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Solutions pour lutter contre la pollution de l’air
Olivier Blond
©Eyrolles, 2019
 
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« La pollution de l’air émerge comme un enjeu majeur de notre temps », nous dit Yann Arthus-Bertrand dans la préface. Le livre d’Olivier Blond tente d’apporter des solutions, il faut le souligner. Il est rare que le mot « solution » apparaisse dans le titre d’un livre sur l’environnement, ou son sous-titre.
Deux parties principales dans l’ouvrage : tout d’abord un état des lieux, étendue des dégâts, causes de la pollution, historique de la prise de conscience, zoom sur l’affaire Volkswagen, le diesel. Un rappel utile, où l’on retrouve le nombre de morts attribuées chaque année à la pollution de l’air, comparé à d’autres causes. 48 000 morts prématurées, soit « plus que les guerres, les meurtres et les accidents de la route réunis ». Troisième cause de mortalité en France, après le tabac et l’alcool. J’aurais préféré le nombre d’années de vie perdues, indicateur plus significatif car les accidents de la route fauchent des populations dans la force de l’âge, comme des jeunes de 18 ans, alors que la pollution de l’air tue des personnes fragiles, souvent plus âgées. Il n’en reste pas moins que le chiffre est impressionnant, et montre bien l’importance du problème. La pollution de l’air est en vedette au moment des pics de pollution, mais c’est la pollution chronique, celle accumulée chaque jour, qui constitue le véritable danger. « Les mesures d’urgence ne peuvent pas régler un problème chronique ».
Les causes sont bien connues, qui se répartissent en quatre grands chapitres d’importance comparable : le transport, le chauffage, l’industrie et l’agriculture, rapidement présentées avec leurs modalités et leurs spécificités. Coups de projecteur sur la pollution de l’air intérieur, sur la relation entre la pollution locale et l’effet de serre. Les enjeux sont bien là, avec leur transposition financière : 100 milliards d’euros chaque année en France, selon un rapport sénatorial, 5 110 milliards en pertes de bien-être à l’échelle de la planète selon la banque mondiale. L’affaire du diésel est particulièrement détaillée avec le rôle des différents protagonistes.
La deuxième partie présente des solutions. L’auteur s’attache essentiellement à la mobilité, celle de demain, qu’il nous décrit en signalant que « l’innovation n’est pas seulement technologique, elle est aussi sociale, urbaine et politique ». Il déroule toute la panoplie, nouveaux usages, voiture électrique, voiture autonome, poids des véhicules, voiture 2.0, covoiturage, transports en commun, vélo, transports de marchandises, alternatives rurales, télétravail et horaires de travail. L’occasion de nous montrer ce qui se fait déjà ou se prépare comme solutions pour réduire sinon supprimer la pollution due aux transports, avec un accent mis sur les comportements individuels. Les solutions consistent également à se protéger de la pollution, à défaut de savoir l’éliminer. Il s’agit de masques, de purificateurs, de filtres, de végétaux, avec à chaque fois des fausses bonnes idées, et des conditions à remplir pour obtenir une réelle efficacité.
Toutes ces solutions sont insuffisantes sans une réelle volonté de les mettre en pratique, et c’est bien difficile de réduire la part de l’automobile dans les villes. Plusieurs « success stories » illustrent ce chapitre. L’auteur rappelle que globalement l’augmentation des prix de la mobilité en voiture est « moins défavorable aux pauvres qu’aux riches ». Ce serait une mesure sociale, contrairement à la perception que beaucoup peuvent en avoir, et l’écart entre le mesuré et le ressenti n’est pas le moindre problème d’ordre politique à résoudre.
Lutter contre la pollution de l’air relève donc in fine d’un changement de mode de vie, et de conception des villes. Vaste programme !
 

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