce n'est pas chaque entreprise qui doit en changer pour s'adapter aux nouvelles exigences, mais la société toute entière.

En ces périodes difficiles, permettez-moi pour une fois d’être manichéen et d’opposer deux attitudes contrastées.

Choix

Nous avons toujours le choix, la solution unique n'existe pas. Il reste à savoir comment faire son choix, et le faire en connaisance de cause, pour son plaisir et l'évenir de la planète à la fois.

On entend parfois dire que le développement durable s’impose parce que nous n’avons pas le choix. La planète est à bout de souffle, nous sommes dos au Mur.

Chômage

Le chômage est une calamité aux conséquences multiples, pour les individus comme pour la collectivité. Il va bien au-delà du non travail, et coûte bien plus cher.

Compteur

Pour piloter finement l'économie, dans une perpective de développement durable, c'est à dire visant un maximum d'efficacité pour les ressources, rien ne vaut un bon réseau de compteurs. Ne serait-ce que pour comprendre comment ça marche.

Un mot important, car il y a derrière l’idée de la mesure de ses consommations, et si l’on veut parvenir à les maîtriser sans se serrer la ceinture, il va falloir comprendre précisément en quoi elles consistent, et comment elles se constituent.

Contraignant

 Les accords sur le climat doivent-ils être "contraigants". C'est le mot à la mode, car beaucoup pensent que "hors de la contrainte, point de salut". Et si ce n'était qu'un leure ?

Voilà un mot clé dans le débat sur la lutte contre le réchauffement climatique.

Coût

La perspective de la mise en application des nouvelles réglementations thermiques sur les bâtiments relance la polémique sur le coût du développement durable. Tant mieux, cela donne l’occasion de revenir sur une idée reçue.
Pour les accusateurs, qui se proclament souvent gardiens des intérêts économiques face aux dépenses somptuaires, le développement durable coûte cher, c’est un luxe que l’on ne peut plus se permettre en période de crise, c’est un frein à la croissance.

Economies

A défaut d'austérité, l'air du temps est aux économies. Bonne nouvelle si cette recherche d'économies ouvre la réflexion sur le modèle de croissance ; mauvaise nouvelle si elle s'applique aveuglément sans remise en question des options qui ont conduit aux problèmes d'aujourd'hui.

Il y a des économies qui rapportent, il y en a qui coûtent cher. Il y en a aussi qui sont des tours de passe-passe, qui ne servent qu’à transférer une charge, et non à l’alléger.

Immigration

immigrationLa stabilisation de la population mondiale et les situations respectives des pays du Nord et du Sud provoquent de vastes mouvements de population. Comment en assurer la "durabilité" ?

Sujet sensible, en débat aujourd’hui, que le développement durable doit éclairer. Il faut encore une fois se placer dans une optique Gagnant-gagnant, ce qui sera d’autant plus difficile que les « parties prenantes » sont à la fois des pays et des individus, dont les intérêts ne se présentent pas de la même manière.

Inégalité

Fièrement étalé aux frontons des bâtiments de la République, l’égalité est objet de débats, dans une société où la compétition est devenue la règle. Pourtant, la montée des inégalités freine la croissance économique. Comment conjuguer égalité et développement durable ?

Le double dividende est une des manières de rechercher la « durabilité ». Gagner deux fois, pour tout de suite et pour plus tard, ou sur deux plans complémentaires, alors qu’ils apparaissent a priori incompatibles.

Jour

L’empreinte écologique et le bilan carbone sont des indicateurs de l’état de la planète ou du climat. Voici le jour de la dépendance, pour nous traduire l’état des océans et des ressources marines.

Maintenance

Vous avez décidé d’engager une politique active de développement durable. Mais par où commencer ? Par la maintenance, bien sûr.

L’accident du métro de Mexico, dont un pont s’est effondré le 4 mai dernier rappelle celui du pont Morandi à Gênes en août 2018, et les multiples alertes sur nos ponts, anciens et mal entretenus. Il faudrait leur ajouter les accidents consécutifs au mauvais entretien des voies ferrées, comme celui de Brétigny sur Orge, en juillet 2013. Ces évènements fâcheux nous rappellent l’importance de la maintenance des grands équipements, fièrement inaugurés et souvent abandonnés à leur sort par la suite. Les récentes orientations de la politique ferroviaire tentent fort heureusement de rééquilibrer les investissements entre remise à niveau des réseaux existants et nouvelles lignes, il était temps.

