L’écologie humaine en entreprise

Christel Koelher
GERESO Editions, mars 2018


Deux termes dans le titre : écologie humaine d’un côté, et entreprise de l’autre. La première partie de l’ouvrage est consacrée à une brève présentation de l’écologie humaine, et au sens qu’elle peut prendre dans une entreprise. L’auteure définit l’écologie humaine comme la prise en compte de tout homme et de tout l’homme dans toutes les activités du champ social. Dans l’entreprise, elle part du principe que l’entreprise peut être solidaire et performante à la fois, elle a un rôle à jouer bien au-delà de son objet social, l’innovation sociétale est un réel facteur de développement pour l’entreprise en particulier et toutes ses parties prenantes en général. Il en résulte une « stratégie du bien commun ». Un beau programme, avec notamment le souci permanent des plus fragiles, et des relations humaines. Les entreprises donnant accès à leur produits et services pour les populations les plus pauvres générèrent des relations économiques bénéfiques à toutes les parties, une sorte de double dividende, qu’il convient de faire naitre.
Il s’agit donc de transformer l’entreprise traditionnelle, pour intégrer une dimension sociale, pour prendre en compte les externalités et le temps long. L’ouvrage donne quelques clés pour entrer dans cette démarche, dans une série de chapitres courts, avec des encadrés pour souligner tel ou tel point, des exemples, et un encadré final sur ce qu’il faut retenir. Une sorte de cours de formation continue à l’attention de responsables d’entreprises. 12 recommandations concluent la première partie, parmi les quelles figurent la raison d’être de l’entreprise, qui doit contribuer au bien commun, la « voix au chapitre » dont doivent bénéficier chaque membre de l’entreprise, l’insertion territoriale, le respect des clients et fournisseurs, la confraternité avec les concurrents plutôt que la guerre économique, la modération salariale pour les dirigeants, etc.
Une grille de critères qui ne surprendra pas les habitués des investissements responsables, mais qui tente d’aller plus loin encore, en augmentant le niveau de ses exigences. La deuxième partie est consacrée aux banques et établissements de crédit, qui soutiennent l’activité des entreprises. Une présentation critique de la RSE et de l’ISR (responsabilité sociale de l’entreprise et Investissement socialement responsable) offre l’occasion à l’auteure de présenter quelques exemples de pratiques engagées, notamment celles de la BPCE, et de fonds d’investissements respectant les 12 critères définis en première partie.  La troisième partie constitue en quelque sorte les travaux pratiques du cours, avec des exemples d’entreprise et de la manière dont elles ont mobilisé leurs personnels autour des principes de l’écologie humaine.
Un livre intéressant, à l’heure de la réflexion sur le rôle social de l’entreprise et du rapport Notat-Senard. Beaucoup de bonnes idées, où chacun pourra faire son marché, d’autant que l’auteure recommande d’avancer chacun à son rythme. Une inquiétude toutefois, au-delà de l’entreprise, sur le concept d’écologie humaine, parfois appelée écologie radicale. Une approche qui met la solidarité et la personne humaine au cœur de son projet, ce qui est parfait pour l’entreprise, mais peut conduire à des dérives quand on sait que ce mouvement est issu de la manif pour tous.

 
 

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