Hubert Reeves nous explique la biodiversité

Hubert Reeves, Nelly Boutinot, Daniel Casanave, Claire Champion
Le Lombard, 2017


Une bande dessinée, qui intéressera les jeunes et les moins jeunes. Un langage simple et imagé, bien sûr, pour un sujet complexe, la biodiversité. Un bon complément, ou une entrée en matière, à des ouvrages présentés dans ce blog, tels que Le guide illustré de l’écologie, La biodiversité ? ou Les Jardiniers de la nature.
Un livre qui surprend. Hubert Reeves, le narrateur en l’occurrence, commence par le béton et l’acier, qui « doivent leur existence à la biodiversité du lointain passé ». Il s’agit de bactéries, d’algues microscopiques et de sédiments. Le facteur temps est placé d’emblée au cœur du sujet. Le paysage, aussi, car le discours commence sur le viaduc de Millau, « endroit idéal pour admirer le paysage qui comprend la rivière Tarn, des causses, des bois, des rivières, des prés, des champs, une belle diversité des milieux ». Une « vue panoramique sur la biodiversité actuelle ». De l’infiniment petit à l’infiniment grand, pourrait-on dire.


On passe ensuite à table, pour bénéficier de la biodiversité microscopique qui donne son goût aux fromages et au vin, sans oublier l’eau du robinet, filtrée par le sol et « ses légions de bactéries, de champignons microscopiques, et les armées de microorganismes ». L’exemple des eaux de New York, qui préserve les bassins des rivières où elle puise son eau, illustre ce phénomène et l’inscrit dans la vie réelle, perçue par tout un chacun. Le ver de terre offre une autre approche du rôle des équilibres et du rôle de chaque organisme dans la nature, et dont l’humanité bénéficie.
On entre ensuite dans un domaine plus traditionnel, les grands équilibres écologiques, avec le loup et l’agneau en point de départ. La complexité des interrelations nous est expliquée à partir de plusieurs exemples liés à l’extermination des loups en Amérique du Nord. Un long développement traite des espèces invasives et des déséquilibres qu’elles provoquent, mais aussi des bienfaits des échanges entre continents, qui nous ont apporté, en Europe, la pomme de terre et la tomate pour ne retenir que deux exemples.
Les auteurs nous entraînent ensuite à la mer et dans la forêt, toutes deux exploitées au-delà du raisonnable. La biodiversité est un « coffre de richesses » mais « le coffre se vide ! ».
Un mode populaire pour traiter un sujet vital, avec une diversité d’approches et des références à ce que chacun peut voir tous les jours, voilà un échantillon du talent pédagogique d’Hubert Reeves et de ses complices. Un livre plein d’humour et de finesse, qui nous laisse devant nos responsabilités : « Dans la fantastique spirale de la biodiversité, notre espèces, Homo sapiens, est la seule à pouvoir prendre conscience de la situation qu’elle a provoqué ».  Il reste à passer aux actes !

 

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