Nouveaux mythes, nouveaux imaginaires pour un monde durable

Sous la direction de Gilles Berhault et Carine Dartiguepeyrou,
Les Petits Matins, 2015

Nouveaux mythes nouveaux imaginaires pour un monde durable

Ecrit dans la perspective de la COP 21, ce livre retrouve toute son actualité aujourd’hui, à l’aube d’un quinquennat, forcément historique, comme tous les quinquennats qui se respectent. Un livre préfacé par Jean-Paul Delevoye, et auquel ont contribué de nombreux auteurs, 22 au total. Ils se sont notamment retrouvés dans le cadre d’un évènement organisé par ACIDD (1) pour explorer « le monde d’après 2015 », après la COP 21.


 Il est toujours difficile de présenter un ouvrage collectif, chaque auteur ayant sa patte propre, mais disons-le clairement, ce livre est en parfaite adéquation avec ce blog. Il donne envie de développement durable, il est écrit pour cela avec le souci de donner à voir et à imaginer un futur formidable, où la résolution des problèmes collectifs que nous connaissons va de pair avec nos intérêts particuliers. Le double dividende est bien là, et ce n’est pas si fréquent. « Retrouver le goût de l’aventure collective » nous dit Jean-Paul Delevoye.
Pour Gilles Berhault, « la question de l’imaginaire est centrale ». Un imaginaire du « monde d’après », qui « s’articule autour de mots, d’images, de sens et de valeurs. » Les auteurs observent que nous partons de loin, et que « le développement durable a perdu sa part d’imaginaire, de désir et d’espoir » (Carine Dartiguepeyrou). Un constat rapidement dépassé, car « le monde d’après a déjà commencé – et c’est une bonne nouvelle ». Le livre nous raconte des histoires, regroupées en 3 parties, d’où vient-on, où en est-on de ce monde d’après ?, puis vers où va-t-on, les visions du futur, et enfin Comment construire ce nouvel imaginaire, et avec qui ?
Quelques éclairages pour décrire cet ouvrage : Des grands classiques, comme la pédagogie de la complexité, de nouveaux territoires à explorer, analogues à une « nouvelle conquête de l’Ouest », les « nouveaux rapports au temps, aux autres, au travail, à l’argent », avec notamment la notion de « slow communication ». Références aussi à l’action (écologie de l’action), aux acteurs, à l’engagement, à la « coopération plus puissante que la compétition », aux territoires et à la communauté de destin des collectivités et des entreprises qui y vivent. Nouvelles formes de la démocratie, nouveau contrat social.
Vous y trouverez aussi deux mots originaux, qui nous viennent de l’anglais ou de nos amis québécois, l’empuissantement, nouvelle traduction d’empowerment, qui rend compte de la puissance dont chacun dispose pour agir sur son destin, et agentivité, traduction de agency, capacité de chacun à agir sur le monde à le transformer. La « métamorphose », chère à Edgar Morin n’est jamais loin.
Un mot revient particulièrement, introduit par une citation d’Einstein, issue de sa rencontre avec l’abbé Pierre en 1949 : « l’humanité se trouvera acculée, sans dérobade possible, à de nouveaux partages ». Le partage dans tous ses états : « Partage du savoir, partage des ressources naturelles, partage des moyens financiers, nouvelles formes d’usage des biens ».
Un livre riche et diversifié, qui nous montre surtout que demain est déjà là. « Transition écologique, transformation digitale, économie collaborative, finance participative, open education, mouvements citoyens, arts positifs… Autant de territoires d’un nouveau monde qui s’annonce ».


1 - Association Communication et information pour le développement durable

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