changement

14 juillet

14juilletQuel meilleur symbole du changement vers un monde nouveau que le 14 juillet ? Comment sortir de l’ancien régime, issu de la révolution industrielle et des trente glorieuses…

La prise de la Bastille reste le symbole de la révolution française. Un moment fort, qui marque la fin d’une époque. La société sort de l’immobilisme où l’avait enfermé l’ancien régime, et part sur de nouvelles bases. C’est un scénario de ce type dont nous aurions besoin, la guillotine en moins, bien sûr.

49-3

Que vient faire cet article constitutionnel dans une réflexion sur le développement durable ? Et bien nous sommes au cœur d’une question de fond, celle de la gouvernance, et de la prise de décision. Le 49-3 mérite bien un éclairage « DD ».

La bonne « gouvernance » est une des clés du développement durable, si l’on en croit les bons auteurs. Une gouvernance qui permet aux décideurs de poser les bonnes questions, et de faire en sorte que la société apporte les bonnes réponses. Celles-ci ne peuvent venir que des acteurs ordinaires de la vie économique et sociale, pour être réellement comprises et mises en pratique. Le rôle des décideurs et des responsables politiques n’est pas d’imposer une règle, mais de la faire émerger en sollicitant les bons interlocuteurs. Tout un art.
Le risque est de ne pas parvenir à ce qu’une règle commune s’impose de soi-même, que les acteurs, aux intérêts divergents, se neutralisent et qu’il n’en sorte rien d’opérationnel. L’écueil de la paralysie, face à celui, opposé, de la gouvernance autoritaire, voire du pouvoir solitaire. Comment échapper à ces deux pièges, la paralysie et l’autoritarisme ?
En ces temps pré électoraux, les propositions se multiplient. Pour certains, tout doit être dit avant les échéances, pour que le débat soit clair et qu’il n’y ait plus ensuite qu’à mettre en œuvre un programme. C’est aussi la fameuse théorie des cent jours, selon laquelle toutes les choses importantes doivent être réalisées en 100 jours, au cours de l’état de grâce des élus. Drôle de conception du rôle des députés. L’essentiel leur échapperait, et ils seraient confinés dans une fonction de chambre d’enregistrement.  Les « députés godillots », puisque l’élection d’un président vaut approbation de toutes ses propositions. Effectivement, dans cette perspective, la diminution du nombre de parlementaires s’impose. Ça ne fera que des « godillots » en moins.
La réduction de nombre de députés est une proposition en vogue, indépendamment de la théorie des 100 jours. Alors qu’il semble nécessaire de rapprocher la population des décideurs politiques, cette proposition semble paradoxale. Certes, donner aux parlementaires les moyens d’exercer leur fonction dans de bonnes conditions est une bonne idée, mais faut-il pour autant réduire le nombre de ces relais entre la vie quotidienne et le pouvoir central ? Nous sommes dans le même esprit que la fusion de communes et des régions. « Plus grand » serait mieux, ce qui signifie l’éloignement du pouvoir, dans des chef lieux plus puissants, au détriment des écarts et de la périphérie, qui se sentent abandonnés. Ce n’est pas le nombre de députés qui en jeu, mais leur manière de travailler, leur lien avec les électeurs, leur capacité d’écoute et de transmission de leur message aux pouvoirs exécutifs. Le fonctionnement des partis politiques est sous-jacent dans leur positionnement, avec la manière de d’accorder des investitures, leur proximité vis-à-vis des différents types de population, leur fonctionnement interne et leur manière de faire remonter les souhaits des uns et des autres. Les partis politiques sont en crise, dit-on, et c’est bien là qu’il faut porter la réflexion.
