Le maraichage sur petite surface

La french method
Christian Carnavalet
©Edition de Terran, 2020



« Voyant leurs terres rétrécir comme peau de chagrin, il y a 180 ans, les producteurs de légumes intra-muros à Paris ont réagi en accroissant la rentabilité des espaces exploités, en multipliant le nombre de cultures simultanées, en serrant les plantes, en les intercalant, en exploitant chaque centimètre carré de leurs exploitations sur les 365 jours de l’année ». De l’ingéniosité et de la technicité pour compenser la réduction des surfaces exploitées. La french « method » est née d’une réaction à une pression foncière, qui pourrait nous rappeler la situation de la planète aujourd’hui : Nous n’habitons pas la même planète que nos aïeux, la leur était immense, la nôtre est petite » disait Bertrand de Jouvenel.
Quand on parle de petite surface, on pense souvent aux pays dits du Sud, et aux 410 millions de petits paysans qui essayent de survivre, et une déclinaison de la French method y est tout à fait possible. Mais elle est aussi intéressante dans nos villes, comme un instrument d’aménagement. Elle concerne les élus, les architectes, les urbanistes, les paysagistes, comme « une référence penser l’agriculture comme l’une des données percutantes et fiables pour construire la cité du XXIe siècle. » Elle tire ses origines de traditions universelles, sans oublier les apports de Jean-Baptiste de la Quintinie, maître du potager du Roi à Versailles. « Les populations de l’Asie actuelle, comme les incas d’autrefois et les maraichers européens des XIXe et XXe siècle pratiquent et utilisent encore des techniques semblables que la French method a sublimées pour les pays à climat tempéré ». Les américains ont revisité et enrichi la méthode, sous le nom de Biodynamic French Intensive Method, diffusée ensuite dans 150 pays avec la bénédiction de la FAO, et qui est de retour en France où elle propose des techniques souvent oubliées.
L’auteur insiste sur l’intégration économique de ces petites parcelles d’agriculture dans la ville. « La pérennité passe par la rentabilité économique ». Il ne s’agit pas d’une approche philosophique ou idéologique d’un retour à la terre, la French method n’est pas un moyen de changer de société. L’auteur tient à se différencier de la permaculture, du fait de sa tendance fréquente à y associer une revendication d’ordre politique. La French method propose de travailler des parcelles de 1000 m², surface suffisante pour assurer un bon revenu à un maraîcher, mais elle suppose aussi une organisation sociale entre les maraîchers, de manière à mutualiser certains services. Dans ces conditions, il est possible d’obtenir sur 1000 m² un ensemble de 700 semis-élevage-récolte par an, soit l’équivalent de la production de 7 à 8000 m² en culture mécanisée. Le tout avec un investissement très modique. Ajoutons que la fertilité de la terre dépend essentiellement du travail humain, et que ces parcelles, dont l’ensemble s’appelle un marais, mot à l’origine du mot maraîcher, peuvent être retenues en fonction de critères d’opportunité et d’aménagement.
Après ce plaidoyer pour une agriculture urbaine ou périurbaine sur petite surface, l’auteur mous donne les clés de la réussite. Il décrit l’organisation d’un marais, tant technique que juridique, celle des parcelles, et détaille les tâches à accomplir tout au long de l’année. Un véritable mode d’emploi pour les amateurs, mais qui ont vocation à créer des entreprises professionnelles rentables pour l’approvisionnement des centres urbains.

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