J’associe mes cultures, et ça marche !

Claude Aubert, Terre vivante, 2015


Jardinage et développement durable. Un rapprochement riche en enseignement, dont ce livre illustre un aspect : un plus un font beaucoup plus que deux.
La recherche de la performance est une des voies de solution pour vivre mieux en prélevant moins de ressources. La terre est une de ces ressources essentielles, et il y a plusieurs manières de la valoriser ou, au contraire de la dégrader. La dégradation, en termes de productivité, provient d’un mauvais usage, d’un découpage intempestif, d’un épuisement, d’un tassement, de la disparition des nombreux alliés que l’Homme peut y trouver. Les conséquences en sont multiples, baisse de la production, recours à des éléments polluants pour les nappes phréatiques, la faune et la flore « naturelle », réduction de la capacité des sols à stocker du carbone, par l’intermédiaire de l’humus et de la matière organique qu’il contient, etc.
Tout procédé tendant à renforcer à la fois la productivité et la bonne santé des sols est donc bienvenu. Claude Aubert nous en propose un très intéressant, associer les cultures. Des mariages à deux ou à trois, voire à plus encore, qui offrent des gains substantiels de productivité, très souvent au-delà de 20%, et parfois bien plus, jusqu’à 60% dans certains cas. Un résultat obtenu sans épuiser le sol, bien au contraire, en jouant sur la complémentarité des cultures. C’est le principe repris par l’écologie industrielle, où les déchets des uns sont les ressources des autres.
Juste retour à l’envoyeur, puisque cette valorisation d’une forme de métabolisme territorial est issue de l’observation de la nature et de la manière dont elle fonctionne. Les « associations végétales » y sont nombreuses, sorte de regroupement spontané de plantes qui s’accordent bien entre elles. Il s’agit, ici, de reproduire ces mécanismes pour le plus grand profit des jardiniers et des amateurs de bons légumes.
Il y a au départ quelques principes à connaître, car toutes les associations ne sont pas équivalentes. Comment choisir les futurs mariés, sur quels critères. Halte à la consanguinité, ne choisissons pas les fiancés dans la même famille botanique. Il y a ensuite leurs caractéristiques physiques comme leur mode de développement, dans le sol (mode d’enracinement) et dans l’air. Ajoutons le type de sol et les réactions des parasites et autres ravageurs. Cela fait pas mal de critères à prendre en compte, et c’est pour faciliter les choix que Claude Aubert nous propose des mariages arrangés. 25 au total, présentés au rythme des saisons. Dès le mois de mars, vous marierez pois, roquette, carottes et radis, en mai, ce sera le chou-fleur, le fenouil et le poireau, et en septembre la mâche, le radis, l’oignon blanc et la laitue d’hiver. Et il y a des tas de variantes, pour que vous choisissiez en fonction de votre goût. L’ouvrage comporte ensuite des exemples de jardin, avec la succession de travaux (et de récoltes) au fil des mois.
Le développement durable appliqué autour de l’idée de recherche de complémentarités. Une piste développée au jardin, qui pourrait l’être également (et heureusement cela arrive souvent) dans bien d’autres domaines. Les choix sont trop souvent présentés comme alternatifs, telle option ou telle autre, alors qu’il faut chercher un autre type de choix, telle option et telle autre. Le beurre et l’argent du beurre, si vous êtes malin ! La nature préservée et la productivité. L’écologie et l’économie, un 26e mariage à arranger d’urgence.

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