Le BIM et la maquette numérique

UCI-FFB, Editions PC, 2014

C’est le 5e ouvrage d’une collection de l’Union des constructeurs immobiliers (UCI-FFB) et des éditions PC consacrée à la construction durable (1). Le BIM est ainsi considéré d’emblée comme un outil favorable au développement durable. Disons-le tout de suite, cet ouvrage nous présente le BIM, il en fait aussi l’apologie.
Qu’est-ce que le BIM ? Une expression anglaise, Building Information Modeling traduite en français par Bâtiment et Information Modélisés. C’est une nouvelle manière de concevoir un bâtiment, de le construire et d’en assurer la maintenance. Une manière qui se veut collaborative, c'est-à-dire qu’elle conduit tous les acteurs à mettre leurs talents en commun. C’est un mode de management des projets autant qu’un outil technique. C’est un des points fort de l’ouvrage, de présenter l’étendue des interprétations du BIM. Celui-ci s’appuie sur une innovation technique, la « maquette numérique ». C’est comme un jeu, vous créez un avatar de la construction que vous souhaitez édifier, une maquette rigoureusement conforme, avec chacune de ses composantes, qui permet non seulement de visualiser le futur bâtiment, mais aussi de le faire évoluer, d’explorer des hypothèses, et de rassembler une série d’informations utiles pour la suite du projet : « Cette base de données contient l’ensemble des composants techniques du bâtiment (portes, fenêtres, gaines, etc.) auxquels sont associés des caractéristiques (marque, modèle, taille, durée de vie moyenne, caractéristiques thermique, résistance au feu, impact environnemental). Les performances structurelles ou énergétique d’un bâtiment, sa résistance sismique, les surfaces de vitrage ou de plancher à nettoyer peuvent être très facilement calculée ». Il s’agit donc d’un outil informatique très performant, aboutissement de la conception assistée par ordinateur, la CAO, bien assimilée par les architectes et les bureaux d’étude depuis longtemps.
Le BIM peut être bien plus, et c’est là son intérêt majeur. Il offre une plate-forme, partagée entre tous les acteurs, du maître d’ouvrage et ses assistants, aux équipes de maîtrise d’œuvre, aux entreprises, et par la suite aux exploitants de l’immeuble, à tous ceux qui interviendront tout au long de sa vie. « L’étape ultime du BIM (en tous cas sa conception la plus ambitieuse) suppose une approche collaborative de l’ensemble des acteurs autour d’une maquette numérique partagée ». Le BIM doit permettre de « construire plus, mieux, plus vite et moins cher ». Nous sommes effectivement sur la voie du développement durable, si dans le « mieux » figure à la fois l’adéquation de l’ouvrage aux besoins de ses occupants, et son bilan environnemental.
Le BIM est aussi une des voies vers la « carte vitale » d’un bâtiment, document numérique qui le suit, le décrit et retrace les évènements qu’il connaît, transformations, changements d’équipements, etc. Il devient ainsi un outil de gestion prévisionnelle, il offre aux nouveaux intervenants une connaissance fine du terrain et font ainsi gagner en temps et en efficacité. Le BIM est aussi associé à l’imprimante 3D, dont les premières applications pour la construction voient le jour actuellement.
Ces avantages que le BIM propose ne sont pas gratuits, même si ils devraient être rentables. La collaboration des acteurs sur une unique maquette facilite la mise au point du projet et la recherche des meilleures réponses aux souhaits du maître d’ouvrage. Elle doit devenir obligatoire au Royaume Uni dès 2016 dans la commande publique. En France, ce sera 2017. Des objectifs de gains de 20% sur le prix de construction sont avancés.
Faut-il encore que les acteurs s’y mettent. Il faut investir en matériel 5000€ environ au départ, plus de la formation des personnels. Les « petits » pourront-ils suivre ? Et au-delà le l’argent, « le BIM est un état d’esprit ». Tous les acteurs sont-ils prêts à cette « transition » ?
Il reste donc des inconnues, liées pour l’essentiel à ce que voudront faire les acteurs de ce nouvel outil. Le BIM imprime déjà sa marque sur des ouvrages prestigieux, comme la fondation Louis Vuitton de Frank Gehry, la canopée des Halles (David Mangin) ou le futur Palais de justice de Paris (Renzo Piano). Des maisons individuelles et des logements collectifs ont aussi bénéficié de cette manière de faire. Des débuts prometteurs.

1 - Les 4 précédents sont La Maison durable, L’Habitat durable, Rénovation durable, Aménagement durable.

 

Ajouter vos commentaires

Poster un commentaire en tant qu'invité

0
Vos commentaires sont soumis à la modération de l'administrateur.
conditions d'utilisation.
  • Aucun commentaire trouvé