L’organisation de notre vie politique tourne autour de l’affrontement. Le débat consiste à opposer deux projets, au lieu de rechercher un projet commun, partagé du plus grand nombre. Cette dérive, présentée sous couvert de clarification, conduit à ce qui a été appelé la politique spectacle, avec une « classe politique » éloignée de la vie réelle. Toute idée de consensus est repoussée comme source de compromission. Le simple fait de nommer « opposition » les élus qui n’appartiennent pas à la majorité donne le ton. Une opposition est faite pour s’opposer, et non pour construire, comme si collaborer pour le bien commun était une trahison. Nous vivons sur l’illusion que 51% des électeurs peuvent imposer leur loi à toute la population. Bien sûr, il y a mille moyens de s’opposer, et l’absence de consensus provoque le blocage, ce qui conduit à l’affirmation que la France est allergique à toute réforme. Quand le conflit est érigé en système de gouvernement, ce n’est pas étonnant. Et ce n’est pas la multiplication des referendums qui arrangera les choses : les mesures imposées ne font que créer un malaise, un ressentiment qui se manifeste ensuite, sur les réformes à venir. A l’opposé de cette méthode de gouvernement, le forum, l’agora, la palabre, quelle que soit la référence, nous montrent les vertus du dialogue. Il faut malgré tout envisager le cas où l’accord ne parvient pas à se faire, du moins dans des délais raisonnables. Il faut alors sortir de l’impasse.
Nous voilà donc arrivés au 49-3. Une manière de siffler la fin de la récréation. Plus le dialogue est ouvert, plus la créativité des acteurs est sollicitée, plus il faut de procédure de sortie de crise. Pour nos députés, élus au scrutin majoritaire, au lendemain de l’élection présidentielle, et avec une forte influence des investitures des partis, la règle de fait est l’allégeance au président. Tout est fait pour cela, encore que non écrit. Notre régime reste parlementaire, et non présidentiel. Dans ces conditions, le 49-3 est un instrument destiné à dompter une « majorité » récalcitrante. C’est une sorte de gardien de cette présidentialisation de fait. Paradoxalement, le 49-3 serait bien plus légitime si l’Assemblée représentait la diversité des opinions et des composantes de la société française. Le foisonnement qui en résulterait pourrait conduire à la richesse des initiatives et de la vie politique, qui serait bienvenue, mais aussi au risque de paralysie. C’est dans cette circonstance que le 49-3 serait utile, et sans doute nécessaire. Dans le système verrouillé que nous connaissons, c’est juste une manifestation complémentaire de concentration des pouvoirs. Le malaise provient du fait que le 49-3 s’ajoute à un ensemble de dispositions tendant à donner tout pouvoir à l’exécutif.
Concluons cette note avec une comparaison éclairante : Le frein des voitures est d’autant plus nécessaire qu’elles sont puissantes, pour éviter les sorties de route. Le principe de précaution l’est aussi dans une période d’innovations intenses, pour tenter de maitriser les risques « graves et irréversibles ». Et le 49-3 le serait pour réguler un système parlementaire multicolore, pour bénéficier de la créativité sans souffrir de la paralysie.

