Manifeste pour une comptabilité universelle

Gérard Schoun, Jacques de Saint-Front, Pauline de Saint-Front, Michel Veillard
L’Harmattan, 2012

manifeste pour une comptabilite universelle 2

Le code de déontologie des professionnels comptables affirme que ces derniers « assument la responsabilité d’agir dans l’intérêt général ». C’est sans doute dans cet esprit que s’est créé un Club Développement durable au sein du Conseil Supérieur de l’Ordre des Experts comptables, auquel les auteurs participent. Ils nous proposent ici d’enrichir l’approche comptable, tout en en gardant la logique et la rigueur. La comptabilité universelle est un outil qui peut aider la finance à assumer sa place centrale dans l’économie tout en légitimant son utilité sociale.

Disons-le clairement, ce manifeste n’est pas contre la finance. C’est une tentative de la mettre au service d’intérêts de différentes natures et non de l’unique recherche de profit. Nous sommes dans une démarche éthique, avec une exigence rappelée dans une citation d’Octave Gélinier : « L’excellence sociétale des meilleures firmes réside dans l’entreprenariat créatif, qui leur permet de servir à la fois les causes éthiques et le profit, moteur de confiance et d’emploi ». La comptabilité universelle est donc « une démarche structurée, féconde et rassurante » à destination du « chef d’entreprise qui doit comprendre les attentes nouvelles des consommateurs et maitriser des processus industriels vertueux et novateurs ».
Nous restons donc dans une comptabilité en partie double, comme d’habitude, développée dans les trois champs de l’environnement, du sociétal (incluant le social) et de la gouvernance. Des domaines où les références sont contingentes, et variables selon les contextes. C’est une des originalités du système que d’être adaptable en fonction des circonstances et des acteurs. Les « parties prenantes » sont ainsi invitées à participer à l’élaboration des paramètres et des modes d’évaluation les plus pertinents pour aider les dirigeants à piloter leur action. L’action est au cœur du sujet, plutôt qu’une approche complète comme la comptabilité traditionnelle l’exige. Une approche plus pragmatique, face à des phénomènes complexes, diversifiés et souvent mal documentés.
La comptabilité universelle s’adapte à des domaines nouveaux. Comment faire entrer la biodiversité dans les comptes ? Des pistes sont proposées, comme le recours à la surface en référence à l’empreinte écologique. Pour le volet social, ce sont les compétences mobilisées directement ou indirectement par l’entreprise qui constituent l’unité de mesure proposée. Pour la gouvernance, ce sera la capacité à favoriser une « organisation apprenante », avec le recours à un « comité pérenne des parties prenantes ». L’ouvrage présente de manière précise la manière de tenir des comptes en partie double, avec actif et passif, produits et charges, en matières d’environnement, de société et de gouvernance. Il développe la méthode en fonction des utilisateurs potentiels, collectivité, entreprise, association.
Ce « manifeste » apporte sa contribution aux multiples réflexions sur l’élargissement des approches comptables, publiques ou privées. Au-delà, elle a le mérite de proposer des méthodes opérationnelles, concrètes, dérivées de pratiques courantes. Le développement durable en action.
 

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