Paris : architectures visionnaires, architectures de la création

Jean-Pierre Courtiau, Editions PC, 2010


Un livre pour les amoureux de Paris et de l’architecture. Un regard original sur ce qu’Eric Hazan a appelé « l’invention de Paris ». Un regard sur des « visions », celles qui se sont matérialisées et celles qui n’ont donné que des beaux dessins. C’est ce mélange des projets réalisés et de ceux qui sont restés dans les cartons qui fait l’originalité de l’ouvrage. JP Courtiau démonte ainsi et expose les mécanismes à l’œuvre dans cette invention de Paris, où la conjoncture économique, les évènements subis ou suscités, et bien d’autres phénomènes ont laissé leur marque. Un assemblage passionnant d’histoire de « visions » qui ont inventé Paris.
L’axe majeur est au cœur de cette recherche, objet particulier du 3e chapitre, mais omniprésent dans les 4 autres, construits chacun avec leur pierre angulaire spécifique. C’est tout d’abord la Seine : « les lieux sont tellement forts qu’ils aiguisent l’imagination, suscitent la rêverie, enflamment les désirs, le besoin de laisser son empreinte et son passage dans l’histoire et la prospérité ». L’île aux cygnes a failli devenir un aéroport !
C’est ensuite le « triangle d’or de la culture », façonné par les expositions universelles qui se sont succédées à Paris de 1855 à 1937, avec la tour Eiffel comme monument emblématique : « Alors que la ville d’Haussmann aligne ses avenues rectilignes et ses immeubles robustes, l’Exposition est le règne du fragile, du court terme, du rêve et du fantasme. Et, paradoxalement, monument de l’inutile, joyau d’une exposition temporaire frappée du signe de l’éphémère, la tout Eiffel marque le territoire, s’inscrit dans le temps long et enrichit le patrimoine culturel de Paris ».
Vient ensuite l’axe majeur, « écho des histoires de France ». Un axe « marqué par une succession d’évènements, de projets réalisés ou non, loufoques, chimériques, d’éléments ponctuels souvent porteurs de symbolique forte ». Les Halles, le Louvre, l’Arc de triomphe, la place Maillot toujours en recherche de sa personnalité, et l’avenue Charles de Gaulle à Neuilly transformée en écoquartier.
« Elle séduit, elle fascine, elle attire, elle repousse, elle est détestable, elle est insolente ; elle fait peur, elle peut être infernale, prison de flammes et d’acier. (…) Qui ça, elle ? La tour, évidemment. » Voilà posé le débat sur la grande hauteur. Est-ce bien raisonnable, à l’heure du développement durable ? « La tour contemporaine apparait comme plus économe, plus sure, plus recyclable et souvent plus esthétique ». Voilà une prise de position claire !
Une réflexion qui nous conduit au dernier volet de l’ouvrage, toujours dans l’axe majeur : la Défense, et plus généralement « Paris XXL », le grand Paris, au-delà de ses « bornes ». On notera en particulier, en contraste, le point de vue du Corbusier : « Le grand Paris, 30, 50 km de diamètre : folie. Je réponds : resserrer Paris en « Ville radieuse ». La seule solution me semble être une grande traversée Est-Ouest d’évitement ».
Où se termine cet axe majeur ? La question constitue la conclusion, avec la déclaration de « Napoléon Bonaparte, lors de sa visite au havre, le 7 novembre 1802 : Paris, Rouen, Le Havre, une seule et même ville, dont la Seine est la grand rue », et un coup de chapeau aux équipes de la « consultation internationale pour l’avenir de paris métropolitain », nouvelle source de « visions ».

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