Production et consommation

Eviter

eviterLa lutte contre le réchauffement climatique nous conduit à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Il en est de même pour toutes les pollutions : Il faut éviter de produire ce qui est indésirable.   

Evitons de produire des pollutions, et évitons les coûts inutiles. La qualité est une de manières d’y parvenir. La qualité des constructions en apporte une bonne illustration. La démarche HQE a été adoptée assez tôt par quelques organismes HLM, alors qu’ils ne pouvaient pas y trouver d’intérêt par une hausse des loyers. Un investissement jugé rentable justement du fait des coûts évités. Le comportement des locataires dépend en effet de la qualité. Des charges plus faibles, conséquence d’une meilleure isolation et de matériels de chauffage plus performants, et par suite moins d’impayés. Moins de turn-over, aussi, les locataires étant plus satisfaits de leur logement, et moins de dégradations. Des loyers qui rentrent mieux, moins de logements vacants, moins de travaux, un entretien et un fonctionnement optimisés, voilà des bénéfices à engranger, souvent considérables. Ils n’apparaissent pas en comptabilité, c’est bien là leur problème. Ils sont virtuels, et certains diront théoriques, une manière de les négliger. Dans les premiers lycées HQE, le gain s’est rapidement manifesté : une ligne était prévue au budget de ces établissements pour des réparations diverses, consécutives aux dégradations auxquelles les lycées n’échappent guère, y compris les neufs. Leurs gestionnaires se sont vite rendu compte que cette ligne restait inutilisée au bout de quelques années, ce qui les a conduits à la réduire ou à la supprimer. Les coûts évités apparaissent ainsi en négatif, d’une certaine manière.
La qualité du management dans une entreprise est également facteur de « coûts évités ». Un personnel heureux, un encadrement compétent, une bonne organisation et de bons locaux permettent de réduire considérablement l’absentéisme, et les coûts qu’il provoque. Le bonheur n’est pas l’ennemi de la performance, c’est plutôt le contraire.
Après ce détour par le soft, revenons au hard. Les certificats d’économies d’énergie relèvent aussi de la logique d’évitement. Il s’agit d’éviter de consommer, tout en conservant le même niveau de confort, et de récompenser l’économie. Nos habitudes et nos institutions ne nous ont pas préparés à payer pour quelque chose que nous ne consommons pas, et il s’avère difficile de payer une non-consommation. Pour comprendre le mécanisme, il faut revenir au concept premier, le service rendu par l’énergie, et non l’énergie pour elle-même. C’est le service rendu qui fait l’objet de la rémunération, et non l’énergie qui n’en est que le moyen. Au contraire, la consommation d’énergie étant en elle-même un problème pour la collectivité, il est légitime et normal de la pénaliser. Nous sommes bien dans la logique du facteur 4 au sens du Club de Rome, « Deux fois plus de bien-être en consommant deux fois moins de ressources ».
La question des gaz à effet de serre a fait l’objet des permis d’émission négociables, improprement appelés « droits à polluer ». L’objectif est de réduire ces émissions, et donc de créer un mécanisme conduisant les entreprises à éviter d’en produire. Le marché du carbone ou les taxes « carbone » sont dans le même esprit. Pour suivre un mécanisme de réduction globale et donc d’évitement par chacun des acteurs, il faut pouvoir quantifier les émissions, et établir des liens entre les techniques utilisées et les baisses d’émissions observées. Initiée avec des méthodes grossières, la démarche s’affine au cours des années. En France, l’association Entreprises pour l’Environnement (EpE) rend compte de l’expérience de ses adhérents en un ouvrage intitulé Emissions évitées
Les entreprises évaluent leurs solutions pour le climat. Les motivations des entreprises à éviter les émissions de gaz à effet de serre sont multiples. Economies, image, anticipation sur les prochains standards, mobilisation des personnels, etc.  EpE présente les différentes formes d’évaluation des émissions évitées. Quelle méthode, quel est le point zéro, comment communiquer, etc. A chaque entreprise de trouver sa voie, à partir des exemples proposés. « Le sujet est suffisamment complexe pour qu’il n’existe pas de standard ou de norme sur l’évaluation des émissions évitées, sauf dans quelques secteurs tels que la chimie ou les technologies de l’information et de la communication » nous dit Jean-Dominique Senard, Président D’EpE, et Président du Groupe Michelin.
L’arithmétique nous le dit clairement : moins par moins égale plus. Moins de choses négatives, c’est du plus. C’est vrai pour les dépenses d’argent comme pour les émissions de pollutions et nuisances de toutes sortes. Et c’est une manière de faire plus avec moins. Plus de bien-être avec moins de ressources. Nous sommes bien sur la voie du développement durable.



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