Comment économiser l’énergie dans les transports et réduire la dépendance automobile ?

Dans la perspective de la loi en préparation sur les mobilités, et dans le cadre du Grand débat, voici la contribution d’un expert, Jean-Marie Beauvais, économiste des transports. Extraits d’un article publié dans le numéro de janvier-Février de la revue « Transport, Infrastructure et Mobilité ».

Hiérarchiser les politiques publiques

Alors, que faire pour réduire le nombre de kilomètres, pour réorienter la répartition modale en faveur des modes les moins énergivores et pour augmenter l’efficacité énergétique de chaque mode ? D’après nous, les mesures à prendre doivent l’être dans un certain ordre. Il convient d’abord de hiérarchiser des politiques publiques. Prendre des mesures trop en aval de la chaîne causale risque de générer des effets pervers tels que la situation résultante soit pire que la situation antérieure, ou en d’autres termes, qu’on arrive à une augmentation et non pas à la réduction recherchée des consommations d’énergie.

Grand débat et politique forestière

Contestation sur la conversion au bois de la centrale au charbon de Gardanne (Bouches du Rhône), incendie criminel des installations d’une entreprise de travaux forestiers (Mécafor) à Ussel (Corrèze) : Le bois énergie et la politique forestière font débat. Un dossier à verser dans le Grand débat, au titre de son volet transition écologique. Voici l’avis d’un expert, Yves Poss.

Au moment s’engage un grand débat national, ne serait-ce pas le moment d’examiner les objectifs de la politique forestière ? Est-il pertinent d’afficher, contre une sensibilité partagée de la société, un objectif de récolte accrue (qui ne se concrétise pas) ?
Je suggèrerais, pour ma part, et dans le contexte urgent du changement climatique, de mettre en priorité une gestion de l’ensemble des forêts françaises, en particulier métropolitaines. Ce qui renverrait chacun à sa responsabilité de propriétaire, qui n’existe pas avec l’objectif global de récolte : il s’agirait d’appeler tout détenteur de parcelle boisée à gérer, dans les faits, son patrimoine. 
Sans mettre en première ligne la récolte : elle sera une conséquence. Car qui parle gestion, et durabilité de la forêt, doit nécessairement apprécier la densité de son peuplement, et anticiper sa régénération : les coupes d’amélioration et de régénération deviennent les conséquences de la prise en considération d’une bonne gestion.
De plus, il faudrait, non pas apporter les conclusions, mais ouvrir un large débat sur la meilleure manière, pour les forestiers, de contenir l’effet de serre, et d’anticiper le changement climatique : 
- accroître la captation de gaz carbonique avec des peuplements à forte croissance, 
- stocker le carbone en forêt, dans les parties aériennes ou souterraines, 
- stocker dans les produits en bois, sciages ou papier, 
- éclaircir les peuplements pour que chaque tige résiste mieux aux sécheresses annoncées,
- faire évoluer la composition des peuplements pour qu’ils supportent les nouvelles conditions stationnelles,
- etc.
Les pistes à suivre sont diverses, et méritent d’être connues, appréciées selon les situations.
Avec un discours partagé sur une forêt mieux gérée, au bénéfice anticipé des générations à venir, il est, à mon sens, fort probable qu’une implication collective aurait plus de chance d’émerger, et finalement de provoquer la récolte qui est, actuellement et bien vainement, seulement invoquée.
L’attrait pour la forêt de nos concitoyens est manifeste : les professionnels se doivent d’offrir un discours qui puisse être compris, partagé, approprié. Ce n’est pas le cas avec un objectif de récolte : celui-ci ne peut être que l’effet d’une bonne gestion.
Je suis convaincu qu’il faudrait accepter d’entendre les incompréhensions…
 

possYves Poss

 
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La libération de Paris

Un invité particulier cette semaine, la libération de Paris, le 25 août 1944. Le développement durable se construit notamment à partir des leçons du passé, et il faut se méfier des réinterprétations dont l’objectif serait de faire durer la situation présente et d’empêcher d’explorer d’autres voies de développement. La libération de Paris offre une parfaite illustration de la manière dont l’histoire est réécrite. La lecture des archives du COMAC (Comité d’Action Militaire du Conseil National de la Résistance), publiées en 1964, permet de revenir aux sources de l’histoire.