Accompagnement

Conduire le changement, singulièrement le changement de comportement, est une affaire délicate. Une des manières de procéder est d’accompagner les efforts de ceux qui entreprennent cette mutation.
La transition vers un autre monde, qui accepte, cette fois, sa finitude s’opère tous les jours à l’occasion d’une infinité d’initiatives. Mais il faut qu’elles prennent corps, qu’elles s’agrègent pour faire boule de neige et entraîner de plus en plus d’acteurs dans la dynamique. Un accompagnement est bien utile pour y parvenir.

Amorce

Un mot que les pêcheurs connaissent bien, quand il s’agit d’appâter les poissons, pour qu’ils se rapprochent d’eux. L’amorce est le premier acte de la pêche. Prenons-le avec ce double sens, d’appât et de début d’un processus.

Bien que le mot soit à la mode, le développement durable n’est sans doute pas aussi attractif qu’il le mérite.

Amoureux

Il faut des moteurs au développement durable. Il y a besoin de technique et de méthode, mais il faut aussi et surtout jouer sur les sentiments. Comment rendre amoureux du développement durable ?

« On ne tombe pas amoureux d’un taux de Croissance ». Cette phrase de Jacques Delors peut se décliner dans bien des domaines. 

Appropriation

Les changements importants que le monde doit engager pour changer d’époque et entrer dans l’ère du développement durable ne peuvent être imposés. Ils doivent être appropriés des populations concernées.
« Nous vivons une époque formidable », nous disait Reiser.

Attitude

attitude2 joe wroten 847 unsplashL’avenir dépend largement de l’attitude que chacun adopte à son égard, de sa foi en l’avenir. Il y a des attitudes de repli et des attitudes de conquête. Existe-t-il une attitude durable ?

Construire son avenir n’est pas chose aisée, et peut même faire peur. Et pourtant c’est bien le défi auquel nous sommes confrontés aujourd’hui. L’ancien monde, celui qui ne connaissait pas de limites, est bien mort, et il nous faut imaginer un monde « fini », où la seule ressource sans limites est le génie humain, le talent, la capacité d’apprendre.

Aubaine

 

Les sondages nous disent que la majorité des Français craignent que leurs enfants ne vivent moins bien qu’eux. Oui, si nos modèles de développement ne changent pas, mais il y a sans doute des aubaines à saisir, pour ceux qui raisonneront autrement.
Les rigidités dans les esprits et peut-être aussi la crainte du futur nous font souvent passer à côté d’aubaines. Ce qui est considéré comme une charge, voire une catastrophe ne l’est parfois que parce que l’on le considère comme tel a priori, sans en avoir analysé toutes les composantes.

Bulle

On dit souvent que les réformes sont impossibles daans notre pays. C'est que souvent leur objet n'est que la partie visible d'un iceberg, qu'il faut voir dans son ensemble. Autour d'un objet d'intervention, il y a une bulle qu'il faut prendre dans son ensemble.

C’est comme une ombre, ça ne vous lâche pas. Notre Univers est composé de plusieurs cercles qui forment comme des bulles autour de nous.

Cap

Le développement durable est un changement de cap. Un changement de cap pour l’humanité qui s’était orienté en fonction de l’immensité de la planète. Elle est aujourd’hui petite (1), la boussole d’hier ne fonctionne plus.

