Cuisine pas bête pour ma planète

Sarah Bienaimé
Terre vivante, 2018

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Un livre pratique, riche en informations exploitables immédiatement par chacun. Mais un livre de militant, ce qui brouille un peu le message et jette le doute sur certaines affirmations. C’est le problème des auteurs engagés, ils ont accumulé une grande expérience, testé des solutions inédites, mais ils professent tellement de foi que l’on se demande si leurs convictions ne les aveuglent pas par moment.
Prenons malgré tout le livre du bon côté, celui des informations pratiques, et de l’enthousiasme dans leur mise en œuvre. Nous entrons en effet dans l’intimité de la famille Bienaimé, qui a quitté Paris pour le Cantal à la suite d’un déclic sur la consommation de viande. C’était en 2002, et depuis Sarah Bienaimé a mis en pratique, progressivement, un nouveau mode de vie et surtout d’alimentation dont elle a fait son métier. Elle nous livre son expérience en 5 chapitres de recommandations et un « carnet de recettes ». Il s’agit de mieux manger pour soi-même et pour la planète. Un double dividende à engranger sans modération.
Les recommandations sont classiques pour une militante de l’environnement, et confortées de chiffres bien utiles. Combien de litres d’eau sont-ils nécessaires pour produire un kg de bœuf, de porc, de volaille, ou de tomate ? 15 400 pour le premier, 214 pour la dernière. Plus la déforestation en Amazonie pour produire le soja aliment des bovins, et les émissions de gaz à effet de serre. Ajoutez quelques conseils pour ne pas souffrir de carences qu’un régime végétarien maladroit pourrait provoquer, pour cause de déficit d’acides aminés ou de calcium, et vous aurez l’essentiel de ce chapitre sur les produits animaux. Vient ensuite un plaidoyer pour le « fait maison, local, de saison, et biologique, oui tout ça à la fois ». Un chapitre dont les thèmes sont souvent abordés dans le « Dictionnaire du développement durable ». Nous y apprenons notamment qu’une salade produite sous serre chauffée a consommé près de 50 fois plus d’énergie que la même en pleine terre, à ciel ouvert, au soleil. Ratio de 10 pour les tomates. Ce sont les déchets alimentaires qui sont ensuite sous le projecteur. Comment en produire moins, leur donner une nouvelle chance, les composter, lutter contre l’obsolescence programmée dans la cuisine. Un petit développement sur les logos et autres indications de recyclabilité, de provenance, de composition, avec une contradiction récurrente : comment simplifier ces messages tout en nous apportant le maximum d’informations ?  Dans le même ordre d’idées, c’est au tour de l’énergie, que l’on consomme abondamment dans la cuisine, pour cuire, pour faire tourner les appareils électro-ménagers, de plus en plus nombreux. Soyons sélectifs sur ces robots, adoptons des modes de cuisson économes, par exemple avec une marmite norvégienne, ou un four solaire à fabriquer soi-même. Dernier chapitre de recommandations sur les produits ménagers, à confectionner à la maison avec quelques ingrédients simples et bon marché comme le bicarbonate de soude ou les vinaigre ménager. C’est bon pour le porte-monnaie et pour la planète.
Impossible de vous présenter les recettes et quelques lignes, je vous donnerai donc juste quelques titres, pour vous mettre l’eau à la bouche : Gratin tricolore à la cacahuète, Cannellonis d’aubergine au coulis de tomate et à l’aneth, Velouté de cosses de petits pois et courgettes, etc. Des recettes pour illustrer les recommandations qui précèdent, recycler les épluchures et les fanes, réduire sa consommation de produits animaux (avec une mayonnaise sans œuf et des steaks de champignons par exemple), faire des conserves, etc.
Voilà le développement durable en action. Et le mieux, c’est que vous n’êtes pas obligé de tout faire : vous ferez votre marché dans ces suggestions : un apprentissage à la carte !
 

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