La responsabilité globale, moteur du dialogue social

La responsabilité globale, moteur du dialogue social

Les cahiers de la responsabilité globale n°5
Coordonné par André Sobczak, directeur de l’institut pour la responsabilité globale dans l’entreprise d’Audencia Nantes.
Mars 2011



Le titre est explicite. A partir d’un exemple puissant, celui du groupe EDF, engagé dans toutes les régions du monde, l’étude analyse les ressorts d’une négociation sur la responsabilité sociale de l’entreprise. Elle montre que l’élargissement du thème de dialogue, bien au-delà des thèmes habituels, a permis un renouvellement des pratiques de négociation là où elles existaient, et de les instaurer sur de bonne bases là où ce n’était pas la culture. Le « global » n’est pas un problème, comme beaucoup le pensent, c’est la solution, à condition de bien savoir s’y prendre.
Une démarche qui traduit la profession de foi exprimée par le Directeur général d’Audencia Nantes dans son éditorial : « Plutôt que de tenter de « manager » ces différents acteurs, le défi pour les dirigeants consiste surtout à les « engager », afin de créer un processus d’apprentissage bénéfique pour l’entreprise et son environnement économique, social et naturel ».
En matière de développement durable, le mot Gouvernance est souvent cité, mais parfois comme une incantation. Comment lui donner un sens concret, opérationnel ? Ce petit livre en donne un aperçu fort instructif. Analyse des accords (le premier a été signé en 2005, et le second en 2009), point de vue des protagonistes, patronaux et syndicaux, français, britannique et chinois, et suivi de la mise en œuvre, tels sont les apports initiaux, qui permettent de tirer quelques enseignements de caractère général. Trois types d’enseignements sont notés : sur l’organisation du dialogue avec les parties prenantes, le contenu des engagements et le suivi de la mise en œuvre de la démarche.
Deux mots sur l’élaboration de ces accords : ils ont été lancés à la demande des syndicats, qui voulaient aller au-delà d’une simple charte pour définir les responsabilités sociales du Groupe. « Nous renons à ce que les engagements pris par les entreprises en matière de responsabilité sociale soient réellement contractualisées et ne restent pas de simples déclarations unilatérales » (Marc Ferron, secrétaire du Comité de Dialogue sur la Responsabilité sociale du Groupe EDF, CFDT). Pour l’entreprise, « le dialogue social sur la responsabilité sociale permet une monté en compétences des partenaires sociaux, en particulier en matière de diversité et de sous-traitance, mais également sur des sujets sociétaux et environnementaux » (Gilles Gateau, Directeur des Compétences et de la Performance sociale, Direction des Ressources humaines du Groupe). Ajoutons que « le choix de cette méthode était aussi conforme à la volonté du Groupe de se distinguer de ses concurrents par une politique innovante de responsabilité globale, une stratégie pouvant permettre de faire la différence lorsqu’il s’agit de participer à la privatisation d’anciens monopoles publics ».  On retrouve les avantages compétitifs dans la responsabilité sociétale !
Un petit livre très riche et plein d’enseignements. Certaines universités américaines publient des indices qui font autorité sur les marchés financiers. Voilà un établissement français qui propose des méthodes de management. Puissent-elles acquérir la même influence !

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