Nourrir l’humanité

 

Bruno Parmantier, La découverte, 2007 et 2009

Un des intérêts de cet ouvrage est sa double date, première édition en 2007, et seconde deux ans plus tard. La postface de la livraison 2009 retrace en quelques pages l’évolution du sujet entre les deux versions, ce qui ajoute un caractère dynamique à l’excellent tableau dressé par l’auteur. Il s’agit du défi de l’alimentation du monde, 9 milliards d’humains en 2050, alors que nous peinons aujourd’hui à nourrir un peu plus de 6 milliards. 2007 est une année charnière, marquée par une crise profonde de l’agriculture mondiale : « nous sommes passés d’une situation d’abondance (pour certains pays seulement, certes) à une situation de manque (léger excédent de la demande mondiale sur l’offre) ». Il n’y a pas que le Peak oil, il y a aussi le peak cérales, pourrait-on dire, mais ce dernier est réversible, ce qui change tout.
Cette étude reprend l’analyse développée par Michel Griffon en 2006 dans « Nourrir la planète » et présenté sur ce site. La révolution « doublement verte » a semble-t-il gagné en nécessité au cours des dernières années, sinon en crédibilité. Comment développer une agriculture à la fois intensive et respectueuse des hommes (les paysans en premier lieu) et de la nature ? Un tour d’horizon historique et technique des pratiques agronomiques disponibles ou en préparation permet d’entrevoir les solutions envisageables et les conditions de leur succès. L’auteur développe particulièrement les aspects institutionnels. Comment se forgent les prix, les subventions, les spéculations, les échanges entre régions du monde, le commerce et le rôle des distributeurs.
« Nourrir le planète » et « nourrir l’humanité », des approches différentes, mais même combat !

 

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