Changer de cap est une décision importante. Elle peut inquiéter, si elle ouvre la voie à l’inconnu, mais elle n’est pas pour autant synonyme d’épreuve ni de sacrifice. Le développement durable est un changement de cap, souvent associé à la douleur et à un coût. Ne parle-ton pas fréquemment de coût de l’environnement, du financement de la transition énergétique ? Le changement de cap aurait un coût, difficile à prendre en charge quand la crise est latente, quand la compétition internationale devient de plus en plus sévère.
C’est justement pour ne pas s’exposer à des coûts insurmontables qu’il faut s’engager vers le développement durable. Dans son rapport sur le coût du dérèglement climatique, Nicholas Stern montre qu’à l’échelle de la planète le changement de cap est « rentable ». Mais les décisions sont souvent prises en référence à la « microéconomie », celle de la vie courante et des intérêts immédiats, plutôt qu’à la macroéconomie. Le changement de cap est-il aussi intéressant à l’échelle de la proximité ?
Prenons deux exemples de la vie courante, l’alimentation et la voiture.
Passer au bio coûte plus cher. Les rendements sont moins bons, et il faut plus de travail humain. Ce n’est sans doute pas une fatalité, mais admettons le pour l’instant, puisque c’est l’opinion dominante. Mais le changement de cap ne concerne pas que l’origine des produits, il nous conduit à s’interroger sur notre alimentation, qui doit à la fois satisfaire un besoin et nous procurer du plaisir. Il faut revisiter notre assiette. Nous mangeons souvent trop, et en particulier trop de viande et de produits animaux. Même de qualité médiocre, ces produits coûtent plus cher que les végétaux, légumes et céréales, et le changement de régime, moins carné et plus végétal, contient en soi une source d’économies substantielles. Avec le changement de cap, chaque unité de produit coute plus cher, mais le nouvel équilibre est bien plus économique, les économies sur la viande venant compenser et au-delà les dépenses supplémentaires en légumes. Et on peut se permettre le luxe de ne manger que de la bonne viande, en quantité réduite mais autrement plus gouteuse que celle des élevages industriels.
Les voitures non polluantes coutent plus cher que les modèles classiques, et les exigences environnementales font monter les prix. Admettons, encore une fois, même si ça peut se discuter. A-t-on chacun besoin d’une voiture ? Une voiture particulière ne roule que 5% de son temps, et passe les 95% restant au stationnement. Un vrai gâchis. On doit pouvoir mieux faire. Une voiture quand on en a besoin, et uniquement quand on en a besoin, ce serait beaucoup mieux. Location ou partage, voilà des voies de progrès qui sont à portée de main, et trouvent de plus en plus d’adeptes. Au total, le budget « voiture » pourrait être fortement réduit à condition d’accepter de ne pas en être propriétaire. Le gain serait bien supérieur aux dépenses supplémentaires qu’entrainent des exigences environnementales, d’économies d’énergie et de sécurité.
Voilà donc deux postes lourds dans le budget des ménages qui seraient allégés en cas de changement de cap. Le raisonnement pourrait aisément être étendu à d’autres postes, tels que le logement. Refuser de changer de cap, ou le faire trop lentement, en traînant les pieds, c’est accepter que les exigences environnementales s’imposent malgré tout à un plus haut niveau, et coutent alors beaucoup plus cher. Nous les ressentons déjà pour la plupart, provoquées par des pollutions de toutes natures, dans l’air que nous respirons et les couches atmosphériques qui nous protègent, dans l’eau douce et les océans, dans les sols. D’ores et déjà, le coût de la pollution de l’air extérieur est évalué à 100 milliards d’euros, celui du bruit à une soixantaine de milliards d’euros.
Ajoutons que le changement de cap nous conduit à de nouvelles approches, avec leur part de bénéfices pour la collectivité. La construction de demain sera multifonction. En plus d’être un lieu de vie ou d’activité, le bâtiment du futur sera une centrale d’énergie et un instrument de régulation du régime des eaux, et peut-être bien d’autres choses encore. Le décloisonnement des approches, que le changement de cap provoquera inévitablement, ouvre de nombreuses et heureuses perspectives. Pour en profiter, il faut juste accepter de changer, et c’est ça qui est le plus difficile…

1 - « Nous n’habitons plus la même planète que nos aieux. La leur était immense, la nôtre est petite ». Bertrand de Jouvenel, Arcadie, essai sur le mieux vivre, 1968

Contrainte

Transformer les contraintes en opportunités, voilà un classique bien connu. C'est bien sûr un défi, parfois impressionnant, qui traduit l'esprit  de dépassement de soi, caractéristique du développement durable.

Contrainte, un mot sévère, mais qu'il serait bien imprudent de négliger.

Coquelicot

Symbole de la première guerre mondiale, le coquelicot devient le symbole d’une autre forme de résistance, la résistance aux pesticides. Fleur associée à Morphée, dieu du sommeil, elle trouve une énergie et appelle au réveil des citoyens.

« Rendez-nous nos coquelicots ! » L’appel lancé en septembre 2018 pour l’interdiction des pesticides de synthèse essaime comme le coquelicot, fleur souvent prise aussi en symbole de la fertilité : chaque pied peut produire jusqu’à 50 000 graines, et des graines tenaces qui attendent pendant des années le bon moment pour germer. Un bon symbole de résistance, et il en faut face à la puissance des herbicides utilisés en agriculture.

Foi

foiEn ces temps de sortie du carbone, les charbonniers ont des soucis à se faire. La foi est toutefois un moteur très puissant pour l’action. Pourquoi pas la foi dans le développement durable ?

Nicolas Hulot avait bien vu que Donald Trump ne croit dans le réchauffement climatique. Donald Trump n’est hélas pas le seul. L’observation de la manière dont sont reçues des « fake news », conforte l’idée très générale que chacun croit à ce qu’il a envie de croire, et rejette ce qui le gêne. Le développement durable nous oblige à changer nos modes de vie, et notamment « l’american way of life ». Spontanément, il ne provoque pas l’adhésion.

