Scénario négaWatt 2017-2050

Association négaWatt, janvier 2017
Synthèse téléchargeable sur https://negawatt.org/IMG/pdf/synthese_scenario-negawatt_2017-2050-2.pdf




Nous pouvons y parvenir. 100% d’énergie renouvelable en 2050, zéro carbone, zéro fossiles, zéro nucléaire. C’est le 4e scénario de l’association, depuis 2003, pour tenter de définir un chemin pour transformer notre modèle énergétique et maintenir le réchauffement climatique en deçà de 2°. Un scénario qui n’est pas une prévision, mais une référence, « une trajectoire et un rythme pour guider l’action ».
La démarche est évolutive. Elle part des services rendus par l’énergie, c’est-à-dire du besoin pour le chauffage, les déplacements, le fonctionnement des appareils, process industriels, etc., pour évaluer leur utilité réelle. La réflexion porte alors sur « le dimensionnement des équipements, leur durée d’usage et leur degré de mutualisation, le taux de remplissage et la vitesse des véhicules, ou encore l’organisation de l’espace et de la société. » Elle permet de de prendre la mesure des résultats qu’une approche plus sobre des besoins peut apporter.
Deuxième étape du raisonnement : l’efficacité. Comment réduire « les pertes associées à la chaine énergétique qui fournit ces services ». C’est la performance même des matériels et des vecteurs (électricité, gaz, chaleur, etc), y compris l’énergie grise, celle nécessaire à leur fabrication qui est ici visée. Troisième étape, enfin, le recours aux énergies renouvelables pour faire face aux besoins ainsi identifiés, après application des mesures de sobriété et d’efficacité.
Les auteurs, des experts sollicités par l’association négaWatt, ont exclu de leurs hypothèses tout pari optimiste sur la diffusion de nouvelles techniques, en ne retenant que celles qui leur semblaient « réalistes, d’un point de vue technologique et sociétal autant qu’économique ». Cette exigence est très importante à noter, le scénario devant intégrer des transformations des modes de production, de consommation, et de vie sur une période longue, 35 ans. Reportez-vous à la situation en 1980, et vous verrez à quel point la société peut évoluer en un tiers de siècle. Il peut évidemment y avoir débat sur certaines hypothèses, mais des études de sensibilité aux différents paramètres permettent de rendre le scénario plus robuste.
Le scénario est à mettre en parallèle avec le scénario « tendanciel », qui consiste à prolonger le passé en prenant en compte les effets de la loi sur la transition énergétique. Le retournement de la courbe de la consommation d’énergie finale s’est opéré au cours des premières années du millénaire, et une diminution de la consommation est d’ores et déjà visible, comme les précédents scénarios de négaWatt le laissaient pressentir.
Au total, c’est une division par deux de la consommation finale d’énergie qui est ainsi rendue accessible, grâce à des efforts de sobriété (60%) et d’efficacité (40%). Les effets sur l’effet de serre, l’indépendance énergétique de la France, sur l’emploi et notre économie sont analysés. L’extension de la méthode à la planète est esquissée : « Si l’on prend comme hypothèse que le monde entier adopte une trajectoire de type négaWatt », (…) on obtiendrait « une élévation de la température mondiale de l’ordre de 1,8° ».
Il reste à transformer cet essai, aujourd’hui affaire d’ingénieurs, et à le rendre populaire, c’est-à-dire compréhensible et attractif pour tout le monde. Mais nous savons au moins que l’avenir est devant nous, et qu’il peut être souriant si nous le voulons.

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