Entreprises et biodiversité

Gérer les impacts sur la chaine de valeurs
Entreprises pour l’environnement, novembre 2016


C’est un ouvrage collectif, rédigé et édité par l’association Entreprises pour l’environnement EpE, qui vous est présenté ici. Un document téléchargeable ici. Il reprend de fait et prolonge un « guide pratique » du MEDEF, publié en janvier 2013 sous le même titre, mais avec un sous-titre différent : comprendre pour agir.


Des documents qui s’adressent aux entreprises, pour les convaincre de l’importance de la biodiversité et leur donner des pistes pour passer aux actes. Le document du MEDEF est préfacé de Laurence Parisot, alors présidente, et surtout d’Hubert Reeves, dont la citation est mise en exergue : « Si vous ne vous occupez pas de la biodiversité, la biodiversité s’occupera de vous ». Le ton est donné.
Dans les deux ouvrages, nous trouvons une affirmation forte : « la biodiversité, un capital naturel pour l’entreprise », avec un volet plus didactique dans le premier documents (MEDEF) et une approche plus opérationnelle dans le second (EpE). Une présentation des enjeux et du cadre juridique, social, politique, et les moyens de parvenir à une bonne gestion de ces enjeux, figurent dans ces documents, et apportent une base aux recommandations qui en découlent. Une version peut-être plus offensive, au moins dans les titres, pour le document MEDEF : « Comment la biodiversité crée de la valeur pour l’entreprise », est devenu « Comment réduire les impacts de la chaine de valeur sur la biodiversité ? ».
Entreprises pour l’environnement s’appuie sur l’expérience de ses membres, ce qui donne à son document un aspect très pratique, agrémenté de nombreux encadrés. Nous sommes dans le vécu, et nous voyons les entreprises à l’œuvre pour préserver la biodiversité. C’est là que se trouve l’apport essentiel du document, son aspect pragmatique, qui complète le « guide » du MEDEF, où les principes et les recommandations dominent. Sans doute les 4 ans d’écart entre les deux approches expliquent cette différence. Les entreprises mobilisées notamment par le Grenelle de l’Environnement ont acquis une expérience, et peuvent en parler en connaissance de cause. L’époque des bonnes intentions et des principes généraux est dépassée, nous sommes dans l’action, et il faut s’en réjouir.
On notera en particulier dans le document EpE une présence du secteur financier, assurances, banques, avec un chapitre consacré à leur intérêt pour l’environnement, qui apparait « croissant ». La diversité des exemples (une trentaine au total) est significative de l’importance du sujet : diversité des entreprises et de leurs secteurs d’activité, chimie, énergie, tourisme, agro-alimentaire, BTP, finance, etc., mais aussi des modes d’action : technique, avec des analyses de cycles de vie, des inventaires et des observatoires, recyclages, bonnes pratiques, etc, mais aussi organisationnelle, comptabilité, traçabilité, politique d’achat, échanges de savoir-faire, etc. Nous voici en présence d’un recueil d’expériences dont beaucoup pourront tirer des enseignements. Un coup de projecteur sur la recherche et les opportunités de partage des connaissance complète le document. C’est cycle vertueux qui est engagé, si on en croit Jean-Dominique Senart, président du groupe Michelin et d’EpE : « J’espère que cette brochure stimulera les initiatives chez bien d’autres entreprises, enrichira la nôtre, fera comprendre nos demandes à nos fournisseurs et contribuera à mobiliser nos clients ». En ce début d’année, nous ne pouvons que nous associer à ce vœu !

 

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