A propos de la conférence nationale des territoires

La vision binaire d’une France métropolitaine qui marche et d’une France périphérique à la dérive est fausse. Rodez est toujours à plus de 7 heures de Paris en train et n’a qu’entre 4 et 5 % de chômage. Pourquoi ?  Il y a tout un travail entre le monde de l’éduction et les entreprises pour des formations en lien avec le monde économique. La difficulté des petites et moyennes villes est dû en partie au passage d’une société de sédentaires à une société de la mobilité à partir des années 60. Nous sommes dans un monde : incertain complexe, instable et vulnérable.
On veut choisir sa vie, sa famille, ses amis, son travail, son quartier, son logement. On a besoin de se raconter et cela n’est pas du tout anecdotique : au contraire, c’est essentiel.
Il faut porter une réflexion plus large sur les usages. Habitat, bien sûr, mais également espace public, mobilité, mutations du travail, bien-être. Autant de thèmes profondément imbriqués dont les élus et les services doivent s’emparer pour construire une ville hospitalière, capable de maintenir et de produire du lien social à tous les âges et dans tous les domaines de la vie.
Analyser les usages : représente l’opportunité de nous interroger collectivement sur la production de documents souvent illisibles. 
 Dans une société où les parcours de vie sont de plus en plus singuliers et les besoins toujours plus spécifiques, comment répondre aux besoins de chacun tout en maintenant du lien social ?
Comment nos documents peuvent-ils humaniser les relations sociales, les relations de travail et les autres ? Quels outils peut-on mettre en place pour orienter la programmation vers une programmation éthique et durable, une programmation en phase avec le territoire et ses habitants, qui soit une réponse à des besoins spécifiques mais qui n’isole pas les individus les uns des autres, qui réponde aux attentes d’aujourd’hui sans hypothéquer celles de demain, qui laisse de la place à la rencontre, à l’incertitude et à l’hétérogène, qui inclue dans un même mouvement le souci de soi et celui des autres.
On n’habite pas un SCOT, un PLUI, un PLH ou un PDU, mais une commune, un quartier, un paysage, une rue, une ambiance, un patrimoine. On a d’abord une vision sensible du lieu où l’on est.
Ensuite dans une société de réseaux et en réseaux les limites territoriales deviennent floues. L’organisation des collectivités locales est toujours par des associations en fonction de l’importance territoriale : petites villes, ville moyennes, métropoles avec la France urbaine, association des départements et des régions. Or une métropole marche bien aussi parce que son Hinterland en tire bénéfice. L’exemple des métropoles de Brest et de Rennes en sont un exemple. C’est l’alliance des territoires qui permet à la Bretagne d’avoir par rapport à d’autres régions le développement d’une solidarité humaine et territoriale forte même si tout n’est pas parfait (ex : le fait que le TER qui va de ST Malo à Rennes puisse s’arrêter au nord de Rennes et se trouver en lien avec le métro permet à des personnes qui travaillent à l’hôpital ou au département ou dans des entreprises au nord de la métropole d’habiter en dehors de la métropole si telle est leur désir). Mais aujourd’hui Il faut aller plus loin. Les cadres de ces 2 métropoles bretonnes doivent en partie avec ceux de la région être des cadres inter-territoire (par exemple dans le domaine économique, mais aussi entre des agglomérations par exemple Rennes et Vitré ou Fougères. La question fondamentale est la suivante : les élus sont-ils capables d’accepter cette évolution ? à L’heure ou beaucoup d’élus ne jurent que par la smart city ou la ville durable ils seraient bien aussi qu’ils comprennent que leur territoire administratif n’est plus toujours la référence de nos concitoyens et que ceux-ci naviguent dans cette société de la mobilité sur des espaces beaucoup plus larges. De la même façon il n’est plus possible de différencier les délégations entre l’environnement et l’économie. Il en va de notre capacité à mieux habiter la terre. Voilà des questions qui seront au cœur des futures élections municipales.

JY ChapuisJean-Yves Chapuis
consultant en stratégie urbaine,
ancien élu à Rennes et Rennes Métropole dans le domaine de l’urbanisme.

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Razzia fiscale sur la nature

Taxer la nature. Il suffisait d’y penser !
A partir de 2018, la taxation des revenus des espaces naturels augmentera à 62,2 % et sera ainsi plus du double du taux normal (30 %). En outre, un nouvel impôt, l’IFI, frappera l’existence même de la nature. Cela constitue une double peine pour le patrimoine naturel qui en souffrira grandement.
Les deux impôts s’appliqueront à toute la nature, sans exception : paysages banaux ou d’exception, écosystèmes menacés ou pas, protégés ou non, réserves naturelles, sites classés, parcs naturels régionaux et même les sites français inscrits au Patrimoine mondial de l’Humanité…