L’environnement en Europe : Etat et perspectives 2015.

 

Agence européenne pour l’environnement, Copenhague
Disponible sur Internet sur http://www.eea.europa.eu/soer-2015/synthesis/lenvironnement-en-europe-etat-et

« L’Europe prévoit que les jeunes enfants d’aujourd’hui vivront près de la moitié de leur vie dans une société sobre en carbone, fondée sur une économie circulaire et des écosystèmes résilients ».

Un beau programme, ambitieux, mais suite logique de l’engagement du vieux continent vis à vis de l’environnement, depuis plus de 40 ans, puisque la politique européenne dans ce domaine s’est mise en place à partir de 1970. Le titre de son programme d’action pour l’environnement est explicite à ce sujet : « Bien vivre, dans les limites de la planète ».
Tous les 5 ans, l’agence européenne de l’environnement établit un rapport pour éclairer les politiques. La version 2015 vient de paraître, et elle est riche d’enseignements, malgré son aspect austère, qui ne la rend pas populaire au premier abord. Elle mériterait une reprise et des développements plus « grand public ». A défaut, elle devrait être déclinée pour les principales activités, puisque l’enseignement premier et principal est « qu’il faut entreprendre une refonte complète des systèmes de production et de consommation qui sont à l’origine des pressions exercées sur l’environnement et le climat. »
Les politiques passées ont montré leur efficacité. Les émissions de gaz à effet de serre ont diminué de 19% depuis 1990 malgré une hausse de 45% de la production économique. Le total des ressources utilisées dans l’Union européenne a baissé de 19% depuis 2007. Mais ces succès sont insuffisants pour atteindre les objectifs de 2050, compte tenu de la croissance économique et des conséquences de mouvements de fond dans le monde. Les 3 grandes familles d’objectifs sont la préservation du capital naturel, à l’origine de notre prospérité économique, une économie sobre en carbone et en ressources alliée au développement social, et la protection de la population contre les risques liés à la pollution. Elles structurent le rapport dans sa partie « Analyse des tendances », mais elles ne sont pas reprises dans la partie « préparer l’avenir ». Les strictes politiques d’environnement, sectorielles, ne suffisent plus : il faut entrer dans l’épaisseur des activités pour que les modes de production et de consommation portent l’environnement de l’intérieur. Il s’agit de comprendre et de relever des « défis systémiques ». Nous sommes bien en plein développement durable, et nous retrouvons l’esprit du livre vert de l’environnement urbain(1), qui s’ouvrait sur l’affirmation suivante : « Pour résoudre les problèmes liés à l’environnement urbain, il faut aller au-delà d’une approche sectorielle. Même s’il est utile, voire indispensable, de fixer des objectifs de qualité pour l’air, pour l’eau, des niveaux maxima pour le bruit, etc. dans des directives ou des recommandations, il est essentiel de mieux comprendre l’origine des problèmes environnementaux qui menacent nos villes afin de trouver des solutions durables. Cela signifie qu’il faut non seulement examiner les causes immédiates de la dégradation de l’environnement, mais également les options sociales et économiques qui sont à la base de ces problèmes ».
Un tel rapport, lui-même synthèse de nombreux autres rapports et de données collectées par un réseau de partenaires appartenant à tous les pays membres de l’Union, ne peut être résumé, et je me contente ici d’en donner les principales conclusions. Une large diffusion de ces dernières, notamment sur cet aspect systémique, serait nécessaire pour qu’elles aient une réelle influence. Merci aux lecteurs de s’en faire l’écho !

 

1 - Commission des communautés européennes, Livre vert sur l’environnement urbain, communication de la commission au conseil et au parlement, Bruxelles, 27 juin 1990

 

 

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