L’intelligence du stress

Jacques Fradin
Eyrolles, 2008

 


Si le développement durable est un pari sur l’intelligence, cet ouvrage est assurément bien utile. Il concerne la manière dont nous mobilisons nos neurones. Le stress est le signal que ça ne fonctionne pas bien, que l’on se trompe de zone du cerveau à stimuler pour résoudre un problème. Le stress se manifeste par la fuite, l’agressivité ou l’inhibition, selon les situations, et on voit bien qu’aucune de ces attitudes n’apporte de solution durable.
Revenons à nos cerveaux. Pour faire vite, on distingue deux parties. La première pour les questions simples et celles que l’on a déjà connues, pour lesquelles on a des réponses toutes faites. C’est la plus ancienne dans notre cerveau, genre reptilien, très proche de nos réflexes, c’est le siège de nos acquis. Ses réponses sont automatiques, binaires (vrai/faux, etc.). Elle fonctionne selon six registres : Routine (néophobie), Refus (rigidité), Dichotomie (simplification, dualité), Certitudes (sensation de réalité), Empirisme (focalisation sur les résultats) et Image sociale (grégarité).  Quand on fait appel à cette partie du cerveau, on adopte un « mode mental automatique ».
Un autre mode mental est possible, qui a son siège derrière le front. C’est le « mode mental préfrontal », qui est « multitâche, multidimensionnel, c’est un chef d’orchestre et un improvisateur ». Ses registres sont à l’opposé de ceux du mode automatique : Curiosité sensorielle (ouverture), Acceptation (adaptabilité, fluidité), Nuanciation (perception du détail et de la complexité), Relativité (recul), réflexion logique (esprit de rationalité) Opinion  personnelle (individualisation). Bref, il est ouvert et il sait tout faire. Une vraie merveille, le siège de notre humanité. Le problème est que souvent, face à l’inconnu, si la peur se réveille, dans la panique, on a recours au mode automatique, alors qu’il est incapable de trouver une solution originale. Transposé au niveau social, d’un groupe et non d’un individu, on voit bien les ravages que cela peut engendrer : la recherche désespérée de réponses toutes faites, et l’enfermement dans les solutions du passé, que l’on cherche à pousser à leurs extrémités au lieu d’en changer. Ce qui est rageant, c’est que chacun dispose du mode mental préfrontal. Il est vif et imaginatif, il peut trouver la bonne réponse. Il faut juste le solliciter, et accepter ainsi qu’il vous porte vers des territoires inconnus, ce qui est bien difficile quand la peur l’emporte, ou de vieilles certitudes, ou le souci du qu’en dira-t-on.
Le développement durable, la recherche d’autres futurs, passe par une confiance en soi, c'est-à-dire en son « mode mental préfrontal ». C’est la « préfrontal attitude », nouvel art de vivre que vous propose Jacques Fradin, avec des exercices pratiques pour y parvenir.
 

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