Solitude

Dialogues sur l’engagement
Jean-François et Michel Serre
Le Pommier, 2015



C’est un livre à 4 mains, un père et un fils. A ma droite, Michel, philosophe fils de marinier paysan, « devenu peu à peu un intellectuel ». A ma gauche, Jean-François, délégué des Petits frères des pauvres et principal animateur du mouvement Monalisa,  qui « ne savait rien faire quand il est parti de la maison », et s’est « donné pour objectif d’apprendre à tout faire : des vêtements, du savon, de la nourriture… ». Deux chemins symétriques, qui les ont amenés à se poser, ensemble, pour échanger sur le sens de leurs vies, et surtout sur leurs engagements.
Le dialogue s’installe entre le père et le fils, de février 2014 à avril 2015, à l’occasion de 7 rencontres dominées par un thème particulier, tel que l’isolement, la fraternité, l’engagement. A chaque fois une confrontation entre une approche pragmatique, à la recherche de résultats, et le recul de la réflexion et peut-être aussi de l’âge. Une confrontation fructueuse, qui permet à chacun de progresser sur sa voie.
Un livre intime par certains côtés, la rencontre père-fils, bien qu’il évoque des questions universelles, et notamment la solitude. L’engagement de Jean-François sur la lutte contre l’isolement des personnes âgées, est le cœur de cette échange, à l’occasion sans doute de la mise en place de Monalisa (1)Cette « alliance entre les solidarités publiques et une société civile engagée » est née en 2014 et se traduit sur le terrain par l’action d’équipes citoyennes, 170 aujourd’hui, regroupant des volontaires de toutes origines, portées par des associations, établissements publics ou collectivités locales. Le mode de gouvernance de ces équipes est d’ailleurs le thème d’une des rencontres, intitulée « La tête ou la base ». « L’ensemble de l’organisation doit faire en sorte que, sur le terrain, les gens puissent vraiment faire équipe et construire des projets, en les soutenant, en les aidant, en les conseillant, en les coachant ». Un « engagement national » repris dans une charte soude les équipes et donne du sens à l’action.  Un mode d’organisation qui pourrait avantageusement inspirer bien d’autres organismes associatifs ou non.
L’objet d’une « note de lecture » n’est pas de résumer un livre, mais d’en présenter la teneur. Sachez donc que le rencontre entre l’intellectuel et l’homme d’action ouvre le champ du possible dans les domaines abordés, notamment dans l’ensemble des domaines liés aux relations entre les humains, comme la gouvernance, on l’a vu dans le paragraphe précédent, ou la fraternité. «  L’individu a un besoin irrépressible de faire partie d’un groupe ». Le développement des relations virtuelles peut-il satisfaire cette exigence ? C’est le thème d’une rencontre, « Présentiel ou virtuel », pour prendre un autre exemple.
La recherche partagée entre le père et le fils, pour « comprendre comment notre société, marquée par l’individualisation, est aussi porteuse d’un risque majeur, celui de la solitude » interpelle tous ceux pour qui le respect de l’être humain est une valeur de premier rang. Un dialogue qui laisse apparaître la richesse du sujet, et auquel, chacun est appelé à participer.


1 - Mobilisation nationale contre l’isolement des âgés. http://www.monalisa-asso.fr/

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