Et pour quelques degrés de plus

Christian de Perthuis, Pearson, 2009


Et pour quelques degrés de plus…

Professeur d’économie et conseiller de la Caisse des dépôts et consignations, Christian de Perthuis nous livre ici sa vision du protocole de Kyoto et de ses suites, dans la perspective de la conférence Copenhague. Après une présentation très pédagogique des mécanismes du réchauffement climatique, il nous décrit les mécanismes mis en place dans un contexte d’inégalité extraordinaire entre la petite Liliana, qui habite le nouveau lotissement de Burlington Park, à 18 miles à l’est de Los Angeles, et Marjohan, qui aide son père à cultiver 2 hectares de riz dans le sud-est de Bornéo. Un budget carbone de 20 tonnes de CO2 par tête dans le premier cas, de 2,5 tonnes dans le second cas. De l‘essence pour les voitures, du charbon pour l’électricité pour Liliana, du méthane issu de la rizière pour Marjohan. Les difficultés d’un arrangement mondial dans ces conditions sont impressionnantes.


La crise financière va-t-elle arranger les choses ? Bien sûr, en 2008 comme au moment des crises antérieures, on observe une baisse significative de la consommation d’énergie et d’émissions de gaz à effet de serre. Mais sans transformation des modes de vie, cette baisse n’est que conjoncturelle, et s’efface bien vite. L’économiste s’interroge sur les effets des prix élevés du pétrole. Bénéfiques d’un côté, ils ont souvent des conséquences sociales très durs, et peuvent encourager de mauvaises initiatives. C’est l’effet pervers de la recherche et l’exploitation de nouveaux gisements, ou le glissement vers le charbon, encore abondant et autrement plus polluant que le pétrole. Il faut y ajouter les effets destructeurs de la crise alimentaire de 2007 et 2008. Au-delà du drame humain, elle a conduit à mettre en culture
des espaces forestiers. L’accélération de la déforestation, encore accentuée par le développement de biocarburants et notamment de l’huile de palme, dégrade durablement la capacité de la planète à absorber le CO2.


Je ne vais pas résumer ce livre très riche, qui vous entraîne dans la matière économique avec le prix à accorder aux biens communs et les manières de le fixer, les effets de ce nouveau marché sur les échanges et les intérêts des grands acteurs économiques, les mécanismes particuliers élaborés pour intégrer les pays en développement dans cette nouvelle économie, où l’agriculture et la forêt jouent un rôle que l’on avait sans doute négligé. Equité et éthique sont au cœur de cet ouvrage, dont la lecture s’impose pour comprendre les enjeux de la conférence de Copenhague.

 

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