Impact des TIC sur la consommation d’énergie à travers le monde

Académie des technologies, EDP Sciences 2015

La question est souvent posée, de la consommation propre aux nouvelles technologies, supposées nous faire faire des économies. Il est vrai que la facilité d’usage de ces techniques et leur faible coût conduisent à en faire un usage parfois immodéré. Nous l’avons vu dans ce blog dans la chronique papier. Le bilan carbone d’une lettre est bien plus lourd que celui d’un courriel, mais n’est-on pas tenté d’écrire 3 ou 4 mails là ou une seule lettre aurait suffi ? C’est ce que l’on appelle l’effet rebond, qui réduit le bénéfice que l’on peut attendre d’une technique nouvelle.
Et comme tout progrès suscite des inquiétudes et des critiques, les fantasmes courent vite les rues, avec des chiffres non vérifiés. L’Académie des technologies a donc voulu en avoir le cœur net. Les TIC tiennent-elles leurs promesses d’économies d’énergie ? La réponse tient en un petit fascicule d’une trentaine de pages, fruit d’un travail d’un groupe d’académiciens et de l’analyse de nombreux documents, la littérature étant abondante sur ce sujet. La réponse est clairement positive.
Il y a d’un côté les consommations d’énergie et les rejets en carbone correspondants. Des chiffres en constante augmentation, mais une augmentation bien moindre que celle de l’usage effectif des TIC. Ces rejets de CO² se décomposent en 3 grandes rubriques, les centres de calcul (Data centers), qui rejetteront en 2020 18% des émissions, l’infrastructure des télécommunications, pour 25%, et le matériel informatique pour 57%. Chacun de ces domaines progresse, ce qui permet de maintenir la hausse de la consommation totale des TIC. Pour prendre un exemple, « la capacité de calcul pour un watt consommé était cinq fois plus importante en 2012 qu’en 2008 ». Au total, la consommation totale est passée de 4% de la consommation mondiale d’électricité en 2007 à 4,7% en 2012, soit 1,6% de la demande énergétique globale. Une consommation qui produit à peu près 530 millions de tonnes de CO2 (0,5 Gt), soit 1,7% des émissions tous secteurs (chiffres 2012).
Face à cette consommation et aux émissions de CO2 correspondant, les économies sont nettes dans toutes les activités humaines : le gain le plus fort est dans les transports, où « l’informatique embarquée dans les véhicules et l’optimisation globale des transports » permet de gagner 1,5 Gt de CO2. Tous les secteurs sont concernés, le bâtiment (neuf et existant), l’industrie, l’énergie, l’agriculture, les services, etc. Selon les études, il peut y avoir des différences selon la définition que l’on donne aux TIC, mais dans tous les cas de figure, le bilan est toujours nettement favorable aux TIC.
Malgré tout, la hausse de la consommation des TIC reste un sujet de préoccupation. Dans l’hypothèse du facteur 4, il faut réduire sans cesses les prélèvements de ressources (et les émissions de gaz à effet de serre) en améliorant notre bien-être. L’Académie complète son analyse par une présentation succincte des « pistes de recherche prometteuses pour arriver à de meilleures performances de l’informatique avec une consommation moindre en énergie ». De nombreuses technologies semblent prêtes, mais l’effort ne doit pas se relâcher. Il reste encore beaucoup de progrès à faire, « d’autant que l’extension des réseaux mobiles vers la 5G demandera une densification des stations de base ». Jusqu’à présent, tout va bien, mais restons vigilants !

Document téléchargeable

Ajouter vos commentaires

Poster un commentaire en tant qu'invité

0
Vos commentaires sont soumis à la modération de l'administrateur.
conditions d'utilisation.
  • Aucun commentaire trouvé