Production et consommation

Certificat

certificatUn mot qui provoque des polémiques, qu’il convient de canaliser pour tirer le meilleur de ces certificats en tous genres. Des certificats pour valoriser la qualité.

Passer d’une croissance quantitative à une croissance qualitative. La première entraîne des besoins de matières premières et d’énergie toujours plus importants, la seconde fait appel à la matière grise, au Talent , au Travail humain.

Ce basculement est une des formes du développement durable. Toujours une tendance à aller plus loin, pour faire face à de nouvelles attentes, à l’arrivée de nouveaux venus sur la planète, et à se dépasser pour le plaisir; mais une réponse fondée sur la valorisation des Ressources disponibles, sans accentuer des prélèvements et des rejets pénalisants pour l’Environnement.
Voilà une bonne « feuille de route », mais elle se heurte à une difficulté : comment reconnaître la qualité ? Autant la quantité est facile à mesurer, en km, en m², en tonnes, etc., autant la qualité résiste à l’évaluation. Il faut bien pourtant se résoudre à caractériser la qualité, pour donner le cap et intéresser les acteurs. A défaut, la dictature de la quantité perdurera, au détriment de la qualité, pour les usagers et pour l’environnement. En matière de bâtiment, c’est l’objet des certificats généralistes de qualité environnementale, comme HQE et H&E.  Ils explorent des « profils », et les caractérisent, pour donner au client, le maître d’ouvrage et ses clients à lui, les utilisateurs, des indications utiles, à intégrer à d’autres paramètres. C’est comme un diplôme pour un recrutement. Il donne une information à l’employeur, dont celui-ci tiendra compte en fonction d’un contexte que lui seul peut connaître. Un certificat pour aider une évaluation de la qualité, et non pour s’y substituer.
Il est un domaine où la qualité peut se mesurer plus aisément, c’est l’énergie. Attention à ne pas se focaliser sur un seul point, si important soit-il. Il faut toujours mettre en perspective les objectifs sectoriels, de manière à ce qu’ils n’imposent pas des solutions défavorables à d’autres qualités. Une approche transversale est toujours incontournable. Dans ce cadre, la recherche d’une efficacité énergétique maximale est un élément de qualité que l’on peut mesurer. Alors, profitons-en.
L’enjeu concerne les constructions neuves, mais aussi le parc existant, qui constitue de loin les plus gros bataillions. Comment améliorer la qualité thermique de ces bâtiments, comment favoriser les travaux d’économies d’énergie ? Un autre certificat vient apporter une réponse : le certificat d’économies d’énergie.
C’est une petite révolution culturelle. Au lieu de vendre du produit, il va falloir vendre de l’économie du produit. Pour un commercial, c’est l’inverse de ce qu’on lui a demandé depuis toujours. Il va falloir s’intéresser à l’utilisation qui est faite de l’énergie vendue, et aller vers l’efficacité. Ce n’est pas l’énergie qui est intéressante en soi, mais ce qu’elle permet de faire. Chez soi, elle permet de s’éclairer, de faire la cuisine, de se réchauffer ; elle permet de sortir de chez soi, et d’aller travailler un peu plus loin, ou de faire ses courses et de revenir chargé, sans parler des loisirs et des vacances ; elle permet aux usines de faire tourner des machines, de chauffer des fours, et de transporter matières premières et produits finis. Pourrait-on payer l’énergie  en fonction du service qu’elle rend, et non en fonction de la quantité utilisée ?
En plus, l’énergie coûte plus cher, et il semble bien que la tendance ne soit pas près de s’inverser. Pour ne pas augmenter la facture sans pour autant se priver ou accepter d’avoir froid, la solution réside dans l’efficacité. C’est dans cette perspective que quelques pays, la France, l’Angleterre et l’Italie, ont en 2006 adopté un mécanisme original, les certificats d’économies d’énergie, qui vient d’être étendu à toute l’Europe par une directive de juin dernier. Une extension à partir d’un bilan favorable des expériences en cours.
De 2006 à fin 2011, 31,9 milliards de KWh ont été économisés en France, dont une petite moitié, 15,3, en 2011. Ce chiffre est obtenu en additionnant les gains des travaux 2011, 2,6 Milliards de KWh,  et ceux résultant des travaux antérieurs, 12,7 milliards de KWh. Les avancées se conservent et se cumulent donc d’une année sur l’autre.
Le résultat reste encore modeste, moins de 2% de la consommation dans le secteur résidentiel-tertiaire, et il va falloir accélérer. On l’a déjà fait. Après la période de rodage, 2006-2009, les objectifs ont été multipliés par 6 pour la période 2011-2013. On pourrait multiplier encore par 3 en 2014.
L’analyse des travaux réalisés montrent que le dispositif est inégal. Il favorise les interventions ponctuelles, notamment sur les matériels et les fenêtres, au détriment des interventions plus lourdes, notamment l’isolation. Il y a encore des ajustements à trouver pour parvenir à la pleine efficacité du dispositif, mais il a déjà donné de bons résultats malgré le nécessaire rodage, et il mobilise les professionnels, il les entraîne dans une spirale de progression.
Une dynamique en marche, et dans le terrain le plus difficile, le parc existant. Bravo, le certificat !

 


 
Chronique mise en ligne le 21 octobre 2012

Mots-clés: innovation, complexité, consommateur, qualité

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