Inégalités et transition, pour une nouvelle approche

Le Haut conseil pour le climat, créé en novembre dernier en pleine crise des gilets jaunes, vient de remettre son premier rapport. S'il fallait le résumer en une pharase, ce serait " Cette neutralité carbone en 2050 est techniquement réalisable mais implique une transformation profonde de l’économie et de la société à grande échelle", ainsi qu'il est dit en tête des recommandations. Les commentaires vont bon train, notamment sur le thème de la réduction des inégalités, incontournable pour parvenir au résultat attendu.

Les méfaits de la règle d'or

La règle d'or a été imaginée pour protéger le long terme, les intérêts des générations futures. Est-ce une  bonne idée ? Le risque est grand, en effet, de voir repoussé à plus tard les travaux qui ne sont pas urgents. Les actions au long cours, de type culturel, de transformation des sociétés, sont vulnérables, face à l'urgence de travaux de mise en sécurité, par exemple. La formation, la recherche fondamentale, dont les résultats ne se font connaître que bien après que l'argent n'ait été dépensé, et avec une part d'incertitude, sont menacées par la recherche d'équilibres immédiats.

Passer aux actes

Contenir le réchauffement climatique au-dessous de 1,5°, restaurer la biodiversité, et permettre à 10 milliards d'humains de vivre dignement, c'est possible avec les connaissances et les techniques dipopnibles. C'est même possible en améliorant notre bien-être, dans l'esprit du facteur 4 (1) "deux fois plus de bien-être en consommant deux fois moins de ressources". De nombreux rapports (2) en attestent aujourd'hui, nous pouvons vivre mieux tout en réduisant la pression sur la planète. La question est comment "passer aux actes" ? Comment décider les acteurs que nous sommes tous, particuliers, entreprises, collectivités publiques, à changer nos modes de vie, condition incontournable pour vivre mieux demain.

Les leçons du brevet

Le brevet des collèges vient d'être reporté pour cause de canicule. Les conditions ne sont pas réunies pour passer sereinement un examen. Bien sûr, mais le phénomène n'est que la partie émergée d'un iceberg. Les conditions de confort thermique ont des effets directs sur les résultats scolaires, de nombreuses études l'ont mis en évidence depuis longtemps. Trop chaud ou trop froid, ce n'est pas bon. Ce n'est pas vrai que pour les écoles. Dans les bureaux aussi, on constate une courbe de performance qui passe par un maximum autour de 21 degrés. Une productivité du travail corrélée à la température, c'est vrai dans toutes les circonstances, et pour tous les métiers, y compris le métier d'élève. Il n'y a pas que la température.

Double jeu...

La mode et le marketing ont été souvent évoqués dans le dictionnaire du développement durable, pour inciter les porteurs des valeurs de l'environnement à diffuser leur message. Pourquoi laisser ces techniques qui ont fait leurs preuves à des entreprises dont l'unique credo est de vendre plus et encore plus ? Le marketing conduit à comprendre les moteurs des décisions des publics "cibles", à entrer dans leur univers mental, pour trouver la meilleure manière de les persuader. On n'attrape pas les mouches avec du vinaigre, nous rappelle un dicton populaire. Et bien, le message a du mal à passer, le marketing reste l'apanage des vendeurs de carbone, et il fait des ravages. Toujours la voiture, pour prolonger l'édito de la semaine dernière.