La grande sur-bouffe

La grande sur-bouffe
Bruno LHOSTE
Rue de l’échiquier, octobre 2012


C’est un livre sur le gaspillage alimentaire. Un sujet très important, puisque un milliard d’êtres humains soufrent de malnutrition, et que la population de la planète va passer de 7 à 9 milliards d’ici une quarantaine d’années. La crise alimentaire n’est pas loin, et les solutions présumées, comme les OGM, sont loin de convaincre. La première chose à faire, avant même de songer à produire plus, est de bien utiliser ce que l’on récole aujourd’hui. On en est loin, d’après la FAO, puisque un tiers de la production est perdue. Dans le Sud, ce sont les conditions de récolte et de conservation qui sont en cause, mais dans le Nord, il s’agit essentiellement de gaspillage.
Un processus décrit par le menu par Bruno Lhoste, dans la première partie de l’ouvrage, un petit livre, vite lu, et qui vous fournit les données essentielles sur le sujet. Sur les 900 kg par personne et par an de production agricole comestible, les pertes représentent entre 280 et 300 kg en Europe et en Amérique du Nord. En Asie du Sud-est et en Afrique sub-saharienne, ce sont 120 à 170 kg de pertes pour 460 kg produits. Les enjeux sont clairement posés et les processus analysés, ainsi que les passerelles Nord-Sud. Il y a bien sûr une forte répercussion des gaspillages du Nord sur la production du Sud, ne serait-ce que l’alimentation du bétail. Le soja cultivé sur d’anciennes forêts primaires du Brésil alimente nos bovins.
Comment lutter contre ce fléau, qui provoque une double peine, voire une triple : la famine et la malnutrition d’un côté, l’obésité de l’autre, et en prime une dégradation des sols et de la biodiversité ? La deuxième partie du livre expose une série de réponses, mais sans illusion : ce sera difficile, car il faut lutter contre des forces redoutables, et changer nos comportements. Le livre passe en revue les différents maillons de la chaine qui nous procure nos aliments, et la manière dont nous les consommons, à la maison, en restauration collective ou commerciale. Des exemples viennent montrer qu’il n’y a pas de fatalité, qu’on peut remonter la pente. Quelques mots clés pour y parvenir : relocaliser l’alimentation, moins mais mieux, circuits courts. Le scénario de l’association SOLAGRO (www.solagro.org )nous montre que l’on peut, à l’horizon 2050, construire un système alimentaire français autonome, efficace et durable. En partant du territoire, avec le concept de « territoire sans gaspillage », analogue à celui de « territoire à énergie positive ».

 

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