Du jetable au durable

En finir avec l’obsolescence programmée
Laetitia Vasseur et Samuel Sauvage
Gallimard, collection Alternatives, 2017

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La production et la consommation responsables sont des classiques du développement durable. Le discours est bien connu, il faut produire et consommer autrement. Pour expliquer cette nécessaire mutation, et lui donner du sens, la question de l’obsolescence programmée est bien commode. Nous l’avons déjà abordée plusieurs « notes de lecture », telles que Zéro Waste, Se libérer du superflu, l’Upcycle, L’incitation aux comportements écologiques et Green nudge, parmi les notes récentes. Sans oublier le mot « obsolescence » lui-même, dans le dictionnaire du développement durable.
C’est simple, l’obsolescence programmée montre tout ce qu’il ne faut pas faire : Produire pour produire, et consommer pour consommer.

Les mécanismes de cette dérive sont bien connus, ils sont d’ordre techniques (fragilité des produits plus ou moins volontaire, compatibilité avec de nouveaux logiciels, etc), règlementaires (exigences nouvelles), culturelles (effet de mode). Du jetable au durable  nous rappelle ces modalités et leurs conséquences. La planète n’en peut plus, et nous ne sommes pas pour autant satisfaits. Tout faux, mais comment éviter ce désastre ? Notre système économique est conçu pour alimenter ce cycle infernal, et toute décélération pose problème : « Sans consommation, les investissements se tarissent, l’innovation stagne, la croissance se grippe et les emplois en pâtissent », disait Benoît Hamon devant le Sénat. Il était alors ministre de la consommation, c’était en 2013.
Laetitia Vasseur et Samuel Sauvage proposent des pistes pour en sortir. Ils font le tour des pratiques et des outils qui existent déjà, et qui ne demandent qu’à se développer. Economie circulaire, éco conception des produits, économie de fonctionnalité, et économie collaborative, réparabilité et réseaux de réparation, économie de proximité et réemploi, occasion, information du consommateur, bon usage de la garantie, fiscalité, etc. Mais ces pistes ne donneront pas les résultats escomptés sans une évolution des états d’esprit : refus du superflu, sobriété volontaire, attitude « d’autosuffisance ». C’est une évolution de la société dans toutes ses composantes, producteurs, consommateurs et pouvoirs publics, qui peut inverser la tendance. Et le pari peut être pris que l’économie ne s’en portera que mieux, tout comme la planète et notre moral.
 

 

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