La finance verte commence à Paris

Philippe Zaouati
©Editions Rue de l’échiquier, 2018

la finance verts commence a paris

Deux convictions animent Philipe Zaouati, par ailleurs DG de Mirova, filiale du groupe BPCE spécialisée dans l’investissement responsable. Tout d’abord que « la finance sera verte ou ne sera pas », pour reprendre la phrase de Bruno Lemaire au « One Planet Summit », le 11 décembre 2017. Ensuite que Paris a toutes ses chances pour devenir le cœur battant de cette dynamique qui s’engage.
Deux convictions qui restent à réaliser, bien sûr, et qui ont leurs exigences, mais qui constituent une opportunité historique. Le contexte est favorable, les feux sont au vert notamment en Europe.
Pour la première, il ne s’agit pas d’un ajustement ou d’une annexe à la finance « ordinaire », business as usual. Au-delà de la taxe carbone, il s’agit de mobiliser la finance positivement pour la transition écologique. « La seule voie possible consiste à changer de paradigme, à transformer le système financier en profondeur, à imaginer une finance durable qui ne soit ni un alibi ni une exception qui confirme la règle. Cette nouvelle finance ne s’épanouira pas à la marge du système : elle doit en être le moteur, en devenir le modèle ». Philippe Zaouati voit dans l’évolution récente du monde de la finance plusieurs indices qui vont dans ce sens, notamment le besoin de se rapprocher de l’économie réelle, pour créer « une industrie financière en phase avec son temps ». Objectif : « faire de l’intégration des impacts environnementaux et sociaux la marque de fabrique du capital- investissement à la française ». Voilà une ligne politique claire, qui nous dit avec force qu’il ne s’agit pas de bonnes œuvres ou de concessions à quelques sensibilités, mais de l’avenir de la finance en général, toutes activités confondues. Il faut verdir la finance, tout simplement. Le mouvement est bien parti en France, il faut continuer notamment en facilitant l’accès de l’épargne aux investissements durables.
La France et Paris sont bien placés. Il y a bien sûr l’accord de la COP 21, qui donne une visibilité immédiate à Paris pour le climat. Il y a aussi des professionnels de la finance qui se sont engagés, une capacité d’expertise reconnue au niveau mondial, une conception de la finance plus proche de l’entreprise que dans le monde anglo-saxon, une approche élargie de la responsabilité des entreprises. Mais Paris n’est pas une place financière de premier plan, loin derrière Londres et Francfort si l’on reste en Europe. Il lui faut développer un discours original, conforme à son image, et la finance verte constitue une opportunité à ne pas manquer. Il faut notamment réconcilier la finance avec l’opinion publique, qui en a une mauvaise image. Le volet désincarné des algorithmes a provoqué des dérives, et « la domination française sur les mathématiques financières » n’y est pas pour rien, mais on peut encore « inverser la vapeur ». « Les forces de l’industrie financière de Paris sont celles de l’investissement à long terme, de la connexion avec les entreprises et avec les porteurs de projets, autrement dit avec ce qu’on appelle l’économie réelle, celles de la compréhension et de la prise en compte des impacts environnementaux et sociaux, et de plus en plus celles de la finance verte et durable ».
Une conviction contagieuse, dont on ne peut que souhaiter le succès !
 

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