Nourrir la planète

 

Michel Griffon, Odile Jacob, 2006

Un livre de référence. Comment nourrir les 9 milliards d’êtres humains que nous serons en 2050 ? Les espoirs de la « révolution verte » ont atteint leurs limites. Accompagnés de mesures sociales et économiques, cette politique a donné de réels résultats dans certains pays comme l’Inde. Elle est restée sans effet majeurs dans d’autres comme l’Afrique, en partie à cause de l’abandon d’aides, condamnées au titre des ajustements structurels. La révolution verte misait sur une forte technicité et des moyens d’investissement, ce qui a laissé sur le bord de la route une part importante de la paysannerie, sacrifiée, en plus, pour maintenir une paix sociale dans les grandes villes. Ajoutons les limites environnementales de la révolution verte, fortement consommatrice de biens industriels et polluante. Il faut trouver autre chose.
Michel Griffon explore méticuleusement tous les aspects de la question. Les besoins, leur composition, leur évolutions possibles ; les manières d’y répondre, augmentation des surfaces cultivées, augmentation des rendements. Au-delà des réponses techniques, apparaissent très vite les aspects socio-économiques, le statut des paysans, leur accès à la terre. La solution qui ressort de ces analyses, la révolution « doublement verte », tente de combiner haute productivité des sols et respect de l’environnement, en s’inspirant de la citation de Francis Bacon : « Pour faire servir la nature aux besoins des l’homme, il faut obéir à ses lois ». Une orientation qui doit être portée par les agriculteurs, ce qui suppose une politique de dynamisation des ces milieux, souvent sacrifiés. Un changement de politique à la fois économique, social et environnemental. Le développement durable est là, dans tous ses états.

 

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