La guerre au plastique est enfin déclarée et Survivre au péril plastique

Jacques Exbalin
© L’Harmattan, 2019

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Des solutions à tous les niveaux
Mathieu Combe
©Rue de l’échiquier, 2019

La pollution par le plastique fait l’objet d’inquiétudes multiples et croissantes. « Si rien ne change, les océans devraient contenir d’ici à 2025 une tonne de plastiques pour 3 tonnes de poissons et d’ici à 2050, plus de plastiques que de poissons (en poids) ». Une citation de la fondation Ellen Macarthur, reprise par Jacques Exbalin, pendant que Mathieu Combe nous avertit : « même lorsqu’il ne se voit pas, il est là ». Voilà deux ouvrages qui nous proposent leur analyse du problème et présentent et des solutions. Deux profils d’auteurs, deux styles contrastés. Un éducateur et un journaliste. Une préoccupation commune : quelles solutions ? Mathieu Combe insiste sur le fait qu’elles existent déjà, et que le problème est de changer d’échelle, de généraliser les initiatives qui ont émergé ces dernières années. Jacques Exbalin dénonce les fausses solutions, et intègre la question dans une lutte générale contre les déchets, à commencer par la nécessité de ne pas en produire.

C’est que le plastique présente bien des avantages, notamment sa plasticité, comme son nom l’indique. « Une matière façonnable à l’envie ». Il est aussi durable, pour le meilleur mais aussi pour le pire : il ne se s’intègre pas au milieu naturel quand il a rempli son office. Il s’incruste, et on le retrouve notamment dans les océans, on l’on parle de nouveaux continents, véritables soupes de plastiques sur des surfaces équivalentes à plusieurs fois la France. Il envahit aussi nos organismes, et menace notre santé. Les deux ouvrages rendent compte de cette situation, avec des illustrations, des chiffres, des témoignages d’experts. Chacun à leur manière, ils présentent des points de vue, Survivre au péril plastique élargissant les interventions aux industriels, en plus des ONG et des experts.
Le passage en revue des solutions est le point fort des deux ouvrages. Chacun à leur manière, les auteurs déroulent l’éventail des solutions, pour atteindre l’objectif de 100% recyclé, bien plus ambitieux que 100% valorisé, et sans doute utopique. Le recyclage est d’autant plus délicat que les plastiques sont divers, souvent mélangés (succession de couches différentes, additifs, etc.) et que chaque formule a ses exigences propres. Il faut en plus des débouchés pour ces matières recyclées, ce qui complique encore l’équation. Malgré tout, des initiatives multiples ont vu le jour, et des organismes se donnent du mal pour trouver des solutions, à l’instar de Terra Cycle ou de Lemon Tri.
Coup de projecteur, également, sur les opérations de nettoyage, dans les océans (Plastic Odissey, Ocean Cleaners, Sea Cleaners, etc.), et sur terre.
Vous l’aurez compris, comme toujours en matière de développement durable, il faut s’attaquer au problème à la source. « Dans l’idéal, le meilleur déchet n’est pas celui qui est recyclable, mais celui qui n’a jamais été produit ! » nous dit Jacques Exbalin, tandis que Mathieu Combe suggère de « repenser l’usage des plastiques », en s’intéressant notamment au mode de fonctionnement des industriels. « Les plastiques ne sont pas condamnés à être un fléau pour la société » affirme-t-il. Il y a encore beaucoup à faire pour y parvenir.
 
 
 
 

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