Gaston, le gaffeur qui avait du nez

Méga Spirou hors série, Dupuis, avril 2018

Gaston Lagaffe est né en 1957. Un an après son soixantième anniversaire, voilà un ouvrage qui lui rend hommage, et au-delà à son créateur, André Franquin, mort en 1997. Un album qui revisite une célèbre bande dessinée sous différents prismes, et notamment l’écologie, la désobéissance civile, le slow working et la sieste. « Gaston avait tout bon », avec quelques décennies d’avance. Ce sont des personnalités bien connues dans l’univers du développement durable qui l’affirment : ll a posé les germes d’une critique et possédait déjà toute la grammaire qui allait être la nôtre , nous dit Pascal Canfin, directeur du WWF. Pour Hubert Reeves, Gaston est un « patenteux », c’est-à-dire un créateur sans recette, plus dans l’improvisation que dans l’invention. Sa pensée pragmatique est absolument sans limites !  C’est ce caractère qui fait de Gaston une vedette du développement durable. Une liberté de pensée et une envie de passer aux actes, même s’il oublie souvent de prendre quelques précautions. Ajoutez une bienveillance à l’égard des animaux, une sensibilité à la nature, et une volonté de changer le monde, comme le dit Jean-François Julliard, directeur de Green-Peace France. Un bel ensemble qui fleure bon le développement durable, même si le concept est né bien après lui. Pour Hubert Reeves, Franquin a eu une intuition écologique, bien avant que l’opinion prenne conscience des enjeux. La force de beaucoup de dessinateurs est à la fois d’aller dans le sens de l’Histoire et d’être en avance sur elle, constate Yann Arthus-Bertrand. Parmi les nombreux témoignages, notons José Bové et l’avocat Arnaud Gossement, mais aussi le directeur général de Grenoble école de management, Loïck Roche, qui fait le rapprochement avec le « slow management ». Gaston, c’est en quelque sorte la conscience du manager. Un Jimmy Cricket contre les dérives du seul profit, de la seule performance, de la seule immédiateté.
Gaston a accompagné toute une génération. A-t-il eu une influence, a-t-il fait germer des vocations, il est bien sûr impossible de l’affirmer. Il a surement contribué à un mouvement d’opinion très vaste, avec sa touche de poésie et d’humour. Peut-être ce qui manque aujourd’hui aux discours écologistes.

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