discours

Bidon


Terme souvent galvaudé, et mis à toutes les sauces, le développement durable perd parfois sa crédibilité. De là à trouver le concept "Bidon", il n'y a qqu'un pas vite franchi par certains...


Nous ne prendrons pas ce mot au sens littéral, celui d’un bidon de lait par exemple, mais au sens familier, où l’on considère une déclaration ou une décision comme « bidon », autrement dit « du pipo ! »

Car le développement durable, rapporté à la prose de Monsieur Jourdain, est parfois présenté comme un simple discours, sans intérêt sur le fond.

Fardeau

 

Comment se répartir le fardeau ? Cette expression est souvent reprise dans les affaires internationales, qu’il s’agisse de migrations ou de changement climatique. Une manière de poser le problème, mais est-ce une manière durable ?

Voilà un mot qui devrait être exclu de l’univers écologique. Un mot qui pointe d’emblée la charge et soulève des obstacles. Le contraire de ce qu’il faut attendre pour lancer une dynamique. Et pourtant, il fait partie du vocabulaire officiel des négociations sur le climat, et il est maintes fois repris par les ONG. Faites vous-même votre malheur, pourrait-on dire.

Intègrité

 

L’intégrisme est le mot du moment, à l’heure des excès dont il est à l’origine, de même que l’intégrité, au sens de la lutte contre toutes les formes de corruption. Deux mots qui comportent même racine, intègre. Comment conjuguer Intègre et développement durable ?
Intègre. Un mot qui se cuisine comme la langue d’Esope : le meilleur et le pire.

Loi

Chacun reproche à la loi de jouer contre son camp. Tantôt la  loi est l'alliée des conservatismes de tous poils, et empêche le progrès, tantôt elle est l'instrument déstabilisation de l'ordre établi. Qu'est-ce que cela donne, pour le développement durable ?

Moyenne

En ces périodes de grands programmes électoraux, les chiffres circulent abondamment. Les moyennes sont souvent citées, mais quelle confiance faut-il leur accorder ?

Voilà un indicateur commode : la moyenne. Elle nous dit si un élève est passable, et même bon ou très bon s’il dépasse largement la moyenne. Elle nous donne une température moyenne pour un hiver, très important pour évaluer les consommations en chauffage. Elle nous informe de la progression de l’ensemble de la société, en termes de pouvoir d’achat, de santé, de durée de vie, de niveau scolaire, et de bien d’autres paramètres encore. Elle permet des comparaisons, dans le temps et l’espace. Merci la moyenne.

Problème

problemeUn problème mal posé trouvera difficilement sa solution. Une erreur fréquente est de se tromper de cadre pour aborder la question. Un cadre trop étroit confine aux solutions déjà explorées, alors qu’à l’inverse il faudrait s’en affranchir, pour innover.

La recherche de solutions innovantes dépend souvent du cadre où l’on examine le problème. C’est l’étroitesse de ce cadre qui freine la créativité, l’empêche de s’exprimer, et en enferme les acteurs dans un carcan stérile. Le développement durable nous conduit souvent à reposer la question à traiter, en cherchant le bon cadre pour comprendre ce qui se passe et comment trouver les voies de progrès. En ces périodes de réformes tous azimuts, le choix du cadre de réflexion est déterminant.

Rêve

Pour séduire le consommateur, le rêve est souvent sollicité. Nous avons besoin du rêve, mais il vaut mieux l'activer sur l'avenir que sur le passsé. 

scepticismeL’industrie automobile y a souvent recours, avec force publicité et les nombreuses compétitions qui stimulent les imaginaires. La logique de développement de cette activité est bien sûr la réponse à un besoin de mobilité, mais aussi l’accroissement dudit besoin. Les villes ont été adaptées à l’automobile, et non l’inverse. Dans un pays neuf, comme l’Amérique, cela peut se comprendre, c’est plus contestable pour les vieux continents, aux villes anciennes, structurée pour d’autres modes de vie.

Terminologie

Un mot qui n’est pas d’usage courant, mais un mot qui s’impose pour un « dictionnaire ». Le développement durable a son propre vocabulaire, ses expressions, ses termes, et ce langage fait l’objet d’une animation continue de la part des pouvoirs publics.

Affiner le vocabulaire du développement durable relève d’une contradiction, dont il faut « sortir par le haut ».
D’une part, compte-tenu de la complexité qui fait la nature même du développement durable, il y a un besoin d’un vocabulaire précis pour permettre des approfondissements, et conceptuel pour englober la diversité des situations. Ce qui signifie un langage pointu, codé, pour les spécialistes qui le manieront avec plaisir et compétence.

Transformation

Au sens du rugby. Un premier succès, l’essai, n’est pas complet sans transformation. Le développement durable a marqué un essai, en sensibilisant aux dangers d’une fuite en avant, mais il peine à le transformer, à mobiliser pour le changement.

Le développement durable a été mal « vendu ». Le premier acte a connu un réel succès, l’alerte face à la dégradation de l’environnement, victime du « progrès ». Un tel succès qu’il occupe encore tout l’espace et empêche le second acte de commencer, celui d’une réaction à l’alerte, de la recherche d’un autre « progrès », d’un développement « durable ».