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Déconnexion

dconnexionNous sommes de plus en plus connectés, entre êtres humains et avec des objets. Un vrai progrès en apparence, pour notre information et le fonctionnement de nombreux instruments de la vie courante. Mais la connexion permanente pose des problèmes. Le droit à la déconnexion doit être reconnu et respecté.

C’est le paradoxe : le développement durable nous invite à nous connecter au reste du monde, pour prendre la mesure de l’aventure commune de l’humanité et s’y inscrire durablement, au sens plein du terme. D’un autre côté, notre corps a besoin, pour son équilibre et pour notre bien-être, d’une déconnexion et d’un fonctionnement en circuit fermé.
Notre corps a besoin de sommeil, et d’un sommeil de qualité. Chacun a son horloge biologique, variable d’un individu à l’autre, et il faut faire avec. Le sommeil n’est pas du temps perdu, il remplit de nombreuses fonctions. C’est le temps du nettoyage du cerveau, d’un regonflage d’énergie, de consolidation de la mémoire et des acquis de la vie en éveil, de gestion des émotions. La nuit porte conseil ! Le sommeil contribue à l’équilibre cardio-vasculaire, et à l’équilibre métabolique. Mais pour bien faire tout ça, le corps a besoin de se déconnecter, de se mettre à l’écart, y compris dans sa tête. Rester en alerte, ou ne dormir que d’un œil, compromet la qualité du sommeil qui n’est plus alors réparateur.
L’erreur, hélas fréquente de nos jours, est de faire du sommeil une variable d’ajustement. Nous avons tellement de choses à faire, et « time is money ». Les enquêtes montrent que nous accumulons un déficit de sommeil de l’ordre d’une heure par jour. Chacun grignote sur son horloge, et comme les besoins diffèrent d’une personne à une autre, il n’y a pas d’étalon, tout juste des moyennes, pour nous donner des indications. C’est une dette de sommeil qui s’accumule, et qui n’est jamais soldée malgré quelques rattrapages pendant les week-ends et les vacances. Les spécialistes parlent d’une épidémie. Les dégâts sont bien là : Il y a bien sûr la somnolence et la perte de vigilance, qui provoque une baisse des performances au travail ou à l’école, et à l’origine de nombreux accidents. Accidents personnels, mais parfois collectifs.  Elle serait à l’origine des accidents de Tchernobyl et de l’Exxon Valdès, par exemple. Et il y a bien d’autres dommages, irritabilité, difficultés de concentration, baisse des défenses immunitaires, obésité et diabète de type 2, moindre résistance au stress, dépression. Voilà ce qu’il en coute de jouer avec son sommeil. Il faut savoir se déconnecter !
Comment faire, dans ce monde qui ne dort plus, qui s’active 24 heurs sur 24, 7 jours sur 7 ?  
Résister, bien sûr, en organisant sa vie et surtout sa journée. Une sieste, de 10 à 20 minutes, par exemple, est une des manières de réduire sa dette de sommeil. C’est parfois difficile, et la sieste a mauvaise presse, une affaire de paresseux. Bien au contraire, une courte sieste est un facteur de productivité au travail, et certaines entreprises l’ont bien compris en mettant des locaux adaptés à la disposition de leur personnel. Autre préconisation : faciliter l’endormissement le soir, en évitant les facteurs excitants, cafés ou écrans de tablettes ou smartphones. Les spécialistes parlent d’un couvre-feu numérique, une heure avant l’heure du coucher.
Il faut aussi lutter contre les perturbateurs du sommeil, à la fois pour s’endormir et obtenir une bonne qualité du sommeil. On pense bien sûr au bruit. Le coût de cette nuisance pour la société, c’est-à-dire payé par tout le monde, est pour une grande part la perte de productivité au travail de ceux qui ont mal dormi pour cause de bruit, et ils sont nombreux. Ça ne dépend rarement des victimes, bien que certaines s’endorment avec des écouteurs sur les oreilles, et on retrouve les problèmes de bruit des transports (voitures, mobylettes, trains, avions) et d’isolation des logements. Il y a un autre perturbateur du sommeil, sur lequel chacun a la main. C’est le smartphone (ou la tablette). La lumière bleue, dont il est difficile de se protéger efficacement, empêche de s’endormir, mais c’est un autre aspect qui doit être souligné. L’effet « sentinelle ». Le smartphone sur la table de nuit. Il faut être toujours à l’écoute, un copain peut vous appeler ou vous envoyer un SMS. C’est parfois le patron qui peut vous appeler pour une urgence. Bref, vous vous mettez dans l’éventualité d’un message que vous ne voudriez pas rater. Vous ne vous déconnectez pas. Le sommeil ne peut jouer pleinement son rôle réparateur, même si votre nuit est assez longue. La présence d’un smartphone allumé à vos côtés, outre la question des radiations, perturbe vos fonctions récupératrices car votre esprit reste attentif, et on ne s’en rend pas compte. Il faut savoir rompre la chaine pendant votre repos, tant pis pour vos camarades ou votre patron.
Le droit à la déconnexion est impératif, c’est une question de santé et de bien-être. C’est une question qui monte dans les entreprises, car le téléphone portable poursuit les employés et surtout les cadres dans leur intimité. Même chez vous, vous êtes relié à votre travail, et là encore, pas possible de se déconnecter alors qu’il le faudrait pour prendre du recul, se changer les idées, pour, en définitive, devenir plus performant.
Pour bénéficier pleinement de ce monde connecté, une seule règle : se déconnecter régulièrement, notamment pour bien dormir.
 
 

Mots-clés: mode de vie, qualité, veille, état d'esprit

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