Moyenne

En ces périodes de grands programmes électoraux, les chiffres circulent abondamment. Les moyennes sont souvent citées, mais quelle confiance faut-il leur accorder ?

Voilà un indicateur commode : la moyenne. Elle nous dit si un élève est passable, et même bon ou très bon s’il dépasse largement la moyenne. Elle nous donne une température moyenne pour un hiver, très important pour évaluer les consommations en chauffage. Elle nous informe de la progression de l’ensemble de la société, en termes de pouvoir d’achat, de santé, de durée de vie, de niveau scolaire, et de bien d’autres paramètres encore. Elle permet des comparaisons, dans le temps et l’espace. Merci la moyenne.

Partage

Accéder aux bienfaits de la richesse plutôt qu’en rechercher la possession : une piste à suivre en ces temps de difficultés économiques. Une forme moderne de partage.

La crise financière est à l’ordre du Jour. Le PIB français est morose et le restera quelque Temps. Dans la foulée, le niveau de vie d’érode, le chômage s’accroît. Il y a déjà belle lurette que l’Opinion publique a perdu la foi en un Progrès indéfini.

Payeur

Nous sommes fiers du principe « pollueur payeur », inscrit dans notre constitution. A juste titre, car ce principe présente deux qualités : être une source de moyens financiers pour traiter convenablement les dommages et faire de la prévention, et influencer le comportement des responsables des pollutions.
C’est comme la santé. Les dépenses inquiètent les décideurs, avec les déficits qu’elles entraînent. Rares sont les déclarations sur les vertus d’une population en bonne santé et sur les bienfaits d’un système de santé performant. Le coût est mis en avant, jamais la valeur du service.

