Petite encyclopédie de la poule et du poulailler

Michel Audureau
© Terre vivante, 2015


Voilà un livre d’écologie pratique. Il ne s’agit pas que de basse-cour, mais de la sauvegarde d’un patrimoine diversifié et d’une activité économique à la portée de nombreuses familles en secteur rural ou périurbain, comme le permet la maison individuelle. Celle-ci a mauvaise presse chez certains écologistes, mais elle présente de bons aspects, exploitons-les. Vous avez d’ailleurs remarqué que plusieurs villes, ces dernières années, ont proposé des poules à leurs habitants dans une perspective de traitement des déchets organiques (une poule en consomme 150 kg par an, la moitié de ce que nous produisons en moyenne). Citons notamment des agglomérations et des communautés de communes, comme le Grand Besançon, les communautés de communes de St Valéry-sur-Somme (Somme), du Saulnois (Moselle) ou de Podensac (Gironde), ou des villes telles qu’Auch, Béthune, Montluçon, et de nombreuses communes rurales, comme Pincé, dans la Sarthe, dans la patrie des poulets de Loué. « Des gens qui ne se parlaient pas s’enquièrent désormais de leurs poules respectives, les enfants apprennent que les œufs ne sortent pas des boîtes, on apprend à mieux trier nos déchets », explique la première adjointe de Pincé. Pour le président de la Communauté de communes de Podensac, « l'idée est de faire du lien social en plus de la démarche écologique, économique et pédagogique. » Nous sommes bien au pays du développement durable.
Comment faire pour bénéficier de ce triple dividende, conserver un patrimoine génétique, éliminer les déchets et produire des œufs ? Lisez le livre de Michel Audureau, et vous aurez la réponse à toutes vos questions. C’est un guide pratique, composé de fiches réunies en trois grandes rubriques, l’une très générale, le « dico de la poule », de A à Z, et deux autres consacrées l’une au poulailler et l’autre aux choix de vos prochaines locataires, car nul doute que vous serez séduits par ces gallinacées, à la fois éboueuses et pondeuses. Un recueil qui  « vous offre matière à picorer selon votre faim. Picorer du savoir, mais aussi des recettes pour sublimer ces volailles d’exception que sont les races locales ». Le volet « poules » décrit en effet 40 variétés, essentiellement des « volailles à deux fins, bonne pondeuse et bonne en chair. L’idéal pour un poulailler familial ». Vous saurez tout sur la Gauloise dorée, bonne couveuse, rustique et active, sur la Géline de Touraine, mauvaise couveuse, très rustique, vive sans être sauvage, et 38 autres races locales originelles, restaurées ou reconstituées.
Alors, tous à vos poulaillers ! Vous ferez une bonne action, car « l’élevage est la condition sine qua non du maintien des races domestiques traditionnelles. Ne plus les élever reviendrait à les tuer. Elles disparaîtraient pour toujours alors qu’elles représentent, bien au-delà de notre acceptation habituelle du patrimoine mondial, une des traces les plus emblématiques de l’homme sur terre ». Une belle profession de foi !

 

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  • Invité - Audureau Michel

    Merci pour votre critique de mon livre. Je note une petite erreur de transcription dans la dernière phrase. il ne s'agit pas d' "acceptation" mais d' "acception"
    Encore merci de votre note
    Bien cordialement
    Michel Audureau

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