Fusion

Fusion de régions et regroupements de communes, ces réformes doivent engendrer des économies. Mais est-ce une bonne méthode pour obtenir des résultats durable ?

De nos jours, la recherche d’économies est la première raison pour entamer des réformes. C’est aussi la raison de l’échec de la plupart de ces tentatives.

Homéopathie

Pour mener à bien la transformation de la société que demande le développement durable, il y a l'action massive, chirurgicale, sans doute nécessaire pour certaines affaires. Il y a aussi l'action minimum, celle qui stimule des forces internes et relève de l'homéopathie.


Ne prenons pas le terme à la lettre, avec le cortège de théories et de polémiques qu’il entraîne, mais donnons-lui plutôt le sens qu’on lui prête communément, de la plus petite intervention possible pour guérir un mal. Le contraire du marteau-pilon, également dans l’Image populaire de la mouche écrasée.

Institutions

Le développement durable et le renouveau de la croissance, sur des bases profondément remaniées, passent par l’innovation. Mais celle-ci bouscule les esprits et les équilibres économiques et sociaux. Les institutions sont-elles malgré tout prêtes à soutenir l’innovation ?

Le processus d’innovation est comme la nature, exubérant et sélectif. Darwin est aussi présent dans ce champ.

Levier

En guise de voeux, commençons cette année 2011 par une réflexion sur la manière de booster le développement durable. Sur quels leviers appuyer pour accélérer la prise de conscience qui débouche sur le passage à l'acte ?

Le développement durable a besoin de coups d’accélérateurs.

Malheur

Le malheur n’est pas le contraire du bonheur, mais l’éviter est une manière de progresser, et en premier lieu le malheur qu’on se donne soi-même pour un tas de bonnes raisons.

Le malheur vient parfois d’évènements extérieurs, accident, crise, maladie, mais il provient aussi, et c’est vraiment dommage, de nous-mêmes et nos errements. « Faites vous-mêmes votre malheur » pourrait-on dire.

Mouvement

mouvementInventer un monde nouveau, qui permette d'accueillir dignement 9 milliards d'êtres humains d'ici 40 ans. Le retour en arrière et la nostalgie ne sont plus de mise, il va falloir se mettre en mouvement. C'est ce mouvement qu'on appelle le développement durable.
Le développement durable est la construction collective d’un monde nouveau.

Niche

Niche, un mot aux significations multiples, certaines villipendées comme les exceptions fiscales. Revenons aux origines de la niche, et prolongeons par ses promesses pour l'économie.

C’est la maison du chien, ce célèbre ami de l’Homme. Plutôt à la Campagne, car le chien des Villes ne sait même pas qu’il pourrait être relégué dans une annexe.

Paumé

Les changements rapides et profonds qui affectent notre société font les affaires des uns, qui s’adaptent aisément et tirent profit de l’évolution en cours. D’autres sont complétement dépassés, ils sont « paumés ». Comment les faire participer au mouvement ?

Pilote

Le développement durable est une recherche, qui conduit à explorer des futurs inconnus. Pour cela, le lancement d’opérations « pilote » peuvent rendre bien des services, pour mieux organiser la progression et éviter les pièges.

Appelons « pilotes » ou opérations expérimentales, leur fonction dans la recherche de nouvelles voies de développement est très importante. Elles éclairent les orientations envisagées, et ouvrent le champ du possible, tout en fermant des voies qui s’avèrent des impasses.

Protéger

Parmi les émotions qui gouvernent le monde, selon Dominique Moïsi, la peur s'est répandue particulièrement dans le monde occidental. D'où un besoin de protection, qui fait peut-être autant de mal que la peur, du point de vue du développement durable.

Il est de bon ton, notamment dans les campagnes électorales, de proposer aux Français une forme de protection.

