Revoir Paris

Schuiten et Peeters, Casterman, 2014

 

Un livre et une expo. Dépêchez-vous pour l’expo, c’est jusqu’au 9 mars 2015 à la Cité de l’architecture et du patrimoine, au Trocadéro. Le livre est une bande dessinée signée de deux complices, François Schuiten et Benoît Peeters, par ailleurs commissaires de l’exposition, et qui se sont rendu célèbres dans le genre avec une série au succès international, les Cités obscures. 30 ans déjà.

« La bande dessinée a toujours entretenu des liens privilégiés avec l’architecture », nous rappellent les commissaires-auteurs à l’entrée de l’exposition. Ils en savent quelque chose, c’est un peu leur fonds de commerce, pour notre plaisir. La BD offre une vision de la ville et de ses monuments, de ses places et de ses rues étroites, en leur faisant vivre des aventures fantastiques. L’architecture et l’aventure sont étroitement mêlées, se renvoient l’une à l’autre.
Revoir Paris (album) nous plonge en l’an 2155. C’est le voyage d’une jeune femme née dans une colonie spatiale et qui revient sur terre, à Paris via Le Havre plus précisément. Elle a été nourrie de vieux livres, qui lui ont fait découvrir Paris, qu’elle a hâte de voir en vrai. Au terme d’un voyage mouvementé, nous voilà donc dans ce Paris du XXIIe siècle, tel qu’imaginé par Schuiten et Peeters. Ils s’inspirent évidemment des innombrables utopies que Paris a déjà inspirées, en plus bien sûr de leur talent de créateurs, qui n’est pas mince. Nous n’en voyons toutefois que quelques images, puisque ce tome est essentiellement consacré au voyage, et que notre héroïne ne découvre Paris qu’au terme de cet album. Des images lumineuses, qui nous mettent en appétit pour le tome 2, attendu avec impatience.
Ces images, et quelques autres issues d’autres albums, constituent le cœur de Revoir Paris (l’expo). Elles offrent l’occasion de revisiter 2 siècles de projets et de travaux, Haussmann, le métro, l’avion, les expositions universelles, Jules Vernes, Albert Robida, Auguste Perret, Henri Sauvage et Le Corbusier(1). Le passé et le futur se mêlent donc, provoquent une sorte de vertige et mettent notre imagination au défi. Le futur n’existe pas, il faut le construire et des images telles que celles présentées dans Revoir Paris (exposition et album) ouvrent largement les perspectives. Le développement durable, c’est ouvrir le champ du possible !

1 - Déjà présents dans « Paris : architectures visionnaires, architectures de la création », de Jean-Pierre Courtiau (Editions PC, 2010), objet d’une autre note de lecture.

 

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