L’environnement est traité de la même manière. « Combien ça coute ? » semble être la seule question. Alors que ce ne sont pas les actions en faveur de l’environnement qui coûtent, ce sont celles qui ne sont pas faites. L’inaction coute bien plus cher que l’action. Imaginez un instant que soit décidé l’abandon de la taxe sur les ordures ménagères, et la politique qui va avec. Les grèves des éboueurs vous donnent des images de ce que cela pourrait donner, et il faudrait y ajouter bien d’autres phénomènes, pollution des eaux, problèmes d’hygiène, épidémies, etc. Dans un autre ordre d’idées, la dégradation de sites peut entraîner une baisse de fréquentation, ce qui couterait plus cher que leur entretien. N’oublions pas que le premier ministre de l’environnement, Robert Poujade, par ailleurs maire de Dijon, disait que son secteur sauvegardé rapportait plus à sa ville que sa zone d’activités.
Il faut bien sûr être rigoureux dans les choix techniques et les modalités d’intervention, mais soyons clair : l’environnement ne coûte pas cher, face à son contraire, le non-environnement. Dans son rapport sur la pollution de l’air, la sénatrice Leila Aïchi indique que les mesures de réduction de la pollution couteraient 6,4 milliards d’euros par an, pour des bénéfices sanitaires de l’ordre de 17,7 milliards, soit un gain annuel de plus de 11 milliards d’euros par an. Un investissement hautement rentable : plus de 175% par an ! Et aussi une somme à gagner non négligeable : Plus de deux fois le montant du déficit commercial de la France, pour fixer les idées.
Le problème est que ce n’est pas toujours le pollueur qui paye, contrairement à ce que le principe, pourtant constitutionnel, annonce. Ceux qui bénéficieraient d’un air plus sain, pour une valeur de 17,7 milliards, ne sont pas ceux qui payeraient les 6,4 milliards. Le « modèle économique » ne fonctionne pas. Le coût de la pollution est diffus, et les gains éventuels le sont aussi. Partagés entre une multitude d’acteurs, à titre personnel ou professionnel. Les payeurs hurlent au hold-up fiscal à chaque fois qu’un prélèvement est envisagé, sur les carburants par exemple. C’est ainsi que les chiffres impressionnants sont atteints : la pollution de l’air en France coûte plus de 100 milliards d’euros chaque année, auxquels il faudrait ajouter 20 autres milliards au titre de la pollution de l’air intérieur, celui que vous respirez chez vous ou au bureau.
La pollution de l’air a fait l’objet de nombreuses études économiques, dont la sénatrice s’est inspirée pour écrire un document validé à l’unanimité par la commission d’enquête. Il existe bien d’autres domaines où les coûts sont moins bien connus, comme ceux de la dégradation d’un paysage. Il y a souvent des effets d’accumulation sans que les effets ne se fassent sentir, si bien qu’il est difficile ensuite de revenir en arrière : les acteurs économiques ont trouvé leur équilibre sans payer leur « prélèvement » sur la qualité de l’environnement, et ils ne veulent pas que ça change !
La question du bruit, première nuisance ressentie par les Français, vient d’être explorée par le cabinet EY, à la demande du Conseil National du Bruit et de l’ADEME. Malgré la prudence des rapporteurs, qui ont systématiquement retenu des hypothèses basses chaque fois qu’il y avait un doute, le chiffre de 57 milliards est avancé. Des couts auditifs, surdité et pertes d’acuité auditive, mais aussi d’autres formes de couts sanitaires, maladies cardio-vasculaires en particulier, et de nombreux couts sociaux, baisse de productivité au travail et à l’école, dégradation de relations sociales, dépréciation de biens immobiliers, etc. Le bruit coute plus cher que le tabac, mais le prix est en bonne partie supporté directement par les victimes. En dehors du cas particulier des aéroports, ce sont les seules victimes qui paient. C’est le royaume du « pollué-payeur ».
Vous le voyez, les sommes en jeu dans les affaires d’environnement sont considérables. L’unité de compte est la dizaine de milliards d’euros. Nous sommes dans les mêmes ordres de grandeur que le coût social des accidents de la route, des méfaits du tabac, et aussi du déficit budgétaire de la France, autour de 70 milliards. En matière diffuse, les dépenses de prévention sont souvent prises sur le budget de l’Etat (y compris la sécurité sociale) ou des collectivités locales. Quand il faut faire des économies, la tentation est forte de reporter la charge sur les pollués, qui ne constituent pas une force sociale organisée, et acceptent, bon an mal an, de payer la facture, une facture discrète mais lourde. Mais c’est la situation économique et sociale de la maison France qui se dégrade. Le déficit de la sécurité sociale en est aggravé, la « cohésion sociale » affectée, la performance des salariés au travail diminuée, l’attractivité du pays dépréciée, l’avenir hypothéqué. Le coût de l’inaction, pour reprendre le sous-titre du rapport sénatorial, est en partie masqué, mais il est élevé. Est-ce durable ?

Rien faire

Qu'il est doux de ne rien faire... surtout si on cherche à faire des économies. Les dépenses pour l'environnement sont souvent montrées du doigt, en période de crise. La tentation de l'inaction dans ces domaines est forte. Ce serait un bien mauvais calcul.

Comme en matière de santé, il est d'usage de s'inquiéter des dépenses pour l'Environnement. N'est-ce pas du luxe, de l'argent improductif qui serait mieux utilisé ailleurs ?

Travail

travailNous sommes au royaume des contradictions. Comment réhabiliter la valeur travail, quand celle-ci pèse de moins en moins sur la valeur globale de la production ? Comment concilier l'aspiration à travailler moins, qui s'est manifestée avec force au cours du dernier siècle grâce à l'efficacité des machines, et le respect que nous devons au travail humain  ?

Valeur

Dans nos sociétés, la valeur est souvent mesurée à travers les échanges, mais c'est faire peu de cas des nombreuses autres valeurs créées hors marché. Les négliger fausse les analyses économiques.

Très concrètement, il peut s’agir de valeurs boursières, avec les aléas qui les caractérisent. On pourra leur préférer les valeurs Morales, références pour une société, qui sont au contraire très stables. Un mot aux résonnances multiples et contradictoires, que nous aborderons ici sous l’angle des utilités, des Richesses créées au Profit de la société.