Pyramide

pyramide j venerosy 1183454 unsplashAvec la mondialisation la tentation est forte de privilégier les grosses unités. XXL. Mais est-ce une bonne tendance, à l'heure du village planétaire, et de la fluidité des relations en réseaux ? La pyramide peut-elle encore rendre des services ?


L’organisation sociale en pyramide n’est-elle pas totalement dépassée ? La pyramide a donné des formes architecturales de toute beauté, elle est bien Utile pour les démographes et tous ceux qui veulent, d’un coup d’œil, découvrir la structure d’un groupe, mais comme principe d’organisation, elle semble bien archaïque.

Résilience

Dans nos sociétés troublées par les crises multiples, chacun cherche des points d’appui, des repères stables qui lui permette de s’y retrouver, et de conserver son statut. On parle de résilience.

Un mot à la mode, qui sonne bien dans les salons et les tables rondes. Les grands débats qui s’amorcent, sur les « Transitions », écologiques et énergétiques, sur les mille façons de surmonter la Crise économique, font tous état de cette fameuse résilience.

Sécurité

La sécurité est au cœur de nombreux discours politiques. A juste titre, à condition de ne pas se contenter de formules toutes faites et d’idées reçues. La sécurité revêt de nombreux aspects.

Le développement durable est avant tout l’exploration des avenirs possibles. Une avancée avec sa part d’inconnues et donc une aventure à risques, tout en sachant que l’immobilisme et les conservatismes sont les risques absolus. Pour réduire les risques, une politique de sécurité s’impose. Des règles du jeu qui encouragent la prise de risque tout en sachant raison garder. Le principe de précaution s’inscrit dans cette optique. Quelle décision face à des risques graves et irréversibles ? La culture du risque, indispensable pour innover et construire un développement durable, suppose des garde-fous. Le principe de précaution en est un, tout comme l’éthique demandée aux chercheurs et aux décideurs.

Sociétal

Le développement durable a secrété son vocabulaire, et parmi les mots ainsi apparus figure Sociétal. Un incontournable du développement durable, distinct de social, et dont les entreprises se sont emparées pour définir leur responsabilité sociétale.

Un mot discuté, et même rejeté par les académies. « L’Académie française considère en effet que par l’étendue de ses sens, social couvre tous les champs d’emploi possibles. « Sociétal », que certains dictionnaires enregistrent avec le sens de « relatif à la vie sociale », vient dans certains champs du langage – sociologie, économie, etc. – concurrencer « social » qui se charge alors d’un sens plus politisé ; mais il n’y a aucune raison morphologique à cette répartition de l’usage ». Même son de cloche à l’académie des sciences morales et politiques. « Observant que le terme « social » renvoie à la vie collective ou commune tandis que le terme « sociétal » touche plutôt à la vie privée », elle s’est référée à Edward Gibbon, Friedrich Hegel, Alexis de Tocqueville et Hannah Arendt pour constater que « le surinvestissement du domaine privé est la conséquence d’un affaissement des vertus publiques par déclin de l’idéal commun et de la volonté commune ». Haro sur le sociétal, qui n’apporte rien pour la première, et plutôt du négatif pour la seconde. Et vive le social.

Structure

On oppose souvent les réformes "structurelles" aux ajustements "conjoncturels". La question des structures est souvent moins visible, mais elle influence en profondeur notre avenir.

Nous parlons ici de la structure d'un corps social, et non d'un organisme Physique ou biologique.

Transformation

Au sens du rugby. Un premier succès, l’essai, n’est pas complet sans transformation. Le développement durable a marqué un essai, en sensibilisant aux dangers d’une fuite en avant, mais il peine à le transformer, à mobiliser pour le changement.

Le développement durable a été mal « vendu ». Le premier acte a connu un réel succès, l’alerte face à la dégradation de l’environnement, victime du « progrès ». Un tel succès qu’il occupe encore tout l’espace et empêche le second acte de commencer, celui d’une réaction à l’alerte, de la recherche d’un autre « progrès », d’un développement « durable ».